CHAPITRE III
LA VALLiB DU 1IISSI88IFI
SoMVAiniç. — Le Mississipi : sa première découverte, sa dmième expioration^ Joliet elle P. Marquelte. — Découverte de ses buucbcs : Robert delà StUe* — Pranlen iisiis ée colMifsitioii : émSèm eipHliloii 4e 11 Balte et m norU
LeHissisaipi est un des plus grands fleuves de l'A-
incrique ot du monde entier. Ses nombreux affluents, dont quelques-uns, le Missouri» TOhio, llUinois, TÂrkansas et l'Alabama, son^ eux-roèmes de puissants cours d'eau, donnent à son bassin une surface de 18,000,000 de kilomètres carrés, soit un septième environ de la superficie totale de l'Amérique du Nord. Depuis sa source, au lac d'Iiisca, dans les montagnes Bleues, contrefort des Alleglianys, jusqu'à son embouchure dans le golfe du Mexique, au-dessus de la Nouvelle- Orléans, son cours est de 5,120 kilomètres, et de 7,000, si Ton y joint celui du Missouri, son principa' affli^ent^ que les géographes ontplus d'pnefoisconfondu avec lui. Célèbre dans les traditions locales et consa-
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cré par les souvenirs poétiques d'Atala et de Chactas, le père des eaux (Heschacebé), comme l'appelaient les Peaux-Rouges, traverse quelques-unes des parties les plus fertiles, les plus industrielles et les plus populeuses de rUnion.
L'honneur de la découverte de ce fleuve appartient sans conteste aux Espagnols. Ainsi^ Ferdinand de Soto avait, dès 1541, traversé les contrées riveraines du Missouri» de la Washita et de la rivière Rouge, et pénétré Tannée suivante dans le Mississipi lui-même, jusqu'à Tendroit vraisemblablement qui a gardé son nom. Épuisés de fatigue, affamés, perdus dans des bois immenses, où les indiens les égaraient à plaisir, les compagnons de Soto , privés de leur chef et réduits à une poignée d'hommes, avaient même conçu et exécuté une entreprise des plus hardies et presque désespérée. Ils avaient, sur leurs brigantins, descciiclu le fleuve jusqu'à son embouchure, et, de là , regagné péniblement les rivages du Mexique. Les missionnaires qui avaient succédé aux aventuriers n'avaient pas été plus heureux. En 1549, Louis de Cancello, dominieain, avait frété un vaisseau qui portait dos missionnaires et des esclaves indiens rendus à la liberté. Mais les naturels accueillirent mal ces premiers apôtres de rÉvangile. Cancello fut tué avec deux de ses com* pagnons, et Une resta plus dans le vaste bassin du Mis* sissipi de trace visible des entreprises des Européens.
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Marquette, à qui Allouez avait sans doute rapporté
les merveilleux récits des Indiens sur le Père des Eaux, résolut de Texplorer et de planter solidement sur ses bords la croix qui n'y avait fait qu'une apparition éphémère. Il avait conçu ce projet en 1669. Mais quatre ans se passèrent encore sans qu'il pût le mettre à exécution. Ce temps ne lui du reste perdu ni pour la religion ni pour la France. Les ])euplades riveraines du lac Supérieur et des sources de la rivière Rouge et du Mississipi, s'assemblèrent aux chutes Sainte- Marie. Elles se placèrent sous la prulcclioa du roi de France, représenté par Saint-Lusson» délégué de Tintendant Talon, à qui Allouez servait d'interprète, c Au milieu » des bouquets d'érable » de pins et d'ormes» et des 9 touffes de ciguë qui s'entrecroisent étrangement, » sur les bords de la belle rivière de Sainte-Marie, on » avait dressé une croix en cèdre à l'endroit où« bonif) dissante, elle précipite ses eaux blanches et écu- » meuses. Les Français défilèrent processionnelle-- » ment en face des sombres massifs, toujours verts» » des îles du Canal, et s'inclinèrent devant l'emblème yt de la Rédemption , chantant à sa gloire un hymne » du xvu® siècle :
« Vexilia régis prodeiint > Fulget crucis mysterium. »
C Lei drapeaux du Rai du ciel s^amneent; il brUhf
* le mystère de la croix, j» A côté de la croix, on éleva » uaeoolonneen cèdre ûarquée aux lis de fa France ^» Marquette bâtit une chapelle à la pointe de Saint- Ignace» au nord de la péninsule du Michigan, lieu trèsfroid, mais important, comme clef des communications avec l'ouest, et très-fréquenlé par les Algonquins. Allouez et Dablon s'engagèrent dans le Wisconsîn oriental et septentrional, visitantles Mascoutins, les Kickapoos, les Miamis. Ces derniers» alors en guerre avec les Sîoux» prièrent les Jésuites d'appeler la victoire sur leurs armes. Allouez termina l'excursion par une pointe jusqu'aux huttesdes Renards, sur la rivière de ce nom.
La grande rivière, disaient les indiens Fotawatonûes, est pleine dé monstres qui dévorent lés hommes et les canots. Les nombreux guerriers des tribus riveraines n'épargnent personne, le climat est moi tel. c Je donnerai volontiers ma' vië pour le salut des âmes, » répondit simplement le P. iViarquetfe, et il se mit en route, accompagné de Joliet, dont le nom ne fait qu'un avec le sien, et de cinq autres Français. Arrivés au dernier village connu des Fran(^is sur la rivière du Renard, nos pèlerins furent reçus dans rassemblée des anciens. « Mon compagnon, dit Marquette»
> est un envoyé de la France, à la recherche de pays ;
> moi, je SUIS un ambassadeur de Dieu, chargé d'illu-