‹ Les Français en Amérique le CanadaChapitre 21 sur 61 · Utstoire dei ÉiaU-Unii, 1. 11, p · texte numérisé non relu

Utstoire dei ÉiaU-Unii, 1. 11, p

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raient-ils, que chacun de nous efface sa dette. » Le malheureux s'évanouit enfin et mourut dans les tortures. Les Indiens, après avoir brûlé la demeure de Wal* dron et les maisons voisines» retournèrent au désert, traînant derrière eux une trentaine de prisonniers.

L'année 1690 commence par des escarmouches et* de petites expéditions suivies, comme toujours, hélas 1 de massacres et d'incendies. De AJaiitet, Sainte-Hélène et d'Yberville.à la tête d'une troupe décent dix hommes^ font une marche de vingt-deux jours à travers les neiges, les forêts et les rivières pour surprendre le petit village de Schenectady. Hertel détruit l'établissement des chutes de Salmon sur la rivière Piscataqua. Les vainqueurs chargent les prisonniers des dépouilles de leurs propres maisons. Les Indiens attachent à un arbre Robert Rogers qui a rejeté son fardeau et le brûlent à petit feu. Ils scalpent Marie Fergusson, jeune fille de qumze ans, à qui la fatigue arrachait des pleurs. De peur que les cris de son enfant n'irritent les sauvages, Uchetabel Goodwin s'arrête un instant dans la neige pour le bercer : un Indien brise Tenfant contre un arbre et le pend aux branches. Pour alléger la marche de Marie Plaisted» on jette à l'eau son en^ faut. Au retour de cette expédition, Hertel rencontre un parti de guerriers venant de Québec. Il se met à leur tête, et, s'adjoignant un renfort que lui envoyait le baron de Castin, il ravage le fort et l'étabUssement

de la baie de Casco. Castin lui-même, officier du régiment de Carignan, avait fondé le fort qui protégeait la mission des PP. Jésuites Vincent et Bigot sur les bords du Penobscot.

Des efforts plus sérieux se préparaient de part et d'autre. Frontenac redoublait de promesses et d'efforts pour détacher les cinq nations du parti des Anglais. « C'est nous qui avons brûlé Montréal, » avaient dit aux commissaires de la Nouvelle- Angleterre les chefs mohawks rassemblés à Âlbauy; « nous. sommes les > alliés de l'Angleterre et nous ne briserons pas le » lien d'union. » Ils avaient refusé toutefois de marcher contre les Abenakis. Frontenac espérait bien aussi assurer à Durantaye les moyens de traiter avec les Hurons et les Ottawas, et il se préparait à une triple attaque contre les colonies anglaises. Sous la menace du danger commun, celles-ci oublièrent leurs rivalités intestines et le premier congrès américain se réunit à New- York. I/idée de ce congrès appartenait au Massachusetts, cette province qui a été, à si juste titre, surnommée la mère de TUnion américaine. On y résolut de tenter la conquête du Canada ; une armée marcherait d'un côté par le lac Chaitipiain sur Montréal, tandis qu une flotte fournie par le Massa-* ebusetts attaquerait Québec. Ën attendant, les confédérés s'emparèrent facilement de TAcadie.

Soit insuUi^ce de moyens, mi ineptie» désaccord

M LES FRANÇAIS BN AMÉRIQOS

OU trahison, l'expédition par terre n'eut pas lieu. Elle aurait» d ailleurs» rencontré sous les murs de Montréal une rude réception. Les Français avaient repris leurs relaiions avec l'ouest, et renoué les alliances avec les Peaux'Rouges. Frontenac vivait donc en sécurité à cet égard, et il s'apprêtait à regagner Québec, quaiîd un Indien abenaki, accouru en toute bâte des bords de la Piscataqua, vint lui annoncer qu'une flotte ennemie venait de quitter Boston. C'était Tarmement du Massachusetts, composé de trente-quatre bâtiments sous les ordres de Piiipps. Le commandant valait ses équipages ; tous manquaient d'expérience et faisaient d'assez tristes matelots. Faute de pilotes, ils perdirent un temps précieux sur le Saint-Laurent, et quand, arrivés en vue de Québec, ils jetèrent l'ancre devant Beauport, Frontenac était dans la place et en mesure de les recevoir. La sommation de se rendre fut reçue par des huées, il ne restait plus aux braves citoyens du Massachusetts qu'à se rembarquer. Âu retour, la tempête dispersa ou brisa leurs vaisseaux. De grandes réjouissances eurent lieu à Québec; on frappa à Paris une médaille commémorative des succès de nos armes dans le nouveau continent.

Repoussés du Canada, les colons de la Nouvelle- Angleterre se bornèrent désormais à défendre leurs frontières (1691*1696). Scfauyler fit seul une incursion sans iûipoi tance dans nos établissements sur le SoreL

Le drapeau blanc tlotta de nouveau sur les murs de Port-Louis et TAcadie redevint francaise(i692).La ville

(l'York fut enlevée d'assaut. La conqu(^.te du Canada fut résolue en Angleterre (1693) ; mais la flotte, après une attaque infructueuse de la Mailinique, fit voile pour Boston» apportant les germes de la fièvre jaune qui eut bientôt détruit les deux tiers des équipages et des soldats (1694). La paix se rétablit un instant dans le Maine, grâce à un traité avec les Abenakis. Mais ceux-ci en moins d'un an s'étaient lassés de la paix, et le village de la rivière des Huîtres» dans le New-Ilampshire, devenait victime de leur férocité. Ce n'était pas le moindre malheur de ces guerres que l'intervention des tribus indiennes, recherchée et solliciLée avec le même soin par les Anglais et les Français. J'ai plus d'une fois raconté les tortures que les Peaux- Rouges réservaient aux femmes et aux entants, après le sac et l'incendie des villages. Une mère cependant, llaiinali iJubLiu , tira une vengeance éclatante du meurtre de son nouveau*né. Emmenée dans une ile du Merrimac avec la nourrice de son enfant et un jeune garçou de Worcester, elle massacra, à l'aide de ses corn I magnons de captivité, les Indiens qui la retenaient prisonnière, et regagna les établissements anglais, emportant comme trophées de sa vengeance les armes

du uiCurLricr de son enlant et un sac rempli de scaJps.

Les missionnaires se trouvaient souvent impuissants

à combattre les instincts féroces et les tiabitudes sanguinaires des peuplades indiennes* et, dans l'ivresse de la victoii e» les Illinois eux-mêmes résistèrent plus d'une fois à leurs exhortations.

En 1697 la paix de Ryswick melLaiL fin pour un moment aux hostilités. Elle trouvait de nouveau la France en possession de TAcadie dont Castin et d'Yberville avaient, par la prise du fort du Pemaquid, poussé la frontière jusqu'au cœur du Maine (4696). Les années précédentes, quelques incursions heureuses en avaient imposé aux Mohawks. La Molhe Cadillac, successeur de Durantaye à Mackinaw avaii ouvert des relations amicales avec les tribus environnantes, qui infligeront, en 4696, un échec complet aux Iroquois. La même année Frontenac, conduisant Tarrnée en personne malgré ses soixante^uatre ans, envahis* sait le New- York occideiiLal. Il avait un instant compté sur la coopération de tous les Indiens de Touest ; mais ils avaient finalement refusé de se ranger sous la bannière du grand chef Onondio; force lui fut donc de se contenter des Français et de leurs alliés immédiats. A l'approche de Frontenac, les ûnondogas mirent le feu à leurs villages, tandis que les Français rasaient les blés des Onéidas, incendiaient leurs wigwams et leur enlevaient six chefs de guerre. Cependant un vieux captif onondaga , qui avait refusé de fuir, était abandonné à la fureur des alliés de la France, et

jamais Indien ne fit preuve dans les tourments d'une plus merveilleuse fermeté. » Les tortures les plus

atroces ne [turent lui arracher une plainte, et narguant ses bourreaux jusqu'à la fin : « Vous auriez » dû prendre plus de temps, leur dit-il en recevant ie 3» dernier coup, pour apprendre au moins comment » un guerrier doit tomber. Je n'ai rien à me repro- » cher, et je meurs satisfait »

Frontenac s'arrêta court après ces succès : < 11 est » temps (|ue je me repose, » dit-il. Peut-elrc eût-il bien fait de s'arrêter plus tôt. Il n'avait^ en effet, qu'humilié, et non subjugue les cinq nations. Les hostilités avaient été poussées si loin à leur égard qu'il restait peu de chances à une paix solide et durable.

Elle eut lieu cependant quelques années après(l 700), Au commencement de Tété de 1700, les quatre nations supérieures dépéchèrent à Montréal des envoyés a pour pleurer les Français morts à la guerre, » Le Rat, chef des Hurons de Machinaw, déposa « aux pieds de son père^ » sa hache de guerre. Il appelait ainsi le gouverneur français de Callières, successeur de Frontenac, c Je n'ai pas, dit ie chef des Abenakis, d'autre hache » que celle de mon père, et puisque mon père l'enterre, É je n'en ai plus. » Un traité écrit fut conclu entre les Iroquois* D'un côté les Français et leurs alliés ith dieiis de l'autre. Chaque natioti contractante scella le

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