I. Bkioire âêi ÉtaU^Vnis, vol. II, p
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» cet huniine dévoué, dont l'âme s'était embrasée à » Tespoir de porter l'Évangile à travers tout un conti* » nent, au sein de la barbarie américaine et jus- » qu'aux rivages de cet océan qui sépare i'Âmérique » de la Chine, vit arriver sa fin. Le corps de ce pre- » mier apôtre du christianisme parmi les tribus du • Micliigan fut déposé dans le tombeau particulier que » la justice de cel âge avait élevé à la mémoire de » rillustreCbamplain^ >
Jogues, le collaborateur de Raimbauit , s'était di* rigé des chutes de Sainte- Marie aux missions huronnes^ avec l'escorte d'Ahasistari et quelques autres guerriers. A son retour à Québec, il tomba dans une embuscade de Nohawks. Les compagnons de Jogues s'échappèrent en partie dans les forêts épaisses des bords du Saint-Laurent. Il eût pu laire de même ; mais n'était-ce pas perdre une occasion de prêcher l'Évangile aux £>âuvages ? Ahasistari avait gagué un lieu de refiige; voyant la résolution de Jogues^ il vint parta*
ger sa capliviti^ 3 Mon frère, lui dit-il, je t'ai (ait le » serment de partager ton sort, quel qu'il fût: mort ou > vie; je viens tenir ma promesse. » Pendant le trajet du Saint-Laurent à la rivière Mohawk, les Indiens leur prodiguèrent les injures et les mauvais traitements. On les iaisait passer par les verges^ on les laissait sans
i. tiiHoire dts ÈtaU-Unii, voL il, p. 79i.
nourriture pendant des jours entiers. Us trouwent
encore des consolalioiis dans ces épreuves.
Un épi de blé est jeté au bon père 1 Quelques gouttes d'eau et de rosée adhèrent à sa large tige : c'est assez pour le baptême de deux catéciiumcnes. Trois Hurons et Ahasistari furent condamnés au feu, et le no* vice Goupil tué d'un coup de tomahawk. L'heure du martyre n'avait pas sonné pour Jogues. Épargné par les Indiens, les Hollandais le rachetèrent*
< Tel fut aussi le sort du P. Bressani : fait prisonnier en se rendant chez les durons, il fut traîné pieds nus à travers les ronces et les fourrés, déchiré de coups par un village entier» brûlé, torturé et témoin oculaire, enfin, du suri d'un de ses compagnons que les Peaux-Rouges dévorèrent après l'avoir fait bouillir. Une terreur mystérieuse protégea sa vie néanmoins, et il fut en dernier lieu racheté par les Hollandais ^. «
Le gouvernement civil et les missionnaires firent» vers cette époque, de grands elTorts pour pacifier les Indiens et se rendre favorables les cinq nations. Les Mohawks parurent un instant ralliés. « Nous avons, » disaient-ils, jeté si haut dans l'air et au delà des » nuages la hache de guerre, qu'aucun bras sur la » terre n*est capable de la reprendre ; les Français » dormiront sur nos couvertures les plus moelleuses»