‹ Les Français en Amérique le CanadaChapitre 28 sur 61 · BiMUrire des Élaii-Unù, t. 11^ p, m · texte numérisé non relu

BiMUrire des Élaii-Unù, t. 11^ p, m

LË GAiNADA i23

(Uisle t averti à temps, avait pu fuir, laissant toutefois derrière lui des papiers importants, sa correspondance avec Vaudreuii et un vocabulaire de la langue abenaki. En guise de représailles, les indiens brûlèrent Brunswick. La magistrature du Massachusetts les déclara traîtres et voleurs» leva des troupes contre eux et mit leur tête à prix. Le 9 mars 1723, à cinq heyres du luatin» Westbrooke tombait sur le camp indien, au-dessus de Ranger, et l'incendiait complètement. 11 essayait, mais vainement encore, de prendre Basle. Enfin* le 23 août 1724^ une troupe nombreuse d'habitants de ia Nouvelle-Angleterre surprenait Norridgewock. 4t II y avait à peu près cinquante guerriers ï dans la place. Ils prirent leurs armes et se préci- » pitèrent au combat» bien moins pour faire résis- ^ tance que pour protéger la fuite des femmes, des » enfants et des vieillards. Rasle, éveillé par leurs 9 clameurs, accourut pour sauver son troupeaui en » attirant sur lui ratiention des assaillants. Son est) poir ne fut pas déçu. Les sauvages purent traverser » la rivière, tandis que les Anglais pillaient les caba- » nés et l'église, à laquelle ils mirent le feu en se 9 retirant. »

a Quand les sauvages revinrent secourir leurs blessés et ensevelir leurs morts. Us trouvèrent Rasle scalpé et percé de coups, le crâne fracassé, la bouche pl les yeui remplis de boue. On Tent^irra à l'endroit

m LES FRAI^jÇAIS £M AMÉRIQUE

même où il avait l'habitude de célébrer les saints

mystères.

c Ainsi périt Sébastien Basie , le dernier des mis-

sionnaires catholiques dans la Nouvelle-Angleterre. Rasie était dans sa soixante-septième année» et il en avait passé trente-sept au service de Dieu en Amérique. Il était naturellement robuste, maisTège, les fatigaes et les jeûnes l'avaient épuisé. Il connaissait plusieurs dialectes des Algonquins et avait évangélisé diverses tribus de la vallée du Mississipi. En 1721» en« gagé par le P. de La Chasse à revenir an Canada, « Dieu m'a confié ce troupeau, répondit-il, je suivrai son sort, heureux d'être immolé pour son plus grand bien. )> Dans la Nouvelle-Angleterre , on le regarda comme le chef des insurgés indiens. Ses collègues le pleurèrent comme un martyr et le glorifièrent comme un saint. Le ministère français, jaloux de donner un exemple de modération, fit taire son indignation, se confiant aux commissaires des deux nations pour rétablir la tranquillité sur les frontières *. »

Cette modération était, en eUet, bien nécessaire» surtout du côté des Anglais. La question des frontières du Canada était épineuse. La France n'entendait nullement se soustraire à l'exécution du traité d Ulrecht; mais elle n'entendait pas davantage que

Page 1