UtUoire det ÉtaU-Unù, vol. II, p
retracé les traits les plus caractéristiques, si j'ojoiite que les Peaux-Rouges aimaient avec frénésie Teau de feu, triste présent des Européens ; qu'ils respectaient et pratiquaient largement les lois de l'hospitalité; tels étaient les hommes à qui nos missionnaires venaient apporter les biciifaits du christianisme et la lumière de l'Évangile. L'œuvre n'était pas faite pour tenter de faibles courages. Mais quel jésuite, dirai-jc avec Pillustre historien de l'Âmérique» quel missionnaire catholique a jamais mis ses fatigues et sa vie en balance avec le salut des âmes infidèles? En ces temps de scepticisme et de langueur religieuse, ils se montrent encore, sur la terre idolâtre, les dignes héritiers des confesseurs du xvi® et du xvii<* siècles, des apôtres du Nouveau-Monde, des Indes et du Japon.
Chanipiain avait fait alliance, au nom de la France» avec les Hurons, trouvant dans cet accord un avantage patriotique et religieux tout à la fois. C'est sur les bords du lac Iroquois que le P. Brébeuf (1634) fonda la première mission des Jésuites en Amérique. C'était un de ces hommes a qui une foi austère et enthousiaste sert de mobile et de fin. Ses pratiques religieuses rappelaient la sévérité des anciens anachorètes. Ghaquejour, en recevant Thostie sainte, il renouvelait son vœu de braver le martyre; il le cherchait; il en avait soif; comme si sa vie, toute de prières, de prédications, de bonnes œuvres, de l'aLigues et de dangers, ne sulïisait
pa$ au gain de sa cause devant Dieu. Le même zèle
apostolique animait le P. Daniel et le P. Lallemand, ses collaborateurs.
Cinq ans après Tarrivée du P. Brébeuf, les missions s'étaient multipliées, et elles avaient pour centre Sainte-Marie> village situé sur les bords de la rivière Matchedash. Un grand chef indien, que nous verrons jouer un beau rôle dans les guerres entre les Hurons et les Iroquois, Ahasistari, était devenu chrétien. « La nature avait jaté dans son âme les semences de la foi religieuse. « Avant votre arrivée dans le pays, racon- » tait-ii aux missionnaires, quand j'avais encouru » quelque grand péril, dont seul je sortais sauf» je » me disais qu'un puissaiiL esprit gardait mes jours. » Et il professa sa croyance en Jésus, comme dans le bon génie et le protecteur qu'il avait adoré à son insu. ' Après quelques épreuves, on le baptisa, et, devant une troupe de sauvages, convertis comme lui, « efforçons- » nous, s'écria-t-il, d'amener le monde entier à la foi » dans Jésus-Christs » Dans le même temps, la sympathie de la métropole pour les missions se manifestait de nouveau. Le marquis de Gamache (1635) se faisait jésuite, et ses riches parents lui donnaient les moyens de fonder un collège à Québec. Les Jésuites devançaient Harvard et les membres de l'assemblée générale du