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LE CANADA 19T
pour le faible trajet d'Alexandria à Cumberland, et plus de lenteur encore dans sa marche de Cumberland
à ia Fourclie de l'Oliio. Brad iock, disaient les Anglais, n'est guère impatient de se faire scalper. Son insolence révoltait les troupes américaines placées sous son commandement, et Washington portait sur ses talents ^ militaires un jugement sévère/mais mérité.
Le 9 juillet, au malin, Bi addock se trouvait à douze milles du fort I>uquesne4 Deux avaiit*gardes ei des flanqueurs ouvraient la marche; il suivait, avec le gros de son armée, l'artiiierie et les bagages ; un téu de roousqueterie, vif et bien nourri, se fit entendre tout à coup. La téte de colonne de Braddock avait rencontré me embuscade de Français et d'Indiens, commandée par Beaujeu, Dumas et de Lignery. Bientôt culbutée* elle dut se replier sur le corps d'armée en abandonnant deux canons. Braddock, se portant alors en avant, ouvrit un feu d'artillerie assez inoilensil, qui intuaida pourtant les sauvages. Beaujeu venait d'être tué» et les Anglais poussaient déjà des liourras de triomphe* Mais Dumas ramena les Indiens , repoussa l'ennemi , et ia combat devint une boucherie. Sur quatre-vingts olH- / ciers, vingt-six furent tués. Braddock* mortellement atteint, avait eu cinq chevaux tués sous lui. « La mort, D écrivit Washington, abattait tous mes compagnons » autour de moi. Hais, grâce aux faveurs toutes puis- » santés. d^ ia Providence, i'm ét4 protégé. Je ^goate
têS LES FRANÇAIS EN AMÉRIQUE
» au public, disait un mois après le minisire réformé » Oavies, cet bérmque jeune homme, le colonel Wasn hington , que la ProvideDce, je ne puis m'empdcher » de le croire» a préservé d'une façon miracuieuse, en » vue de quelque service important à rendre à son
» pays Les troupes virgi-
» niennes montrèrent beaucoup de valeur, et furent à » peu près anéanties. Mais les réguliers, ayant gas- » pillé leurs munitions, se débandèrent et se mirent » à oourir comme des moutons devant des chiens, y> abandonnant à lennemi artillerie, vivres, bagages, » et les papiers même du général. La tentative de les » rallier fut aussi vaine que le serait celle de rallier les » our^ sauvages de la montagne. Les Anglais furent
» scandaleusement batius*. »
Le juillet, le lieutenant de Braddock» Dunbar» détruisait le reste de son artillerie, évacuait le fort Cumberland, et se retirait à Philadelphie. Ce n était pas une défaite ignominieuse qu'on y attendait : aussi Tindignation et la douleur furent-elles grandes à la nouvelle du combat de la Mononghela.