CHAPITRE VIII
LA GUBRBE DE SEPT ANS; PRBII&BES CAHPAGNK8
SftWài Ni ^ Bbtlittoitt 4a caUnet niilaii el denttm aéfodatfou. ^ CMutet de b Xonoiiglieit et débite de Braddock. — Tiansponation des Acadieos fran- • ealt. — Les Anglais courent sas aux bâtimests frasftit* Loudouni Aber-
crombie et Webb li la tête des Anglais. — Le marquis de Montcalm à la tête ^ des FrançaU. ~ Nullité et pusiUammité des ans. * Goorage et talents de . Montcalii.
Le minislère anglais était divisé sur les mesures à j^rendre en Amérique. Le duc de Newcastle avait de^ mandé l'opinion de Pitt, qui jugea à propos de ii en pas avoir ce jour-là. Horace Walpole. et Tovrnshend penchaient pour les moyens les plus énergiques. Le duc de Gumberland, le duc -boucher, titre que lui avaient valu les massacres qui suivirent la bataille de GuUoden , penchait franchement pour une rupture. Quant a la France, elle aurait voulu croire à la sincérité des assurances de paix que le duc de Nev^castle avait fait parvenir à de Pempadour et m duc de
iSÏ LES FRANÇAIS EN AMÉlUQUi:
Mirepoix. Duquesne avait reçu un pouvoir discrétionnaire, en cas de rupture; mais il lui était recommandé jusque-là de se lenir sur la défensive, d'éviter Teffusion du sang et de ne se servir des Indiens qu'en cas de nécessité absolue. La force des choses poussait, cependant, le gouverneur du Canada à reciierciier, comme les Anglais le faisaient eux-mêmes, ralliance des tribus indiennes» et la nation des Shawnees, inâdèle à ses premiers engagements, s'était déclarée contre les Anglais.
La France négociait encore, et proposait à TAngle* terre d'abandonner la vallée de l'Ohio (1755), quand le général Braddock, uo vétéran des guerres de Flandre, soldat rude et borné, créature du duc de Cumberland, s embarqua pour l'Amérique > avec deux régiments. Cet armement, au dire du duc de Newcastle, avait un caractère tout défeusif. Mais les propositions qu'il Élisait en môme temps à la France lui assignaient sa véritable portée. Ne lui demandait-il pas de raser les forts de Niagara et de la pointe de la Couronne, d'abaadonner la péninsule de la NouveHe^Écosse et la baie de Fundy, de neutraliser enfin le territoire situé entre les colonies anglaises et le Saint-Laurent ? Louis XV ^ seul, c'est le témoignage de iM. Bancroft, parait avoir été sincère dans la négociation, et, s'il envoyait trois mille honmies de renfort en Amérique, il consentait en même temps, pour éviter k guerre, à rextension
de la Nouvelle-Angleterre jusqu'à la côte où se jette Id Penobscot, et à la déiimitatioQ du Canada par la crête des montagnes intermédiaires.
Braddock élait arrivé dans la baie de Chéaapeake. Au mois de mars (1755), il atteignait Williamsburg, et visitait Ânnapûlis; le 14 avril, il se concertait avec le Commodore Keppel, et avec les gouverneurs du Massachusetts, de New-York, de la Pensylvanie , du Haryland et de la Virginie» Shirley, Delancey» Morris» Sharpe et Dinwiddie. Après avoir agité la question des taxes de guerre , que Braddock s'irritait de ne pas voir résolue par Tinitiative même des oolonies, on fiit d'avis qu'il ne fallait pas les attendre des législatures locales, et que le parlement britannique aurait à les imposer d'autorité. En attendant, les opérations militaires commencèrent Elles n'eurent pas d'abord pour but l'invasion du Canada, mais la répression des prétendus envahissements des Français depuis i'Obio jusqu'au golfe Saint-Laurent. Braddock se chargea de la vallée de i'Ohio, Shirley et Lawrence durent ebasser les Français l'un de Niagara, l'autre de la Nouvelle-Écosse. Johnson s'occupa de l'enrôlement des Mohawks.
Le gouvernement fiançais, à la nouvelle du départ de Braddock, avait expédié des renforts au Canada. L'amiral anglais Boscawen rencontra, dans les eaux du cap Race, trois vaisseaux chargés de troupes» TAt-
m LES FRANÇAIS EN AllÉRlOUB
cide, le Lys et \e Dauphin. Attaqués par des ioroes rapérieures, VAldde et le Lys durent baisser {Kirinoa. Le Dauphin, bon voilier, put gagaer Louisbourg. Les neuf autres vaisseaux de la flotte française entrèrent dans le Saintliaurent, et débarquèrent à Québec les troupes commandées par Dieskau, ainsi que le noar* qiris de Yaudreuil, qui remplaçait La Jonqnière dans le gouvernement du Canada. Canadien de naissance, ancien gouverneur de la Louisiane, Yaudreuil reçut le meilleur accueil de ses concitovens.
Braddock avait promis au duc de Newcastte d'être à la fin d'avril au delà des Àileghanys. Sa vanité ne prévoyait que des succès : « Lorsque j'aurai pns le fort D Duquesne, ditoit-il à Franklin, je marcherai sur Nia** » gara et de là sur Frontenac. Le fort Duquesne peut » à peine me retenir trois ou quatre jours, et je ne » vois 1 ien qui puisse arrêter ma marche sur Niagara. » Les Indiens sont habiles à tendre des embuscades» » répliqua Franklin qui se rappelait l'invasion des » Français chez les Ghickasas, et la mort de Yincennes s» et de d'Artaguette. — Les sauvages, répondit Brad- » dock , peuvent être redoutables pour vos miliciens 0 inexpérimentés; mais ils ne feront pas la moindre » impression sur les troupes régulières et disciplinées 1» du roi^é • Il n'en mit pas moins vingt-sept jours