I. HUloire âu ÉtaU-Umt, toI. II. p. 7S
» sent touchés d'un dévouement que leur pauvreté et
j> leur misère sordide ne savaient effrayer? On tenta 9 également leur éducation, et le Irène vénérable existe » encore sous lequel Marie de l'Incarna tien, si renom- » mée pour sa piélé austère, son génie et son bon > sens, tenta, mais en vain , d'instruire les enfants i> iiurons »
Les missions s'étendaient et portaient leurs fruits. Sillery établissait (1637) une colonie de Iiurons aux environs de Québec et l'évangélisait. En 1640 tous les Indiens convertis assistaient à Montréal à une messe solennelle. L'année suivante on plaçait à Isotre-Dame de Paris les missions de la Nouvelle^France sous la protection de « la reine des atîges. » Et la fête de rÂssomption se célébrait, sur File même, au milieu des Français accourus de toutes les parties du Canada et des guerriers indiens de toutes les tnbus converties. Les feux sacrés des Wyandots étaient consacrés à la Vierge Marie. Là « le Mohawk et l'Al- » gonquin plus faible, dit Le Jeune » feront leur de- » meure; le loup vivra avec Togneau, et uu petit ca- » fant sera leur guide. » De 1634 à 1647, quarantedeux Jésuites et dix-huit novices parcoururent les solitudes américaines des rives du Niagara jusqu'à la naissance du lac Supérieur et visitèrent les bords du
i. Utêloirê dât ÉtaU-Unit, vol. p. 787.
Diyilizûu by
LE CAiNADA 37
lac Huroi), du Micbigan et de la baie Verte. L'intention des Jésuites ne se bornait pas dès lors à établir
des missions dans ces contrées; ils voulaient encore pénétrer dans les immenses régions de l'ouest et du
ïiui Ll-ouest, celle terre de Cliaiiaaii du pionnier et du squâller de T Union actuelle; leurs ressources et leurs moyens ne se trouvaient pas malheureusement à la hauteur de leurs vues et de leur courage. Pendant trois ans, ils n'avaient reçu de France aucuns secours pécuniaires et leur détresse était telle que leurs vêtements tombaient en lambeaux. Ils avaient à peine le pain nécessaire au saint sacritlce, et les vignes sauvages leur en fournissaient le vin. Les recrues leur faisaient aussi défaut.
L'inimitié des Mohawks, en guerre perpétuelle avec les colons ^, fermait aux missionnaires la navigation
i. Les Mohawks faisaient partie de cette confédération des cinq nations (Mohawks, Onéidas, Onondagas, Cayugas^ Senecas)» connue sous le nom générique dlroquois. Les cinq nations ont joué dans les luttes de la France avec l'Angleterre et les aborigènes, un i61e considérable sur lequel nous aurons à revenir dans le courant de ce récit: peut-être lira-t-on avec quelque intérêt lea détails suiTanis sur leur organisation sociale.
Les traditions les plus reculées nous montrent trois de ces nations déjà unies entre elles. « Les Onéidas et les Senecas étaient des associés • de seconde date. Chaque nation était une république souveraine, » divisée en clans, entre lesquels une faible subordination s'apercevait » à peine. Les Clanme» avaient des demeures fixos qu'entouraient » des champs de haricots et de maïs. Chaque établissement» semblable » à une ville de la Nouvelle-Angleterre ou k une centurie saxonne, » constituait une petite démocratie. Point d'esdayage; point de caste
du lac Ontario comme de TErié, et rendait peu sûres
les coniinuiHcaLions par le Saint- Laurent. Les vallées de roitawa et de )a rivière française, tributaires du grand fleuve, étaient donc le seul chemin des missionnaires et des colons vers l'ouest. Cependant des tribus neutres occupaient les territoires riverains du
•> favorite; tous les hommes égaux. Un contrat verbal était la base de
* l'union. Le congrès des sachems à Onondaya, sorte de wiltemaffenot
> des Anglo-Saxons, décidait de toutes les affaires publiques. La loi '< résidait dans îes traditions orales, et l'opinion do, la majorité en ddciu dait rapplicalion. L'iionneur et l'eslime oontraignaienl robéissance; . la honte cl le mépris punissaient les coupables. La confiance pu- " blique dcsif^nait l^^s chefs de guerre par l'élection: !e mérite seul
• conduisait aux emplois, et le pouvoir durait autant que reslime de - la tribu. Aucun salaire, appAt à la cupidité, n'était attaché aux
* fonctions élevées. Quand les guerriers i)artaient pour une expédition, » c'était la voix claire de leur chef qui les encourageait, et non celle
* d instrumei^îs sonores. Les symboles les plus simples, tracés sur la ^ surface polie d un arbre dépouillé de son écorce, rappelaient leurs
• exploits. C'étaient leurs trophées et leurs annales; c'étaient avec les chants de guerre les gardiens de la mciiioire de leurs héros. Ils se
' croyaient au rang suprême dans riiumanite et supérieurs à tous les
• autres liommes. line arrogance héréditaire inspirait à leurs jeunes " guerriers un indomptable courage. Au temps où Hudson, John Smith » et Cliamplain se trouvaient simultanément en Amérique, les Mo*
> hawks avaient éteodu leurs courses depuis le Saint-Laurent jusqu'à « U Virginie. La moitié de Long-Island leur payait tribut, et un de » leurs saehems avait autorité dans la baie de MassachuseUs. La position géographique de leurs demeures fi&es comprenait sous leur joug immédiat les pointes de THcdson, nne partie des rivières qui se jettent dans le Saint-Lanrent et le golfe du Mexique, ainsi que les baies de Chesapeake et DelawarOp ouvrait à leurs canots les plus vastes régions et les poussait dans le sentier de la guerre^ jusqu'aux lieux où fiorîssent aujourd'hui New-York et le commerce de la Pensylvanie. » {HisUdredet Ètait*Vni9, vol. II, p< 657.)
Niagara et, en Brébeuf les avait Tîsitées. Peut^
être même avail-il parcouru Jes villages des rives méridioaales (iu lacËrié; toujours est-il que son voyage servit à parfaire la connaissance do bassin de Saint- Laurent. Nous devancions encore de ce côté les An* glais et les Hollandais qui occupaient la cAte. c Cette » partie de i*État de New-York, dit M. Bancroft, » qu'arrosent les aiQuents de SaintrLaurent « a été 1 visitée pour la première fois par les Français excluf sivement. »
Charles Raimbault et Glande Pijart prirent aussi le chemin de TOltawa, dans leurs voyages chez les Algonquins du lac Nipissing. C'était vers la fin de Tété. « Ces tribus errantes se fircparaieiit à célébrer la fête » de leurs morts, et rassemblaient les os de leurs
» amis décédés pour leur donner une sépulture com-
> mune. Toutes les nations confédérées avaient été » invitées à cette cérémonie. A rapproche du rivage» » dans une baie profonde du lac Iroquois, leurs ca-
> nots s'avancent en rangs pressés, et les représen- » tants des nations s'élancent sur la rive, poussant des p exclamalions et des cris de joie auxquels les ro- 9 chers font écho. La longue cabane pour les morts » avait été préparée ; leurs ossements étaient dispo-
> sés délicatement dans des cercueils d'éoorce et en- » veloppés dans des fourrures qu'envierait le luxe » de TEurope. Toute la nuit» les chefs de guerre ûrent
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» entendre leur chant de deuil auquel répondaient les
» lamentations des femmes. L'adieu aux morts, les » danses, les conseils^ les présents, tout avait eu lieu. » Mais avant la dispersion de rassemblée, les Jésuites, > par leurs dons et leurs fêles, s'étaient fait de nou* » veaux amis et avaient reçu l'invitation de visiter la M nation des Ghippewasau Sault-Sainte-Marie*. »
Le compagnon de Raimbauit dans cette excursion fut, cette fois, le P. Isaac Jogues. Partis en canot de la baie de Penetangushene, les missionnaires arri* vèrent aux chutes Sainte^Marie après une navigation de dix-sept jours, au milieu des îles nombreuses du lac Huron. Deux mille Indiens les attendaient ; leurs chefs les invitèrent à rester parmi eux et à y établir une mission permanente. Les missionnaires s'enquirent de plusieurs nations, entre autres des Nadowessies et des Sioux» qui n'avaient jamais été en contact avec les Européens et leurs prôtres. Ils se proposaient de les évangéliser. Le miuistre Elliot ne devait s'occuper que cinq ans plus tard des tribus indiennes voisines du port de Boston. Raimbauit voulut alors rejoindre les Algonquins du lac Nipissing. Mais la rudesse du climat et Tépuisement de ses forces l'en empêchèrent. < Dans l'été de l'année suivante ^ Raimbauit desceu- » dit à Québec. Après avoir langiii jusqu'en octobre,