‹ Les Français en Amérique le CanadaChapitre 44 sur 61 · HUknre ÈUUt-UnU, u III, p · texte numérisé non relu

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Montcalm, qui n'avait sous la main qu'un petit nom-

bre de soldats éprouvés, comptait principalement sur la force des lieux, et il l'avait augméntée de tout son pouvoir. Wolfe put s'en apercevoir dans la reconnaissance générale qu'il fit, en compagnie de Saunders, au commencement de juillet. La plaine, où se perd par des pentes abruptes le promontoire Diamant, et le plateau qui domine Québec avaient été couverts d'où-* vrages. Le camp retranché des Français, dont le centre était au village de Beaufort, s'appuyait d'un côtéâux rapides du iMoiitmorency , de l'autre à la rivière Saint* Charles et aux marais voisins. Des chaloupes canonnières et des batteries flottantes défen-* daient tous les points de débarquement. Les assiégés ^ lançaient eh outre contre la flotte des brûlots et des radeaux chargés de pièces d'artilices.

Juillét allait finir, et le siège n'était pas plus avancé que le jour même du débarquement. Impatienté de ces lenteurs» Wolte résolut de tenter une attaque. Après sa chute, le Montmorency coule paisiblement, pendant quelques centaines de mètres, au milieu de vertes prairies. Au retrait du flot, on peut le passer à gué» près de son confluent avec le Saint-Laurent. Wolfe ordonna aux brigades Townshend et Murray de traverser à ce moment le Montmorency, tandis que , de son côté, Moncklon aborderait, par le Saiat-Laurent, à la pointe Lévis. Au signal donné, le mouvement commença.

Mais une partie des bateaux de Moncklon alla donner contre des roches à fleur d'eau, et les Français en profitèrent poui* ouvrir sur ses troupes un feu de mousqueterie et de t)oinbes des plus meurtriers. Wolfe, cepeadant, ne voulait pas désespérer du succès. Treize cents grenadiers et deux cents hommes du Royal- Américain se lancent, sans ordres, sur les retranche ments» lis sont rudemeui repoussés* et ne se retbrmeot qu'avec peine autour des troupes de Monckton. La nuit approchait, et le ciel était menaçant. Woife se décide à ordonner la retraite. Le feu de l'ennemi et la nature du terrain, accideiUé, boueux et souvent impraticable, la rendirent désastreuse. Quatre cents hommes avaient payé de leur vie la témérité des grenadiers de Carleton.

Deux tentatives deMurray, pour détruire les navires français slatioanés au-dessus do la ville et ouvrir une communicatûMEiavecAmherst, restèrent infructueuses. Murray dut se contenter de son facile triomphe sur des invalides placés à Deschambault poui' protéger les femmes et les enfants. WoIfe attendait Amherst avec une vive impatience. « Vain espoir 1 Le général p en chef, quoiqu'il n'eût devant lui que trois mille » hommes, s'attardait toujours à la pointe de la Cou-* 1 ronne. U ne donnait pas même de ses nouvelles, et » Woife demeurait seul à lutter contre des dilïicultés f qw chaque jour rendait plus efiùrayantes. Les nom-

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» breux combattants placés sous les ordres de Mont- » calm ne peuvent, disait>ii, être appelés une armée;

> mais les Français ont, pour défendre Québec, la j> plus forte position peut-être qui soit au monde. » » Leurs chaloupes étaient nombreuses, et leurs points » faibles gardés par des batteries flottantes. L'œil » perçant des Indiens déjouait les surprises « et les » Canadiens, attentifs et vigilants, élevaient prompte* » ment des retranchements partout où le besoin s'en » faisait sentir* Les paysans défendaient courageuse^ » ment leurs demeures, leur langage et leur religion. » Des vieillards de soixante-dix ans et des enfants de » quinze ans à peine, répandus en tirailleurs sur la » lisière des bois, faisaient le coup de feu contre les

> détachements anglais. Tout homme en état de por^ » ter les armes était soldat. On faisait peu de quartier « d'un côté et de l'autre. Depuis deux mois la flotte )) anglaise était à raiicre et Fai niée sous ses lentes, i Le faible tempérament de Wolfe succombait sous » le poids de ses inquiétudes et d'une inaction pleine 9 d'anxiété ^. »

Dans un conseil de guerre , on discuta trois plans d'attaque différents, proposés par Wulfe : ils furent tous rejelés comme impossibles. Saunders était dis- ' posé à prêter l'appui de ses vaisseaux à un assaut

i. Histoire des ElaU-L'nis, t. m, p. 233.

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généraL Mais Woire lui-même, malgré l agilaUcti de son esprit, qui le portait aux mesures extrêmes, ne voulut pas risquer la Hollc dans une leulalive presque insensée. On s'arrêta à l'idée de transporter quatre ou cinq tnille hommes au-ilessus de la ville et d'allirer Montcalm hors de ses relrancbements. En rase campagne, la composition des troupes anglaises ofTraît» sinon une garantie, au moins une chance de succès. Assurant ses postes^ilans Tiie d'Orléans, en Tace de Québec, Woife fit donc embarquer, a la pointe Lévis, devenue son quartier général, les forces destinées à agir. Ce mouvement avait lieu les 5 et 6 septembre. Les jours suivants, Tamiral Holme remonta la rivière» afin de tromper Bougainville^ qui avait été envoyé sur la rive Nord, dans le but d'y surveiller les mouvements des Anglais et d'empêcher un débarquement. On respira dans les murs de Québec. L'iuvci' approchait, et le danger immédiat disparaissait. De Lévis partit avec un assez fort détachement, trois mille hommes dit-on, au secours de Monli éal. « Ma consti- » tution, écrivait Wolfe, au comte de Holdernesse, le » 9 septembre , quatre jours précisément avant sa » mort, ma constitution est entièrement ruinée, sans » que j'aie la consolation d'avoir rien fait de considé- • rable pour l'État, et sans que j'aie la perspective de 1 mieux faire ^ d

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