‹ Les Français en Amérique le CanadaChapitre 16 sur 61 · Uisioire des Ètatt-UnU, t, U, p · texte numérisé non relu

Uisioire des Ètatt-UnU, t, U, p

» miner les iiabitants de ces pays des clartés «de

9 rÉvangile. > En retour de leurs présents, ils reçurent des Indiens une natte pour leur servir de couche pendant le voyage et deux guides algonquins. Le

10 juin 1673, leurs canots sur le dos, ils traversaient Tétroit ;)or^a()ré ^ qui sépare la rivière Reuard du Wisconsin; ils s'embarquaient sur cette dernière rivière, sans leurs guides. « Ceux-ci, dit Marquette» nous > avaient laissés seuls, sur cette terre inconnue» en- » tre les mains de la Providence. » Sept jours après, ils entraient dans le grand fleuve» le cœur plein d'une joie c qui ne saurait s'exprimer. »

Soixante lieues environ au-dessous du conlluent du Wisconsin et du Mississipi, la rive occidentale du grand fleuve portait des traces d'homme; un petit sentier se montrait» conduisait à une belle prairie. Laissant leurs canots» Joliet et Marquette se décidèrent à risquer» seuls, une rencontre avec les sauvages. Après une marche de six milles '» ils aperçurent trois villages, Fun sur une rivière, les autres sur une éminence et distants d'un mille et demi du premier. La rivière était le Mou-in-gou-e-na, ou Moingoua, qu'on appelle aujourd iiui» par corruption» la rivière des Moines, c Marquette et Joliet étaient les premiers

I. On appelle poitaqe ces bandes de terres, qui séparent deni ri* ▼ièrat Vwa» de Vmîre, et que les lodiene franehisaaieat en portant lenn canots snr leur doe.

H. Le miUo anglais on amérkain répond à 1609 mètres*

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» blancs qui eussent foulé le sol de l'Iowa. Se recoin-

j» mandant à Dieu, ils poussèrent un long cri. Les > Indiens l'entendent; quatre vieillards, parés de » plumes brillantes, aux couleurs variées et portant le » calumet de paix« s'avancent à leur rencontre : « Nous » sommes Illinois» dirent-ils, ce qui voulait dire nous » sommes hommes j » puis ils offrirent le calumet. » Un vieux chef les conduisit à sa cabane, levant les » maius et s écriant : « Que le soleil est radieux en ce » jour oà vous venez à nous, ô Français I Tout notre » village vous attend ; vous entrerez en paix dans

toutes nos demeures. » La ioule des Indiens suivait » les pèlerins de regards avides. >

a Au grand conseil. Marquette proclama le seul vrai Dieu» créateur du monde. Il parla également du grand capitaine des Français, le gouverneur du Canada, qui avait ciiàtié les cinq nations et les avait forcées à la paix. Il questionna ses hôtes sur le Mississipi et les tribus maitresses de ses rives. Un magnilique banquet, composé de poissons, de gâteaux de miel et des meiU leures viandes de la prairie, lui ollcrl a ces messagers de la défaite des Iroquois. Après un séjour d'une semaine, le chef de ia tribu, suivi de nombreux guerriers, accompagna les Français à leurs canots, en les invitant a revenir, et suspendit aux vêtements de Marquette le calumet sacré, mystérieux s^aiboie de ia paix et de la guerre. »

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Poursuivant le cours de son voyage, la petite troupe dépassa le confluent du Missouri et celui deTOhio. La

scène changeait ici : des roseaux, luipénélrables auxbuffles mêmes par leur force et leur épaisseur, et des forêts immenses s'étendant jusqu'aux grèves du fleuve remplaçaient les prairies. La chaleur était intolérable et les moustiques acharnés. Les dispositions des naturels ne semblaient pas non plus celles des Illinois hospitaliers du Wisconsin et des Shawnees paisibles de l'Uhio. Au village de MiLchigainea, ils vinrent, armés de flèches, de massues, de haches et de boucliers, à la rencontre de Marquette. A la vue de son mystérieux calumet, ils se calmèrent cependant, et firent à leurs visiteurs une réception cordiale. Un de leurs canots les escorta même jusqu'au village d'Âkansea. Ce fut le terme de Texpédition. Sans interprètes, au milieu des Sioux et des Cliickasas, ayant acquis la certitude que le Mississipi ne se jetait ni dans TAtlantiquei sur la côte est de la Floride, ni dans le golfe de Californie, mais bien dans le goliè du Mexique, Marquette et Joliet remontèrent le fleuve. Chemin faisant, ils entrèrent dans l lllinois, un des chefs des tribus riveraines les reconduisit au lac Hichigan, et avant la fin de septembre, ils se trouvaient ea sûreté dans la baie Verte.

Joliet revint annoncer à Québec cette découverte, dont le bruit, transmis par Talon, avait éveillé Tam-

fit LKS FRANÇAIS £N AMÉRIQUE

bition de Colberi. Le modeste Marquette continua de prêcher l'évangile aux Mianiis qui habitaient, au nord de rUlinois, les environs de Chicago. « Deux ans plus » tard, faisant voile de Chicago à Mackinaw, il entra i dans une petite rivière de Michigan. Il y éleva un » autel, où il célébra la messe, d'après les rites de » riiiglise catholique ; puis, priant les conducteurs de » son canot de le laisser seul une demi-heure, dans » les ténèbres du bois, au milieu du froid et du si- » lence, il s'agenouilla et offrit au Tout-Puissant ses • actions de grâce et ses supplications. Au bout de la » demi-heure, on alla le chercher: il n'était plus, » Le bon missionnaire, inventeur d'un monde, était » tombé endormi de Téternel sommeil sur le bord du

» cours d'eau qui porte son nom. Les Indiens creu-

» sèrentsa tombe dans le sable, près de l'embouchure 9 de la rivière. Longtemps après, les coureurs des » bois, en danger sur le lac Michigan, invoqueront » son nom. Les peuplades de 1 ouest lui élèveront un » monument ^. »

Quand les Français se furent étendus sur les bords du Sorel, ils s'occupèrent de fortitier, du coté du lac Ontario, les abords du Saint-Laurent. Lors de la mort du P. Marquette, le lorl qu'avait fait bâtir Frontenac et qui portait son nom, avait pour commandant Rpbert

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