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LR CANADA 10»
L'Angleterre triomphait partout. Au mois d'avril»
une floililie anglaise s'était emparée du Sénégal; eu décembre, les forts de Corée se rendaient au comme* dore Auguste Keppel. Pococke élaiL maître dans la mer des Indes. La Martinique avait repoussé les atta« qiies d'une escadre et de six mille hommes de troupes britanniques. Mais la Guadeloupe avait capitulé. Sur le continent, Contades et de Broglie se faisaient battre à MuKien par le pniice Ferdiuaiid de Brunswick. Que nous étions loin des jours glorieux de Steinkerque et de Nerwiiide, et même de ceux plus récents de Lawfeld et de Fontenoy I
Fidèle à la politique libérale qu'il avait inaugurée vis-à-vis de TAraérique, Pitt obtenait des colonies tous les sacriflces possibles en hommes et en argent. Le Massachusetts fournissait sept mille hommes, et le Gonnecticut cinq mille. On s'exerçait au maniement des armes dans tous les villages de la Nouvellc-Aa^leterre et du New-Jersey. Ge dernier État, sur quinze cents hommes disponibles, en levait mille. Montcahn avait, il est vrai, reçu quelques secours de la France. Mais il n'en restait pas moins dans un état d'infériorité militaire qui lui laissait peu d'espoir de conserver le Ganada. «Gette campagne, • écrivait*il au maréchal de Belle-Isle, « verra, à moins d'un grand bonheur ou de » grandes fautes de Tennemi^se consommer ma perte. > La population du Canada était réduite à quatré«vingt
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mille ânics, dont sept mille hommes à peine en état de preodre les arioes. Les troupes régulières ne mooidieol qu*à huit bataillons, de quatre ceats bomineschaeuii. Les Aoglais enlraieai ea campagoe avec des iorces au nXMOS quadruples.
Le corps de Prideaux s'engagea le premier. Deux bataillons do New- York, un bataillon du Royal-Américain et deux régiments anglais, avec des auxiliaires iodiens et un délacliement d'artillerie royale* viurent investir le fort Niagara* célèbre par les souvenirs de la Salle et de Deiiouville. Âubry , avec douze cents hommes I courut à son secoqrs* Johnson, qui avait remplacé Prideaux, tue par rexplosioii d'un mortier, lui barra résolûment le passage. Attaqués de flanc par les Indiens, de front par les milices et les troupes royales, les Français durent bailre en retraite. La poursuite fut acharnée, et le carnage complet. Les bois étaient pioins de cadavres. Le lendemain, la garnison de Niagara capitulait. Les troupes de Sauwia occupèrent, sans coup férir, tous les postes IVançais jusqu'à rËrié. Grâce a la désobéissance de Gage, Lévis, commandant en second des forces françaises, put occuper cependant les postes d Ogdenburg, qui commandent Montréal.
Amherst réunissait en môme temps le gros de ses forces sur les bords du lac George (i7â9). Plein de saiig-ti'oid ci Loujuui'5 aiaitre de lui, U avait i esprit
fit
juste, de la solidité coiurne général, mais peu d'invention et de spontanéité ; le 21 juillet, il s'embarquait sur le lac Ontario, et le lendemain, ses onze mille hommes prenaient pied sur la rive orientale. Les Français évacuaient Ticonderoga, la pointe de la Cou* renne et, se retranchaient dan^ Tile aux Noix. La population entière du Canada avait été appelée am armes. La noblesse se montra digne de l'antiquité de sa race et de sa vieille gloire militaire. Elle secourut la première et jamais ou ne lui vit déployer plus de courage et ile dévouement, c La levée avait été si gé- » nérale qu'il ne restait pas assez de monde pour faire » la moisson autour de Montréal. Âfm de prévenir la » famine, on y employa les femmes, les vieillards et » les enfants. Comme la majeure partie des forces » était avec Montcalm sous les murs de IQuébec et que » les Indiens n'accouraicuL plus dans le camp français, » la petite armée, en face d'Amherst, n'avait que le )) quartdesoneffectif et son recrutement était impos- » sible. On attendait à chaque instant une attaque sur » Montréal ^ » Amherst cependant n'avançait pas et passait août, septembre et une partie d'octobre en travaux stériles de fortifications. Il prit enfin ses quartiers d'hiver, ce Amherst se fît un grand nom, )> parce que la Nouvelle-France fut réduite pendant
i. Hiitoin deè Étatt-Unii, U lU, p. m
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1» son commandement en chef, mais si Wolfe lui eût
» ressemblé, Québec a eût pas succombé »
À la débâcle des glaces, Woife avait rassemblé à Louisbourg les éléments de l'expédition qui devaitagir contre Québec. Les Forces de terre étaient de huit miile hommes ; la flotte, sous les ordres de Saunders, comptait vingt-deux vaisseaux de ligne et autant de frégates et autres bâtiments. Parmi les officiers de cette flotte se trouvaient deux hommes qui devaient devenir célèbres, Jervis, depuis comte de Saint-Vincent et Jacques Cook. Les brigades avaient à leur tète Robert Monckton, plus tard vainqueur de la Martinique et gouverneur de New-York, George Tovirns^end et James Murray. Carleton commandait un corps spécial de grenadiers; le lieutenant-colonel William Howe^ qui joua depuis un rôle marqué dans la guerre de l'indépendance, conduisait l'iafanlerie légère. Barre était chef d'état-major.
Le 28 juin, rexpédition arrivait heureusement à la hauteur de Tîle d'Orléans, elle débarquait ie lendemain. Au sud-ouest se dressait le promontoire, sur les pnntes et aux pieds duquel Québec est bâtie, dans un des sites les plus grandioses du monde entier. La ville, entourée de remparts et protégée par des retranchements, semblait imprenable.