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A4ai LES FRANÇAIS IN AMÉRIQUE
ment approche. Les rôles respectifs de métropole à colonie étaient intervertis, tant les secours de LoiMkes se faisaient attendre et étaient distribaés d'une main parcimonieuse. Au point de vue économique, TÂngleterre semblait traiter ses possessions transat^ lantiques comme Scipion ces faux fils de l'Italie auxquels Torgueilleux Romain adressa, certain jour, une apostrophe restée célèbre. Jamais on ne vit application plus scandaleuse et plus avide de ces contrats» toujours léonins, que Ton nomme pactes coloniaux. L'acte de navigation de portait que désormais le <somroercede riUigieterre« non «-seulement avec ses colonies, mais avec le reste du monde, ne pourrait se faifre que par des navires d'origine et do possession anglaise, et montés principalement par des Anglais. Ires étrangers n'étaient admis à importer en Angleterre que les produits de leurs propres pays ou ceux dont ces pays étaient l'entrepôt. Cet acte, inspiré à Gromweil par sa jalousie du grand développement du commerce maritime des Hollandais, trouvait des prér pé4fints dans le droit public d'alors et notamment dans la législation des Espagnols et des Portugais. La politique pouvait l'expliquer, et l'illustre auteur de la Richesse des Nations, par une de ces inconséquences qui témoignent trop éloquemment de l'empire des préjugés vulgaires, même sur les esprits les plus fermes , Adam Smith , tandis qu'il le flétrissais. , au
LE CANADA i4S
point de vue moral, oomme une insigne violation des lois de Phumantté, n'hésitait pas à l'approuver oomme
mesure d'État et de sûreté nationale.
Les colonies anglo-amérieaines ne s'étaient d'ailleurs ni froissées ni inquiétées de Tacte de 1651. Ceux qui le suivirent, les actes de 1660, 4663* 1672, les émurent profondément. Il était tiésormais évident que rÀogleterre voulait se réserver le monopole et les avantages de toute la production industrielle et commerciale de ses colonies. Ainsi il était fait deux parts des produits américains. Ceux dont l'industrie anglaise ne redoutait pas la concurrence avec ses propres produits, le sucre, le tabac, l'indigo, le coton, les bois de teinture, ne pouvaient, sous peine de conliscation et de forfaiture, être expédiés qu'à destination des seuls ports anglais. Quant aux autres marchandises, elles devaient être portées dans les ports étrangers les plus éloignés des cAtes anglaises. Personne, autre que les Anglais de naissance, ne pouvait être facteur ou marchand sur les plantations. Les produits que les colonies du sud avaient continué d'expédier, sous l'empire de l'acte de navigation, dans celles du nord étaient frappés d'un droit égal à celui qui pesait sur ces mêmes produits importés en Angleterre. La cupidité des marchands de Londres et de Bnstul ne connaissant plus de bornes, le parlement en vint, enfin, par un dernier acte* à in-
terdire aux Américains , non-seulement ia fabrication des articles susceptibles de faire concurrence aux produits indigènes anglais sur les marchés étrangers, mais celle encore des articles de consommation locale qu'ils tiraient de leur propre travail ^ I
I. T. Adam Smiih, Btthvnhet tur la nahun «I I«f mwm â$ la fldiÊmiâÊtnaliom, ia-IS, Ed. Guillaiimiii, I. Il, p. 190 et sw.