‹ Les Français en Amérique le CanadaChapitre 47 sur 61 · Htftoér* dm ÈiaU-fJniê, t III, p. StiO · texte numérisé non relu

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irtent personnel. A ce titre il n*aimait guère Pitt, qui avait toujours soutenu la prépondérance du parlement, sans excéder pourtant les limites de la constitution anglaise, qui ne se prèle point à l'annihilation de run ou l*àutre des pouvoirs. La pak lui sablait également un besoin et une sorte de devoir. Dans le ph)jet du discours du trône, il avait même

qualifié la guerre de coûteuse et sanglante. Ce ne fut pas, sans peine que Pitt réussit à faire modifier cette première rédaction. Dans son discours, tel qu'il fut prononcé devant le parlement, George iil déclarait toujours la guerre coûteuge; mais ii ajoutait qu'elle était juste et nécessaire^ et ii témoignait de son désir de la terminer, de eanterî anoee m tUUét^ par une paix honorable et durable.

Pitt, dès ce jour, put s'attendre à perdre la haute position qu'il occupait dans les conseils de son pays. Il ne se risigna point à la quitter sans lutte. On le vit, dans toutes les circonstances qui affectaient son système politique, tenir tête à George lU et à lord Bute, son ministre favori. Le roi désirait ardemment rompre son alliance avec la Prusse, et Iraftér séparément avec la France. Pitt décida le cabinet à renouveler le traité annuel avec Frédéric, et le parlement à voter les fonds nécessaires. Le roi répondit à cette violence moralè par un exercice de sa prérogative, et le cabinet se remplit peu à peu d'ambitieux vulgaires ou d'ennemis

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LH. CANADA

déclarés du premier ministre. Les négociations continuaient seci^têment, et le dac de Ghofsêill se prêtait

volontiers aux dispositions pacUiques de George 111. Peu Soucieux des objections per trop intéressées de l Aulrichc et de l'Espagne, nos alliées, il se montrait prêt à traiter seul avec l'Angleterre« Comme bases de paix, il proposait la conservation par chaque puissance beiiigéranle des conquêtes qu'elle avait pu faire sur l'autre. Or l'Angleterre avait pris à la France Goréé, la Guadeloupe, le Canada, et nous ne lui avions enlevé que ille de Minorque. Tout en donnant des dates pour le point de départ de la possession, dans l'un et dans l'autre continent, il consentait à ce que TAngleterre en flxât d'autres. On ne doutait pas en France du succès des négociations sur de telles bases. « Mais la » nature hardie et peu accommodatite de Pitt, qu'eu* » flanimait le succès, n était pas faite pour une œuvre

9 de réconciliation Il acceptait, comme base, que

» chaque nation garderait ses at^uisitions. Mais il f différait le règlement des dates de possession, jUs- » qu'à ce que la flotte de cent cinquante voiles, (}ili » avait appareille le jour même de la réponse h Clioi- » seul, eût pu faire la couquëte de Delle-lsle. C'est la » grande tache qui pèse sur la mémoire de William j» Pitt. Chaque but de la guerre avait été atteint ; il » n'insiàtait pour sa prolongation qu'en vue de nouj» veaux agrandissements. L'Angleterre peut lui par-

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» donner les écarts d un attachement passionné pour » la grandeur de son pays. L'histoire impartiale dé- » cerne la paime à la modération du jeune souverain, » qui ambitionnait la gloire plus pure d'arrêter la » victoire par une paix raisonnable ^ »

Cet esprit d'inflexibilité, de patriotisme hautain et de haine contre la France, se retrouvait chez Pilt dans la discussion des moindres clauses du. traité de paix- La plus pénible, entre toutes, et la plus humiliante, était, aux yeux de Gboiseul , la démolition de Dunkerque. « Je n'y tiens pas, répondait Pitt, comme » garantie contre vous : mais le peuple anglais con- » sidère celte démolition comme une marque permat nente de votre abaissement. » ChoiseuU en compensation de nos conquêtes en Allemagne, manifestait une velléité de conserver le Canada, c Vos alliés, objeclait > PiU» ne consentiront jamais à ce que vous gardiez un » pouce de terre dans ces pays. Le seul résultat de » tous vos efforts» de tant d'argent et d'hommes dépen- » sés, sera l'agrandissement de la maison d'Autriche. » La France réclamait la restitution de ses bâtiments de commerce capturés avant la déclaration de guerre. C'était un acte de justice et de loyauté qui incombait à l'Angleterre, t Le canon, s'écriait Pitt, a réglé la » question en notre faveur, — Le dernier coup n'est pas

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