HUiowedei ÉlaU-UuiSt t. U, p
suicida : od n'entreprit rien. En 1747, Ànson et War-
ren défirent une nouvelle flotte chargée, de troupes à destination du Canada. A part quelques faits d'armes insigniBants, tels que la prise par les Français et les Indiens du fort Massachusetts, il n'y a plus rien à relever dans cette campagne. Le traité d'Aix-la-Chapelle allait, du reste, mettre fin aux hostilités.
Ce traité, presque aussi célèbre que celui d'Utrecht, laissait bien des questions à l'étal de litige et d'uidécision. En Europe, après une grande effusion de sang, après Fontenoy, Lawfeld, Raucoux, les choses se retrouvaient, la paix signée, dans le statu quo ante hélium. Une nouvelle puissance, cependant, avait surgi : c'était la Prusse, prête, sous son vrai fondateur, Frédéric le Grand, à jeter désormais le poids de son épée dans la balance des conflits européens. En Amérique, les frontières des possessions respectives de la France et de l'Angleterre restaient indéterminées.' La marine briiaomiiue avait gagné un nouveau renom; mais les colonies angle -américaines avaient pris une foi plus gi ande en leurs propres forces et eu leurs futures destinées.
La politique constante de celles-ci était de mettre . les deux nations aux prises. Nichoison, après la chute de Fort-Royal, avait couru en Angleterre solliciter de St.-John des secours qui permissent la conquête du Canada. Après la prise de Louisbourg, Shirley et War-
ren concertèrent le même projet. Les colonies au nord
de la Virginie offraient à elles seules, pour cette entreprise, un contingent de huit mille hommes. On pourrait croire que ces sacrifices étaient inspirés aux colons par la haine de la France et un profond atta* chement pour l'Angleterre. Les événeinents ultérieurs ont prouvé que tels n'étaient pas les mobiles de leur conduite. Les colonies suivaient leur tactique : affaiblir la France, le seul obstacle à leur iuture indépendance. La flotte demandée par Shirley ne vint pas ; Tarmée provinciale fut même licenciée. C'est que le duc de Newcastle, plus avisé que ne le fut Chatam
quelques années plus tai'd, dcvinaU le piège que les Américains ne cessaient de tendre à la politique anglaise. On entrevoyait déjà ces tendances à New-York eu 1748, et un voyageur suédois, Pierre Kalm, qui s'y trouvait alors» a déduit ainsi les raisons qu'avait l'Angleterre de ménager les Français : « Les colonies an- » glaises de cette partie du monde ont tellement grandi » en richesse et en population qu'elles peuvent lutter > avec la vieille Angleterre. Mais la métropole, pour » maintenir son commerce et son pouvoir, leur a in- )» terdit rétablissement de nouvelles manufactures qui » pussent lutter avec celles de l'Angleterre. On n'y d peut extraire Tor et l'argent qu'à la condition de les » embarquer immédiatement pour l'Angleterre. A part » quelques ports déterminés, le commerce n'est libre
(jUM LES FRANÇAIS EN AMAHIQUE
> qu'avec les possessions anglaises; les étrangers sont }t .absoiumeot exclus du marché américain. II y a beau- » coup d'autres restrictions semblables. Ces abus et
» ces vexations ont beaucoup altéré l'amitié des colo-
, > nies anglaises pour leur mère patrie
» J'ai entendu* non-seulement des Américains de nais-
» sance, mais encore des émigrants anglais dire tout
» haut que, dans trente ou cinquante ans« les colonies
» du nord de TAmérique formeraient probablement
» un Etat complètement indépendant de l'Angleterre.
» Mais comme le pays du côté de la mer est tout à fait
• sans défense et que les Français rendent la fron-
» tière peu sûre, ces dangereux voisins entretiennent
» forcément dans les colonies un reste d'affection
» pour la métropole. Le gouvernement anglais a donc
» raison de considérer la présence des Français dans
» le noi d de l'Amérique comme la force la plus capa*
9 ble de maintenir les colonies dans le devoir ^ »