‹ Les français en AlgérieChapitre 26 sur 29 · RÉPONSE A UNE PROPOSITION D’ÉCHANGE DE PRISONNIERS · texte numérisé non relu

RÉPONSE A UNE PROPOSITION D’ÉCHANGE DE PRISONNIERS

« Louanges à Dieu.

« De la part de tous les gens de Mouzaya, ainsi que de leur kaïd Sidi- Yaya-Ben-Ismaël et de leur cadi, au liakem de Blidah ;

« Le salut soit sur celui qui suit le droit chemin.

« Nous avons reçu ta lettre , et nous en avons compris tout le contenu. Quant aux femmes et au^enfants que vous avez, nous ne voulons pas les ravoir en échange de notre soumission aux Français ; mais nous voulons bien les échanger contre vos frères les Français, qui sont chez nos frères les musulmans , selon les anciens usages qui existent entre les musulmans et les impies Si vous refusez , les femmes et les enfants ne manquent pas chez les musulmans; cependant ceux-là ne peuvent guère augmenter le nombre des vôtres. Comment avez -vous pu penser que nous nous soumettrions à vous pour dix ou pour cent âmes? C'est une idée qui n’a pas pu venir à un homme d’esprit. Quand même les habitants de l’est et ceux de l’ouest se soumettraient à vous, vous ne recevriez de nous que des coups de fusil ; à plus forte raison aujourd’hui que tous les musulmans sont d’accord pour n’avoir plus qu’une seule et même parole, celle de l’islamisme. C’est au point que celui qui vous porterait des denrées, quand même il marcherait la nuit, serait arrêté et conduit chez notre maître le sultan (que Dieu le protège) , qui le ferait mettre à mort. Vous nous dites que vous avez déjà fait des fortifications chez les Benisalahs; mais vous en aviez déjà fait à Médéah et àMilianah; cependant les musulmans ne s’inquiètent pas du tout de vous; vos troupes qui sont à Médéah et à Milianah , c’est comme si vous les aviez mises en prison et condamnées à l’exil: tous les jours il en meurt, d’autres so sauvent chez les musulmans en criant la faim, et vos garnisons sont bloquées par des bataillons. C’est là le sort que vous donnez à ceux qui vous obéissent. Un homme de sens ne renoncera jamais à sa religion pour un avantage pareil. Quant aux Mouzaya et aux Benisalahs, paitoutoù ils vont ils peuvent vivre , car les terres musulmanes sont longues et

NOTÉS

larges. Quant à ce que vous demandez de vous donner des nouvelles de l’ouest, si nous en recevons, nous n’en recevons pas de bonnes; nous croyons en Dieu et en son apôtre ; que le sultan existe ou non , nous ne nous détacherons jamais de notre religion, et nous ne ferons que ce qui est permis par notre Dieu et notre prophète. Ne croyez donc pas aux paroles fausses des menteurs qui ont renié leur religion pour vivre chez vous. Quant à ce que vous dites de la puissance des Français, elle parait telle à vos yeux, mettons qu’il en soit ainsi ; pour nous, nous croyons que la puissance de notre religion est beaucoup plus grande.

« Dans cet écrit il y a tout ce qu’il faut pour un homme qui réfléchit. Salut. »

(Le cachet, qui est un peu confus, est ainsi traduit : Yaya, ou Aly- Ben -el-Hadji- Masaad. )

NOTE IV^ ( Page 187. )

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