‹ Les Français en Amérique le CanadaChapitre 49 sur 61 · BûÊoindet ÉtaU*Vnii, t. UI, p · texte numérisé non relu

BûÊoindet ÉtaU*Vnii, t. UI, p

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conclusion. Ce fut Torigine d'une machination bien plus honteuse encore en elle-même et par ses résultats. Lord Bute laissa comprendre à l'ambassadeur russe à Londres, le prince Galitzin, que l'Angleterre prêterait volontiers la main, au détriment de la Prusse, à un agrandissement de la Russie, dont les armées occu« paient alors une partie des États de Frédéric. Indigné, le jeune czar, Pierre III, transmit la dépêche de Galitzin à Frédéric lui-même, lui rendît ses territoires conquis, lui garantit la Silésie et lui envoya même un corps de troupes russes. L'occasion était belle de ne plus fournir à Frédéric le subside qui pesait à George m. Il fut continué pourtant, ou plutôt promis, mais à la condition qu'il s'en servirait pour activer la paix et non pour perpétuer la guerre. C'est à cette occasion que Frédéric tint ce propos méprisant : « Cet Anglais 9 (lord Bute), croit, en vérité, qu'avec de l'argent on » fait tout, et que TAngleterre est seule à en » avoir. »

Les armes de la Grande-Bretagne réussissaient mieux que sa diplomatie (176!â). La Martinique se rendait à une escadre anglaise, après une défense de trente-six jours. La Grenade, Saiute-Lucie et Saint- Vincent succombaient peu après. Une expédition se préparait contre la Havane, qui avait, pour se défendre, une garnison de quatre mille six cents hommes et de bonnes fortiûcations. Lord Âlbeaiarle, et l'ami-

m LES FRANÇAIS EN AHÏRiaUB

rai Pococke, coiiim par ses succès dans les mers de riode, l'investirent avec onze mille hommes de troupe» renforcés de deux mille cinq ccals nègres de la Jamaïque et des îles Sous-le-Veot. Le 30 juillet, les Anghis emportaient d'assaut le fort Moro, et le il août la Havane capitulait. Neuf vaisseaux de ligne, cinq frégates, un butin de plus de 50 millions tombaient aux mains des vainqueurs.

Au mois de septembre, le duc de Bedford était parti pour la 1 rance, niuiii de pleins pouvoirs pour négocier la paix, oc La meilleure dépêdàe que je puisse re- » revoir de vous, lui écrivait George II!, sera Tannonoe » de la signature des préliminaires. Puisse la Provi- » dence» par compassion de la misère humaine, vous > fournir les moyens de mener à bonne lin cette œuvre » grande et noble ! Rare exemple de modération dont . » rhistoire doit soigneusement conserver le souvenir. » Les termes proposés à la France étaient durs» hu- » miliants môme. Mais que pouvons-nous faire t disait » Choiseul, qui, miiiisUe de la guerre, avait remis le :» département des affaires étrangères au duc de Pras- » Kn. Les Anglais sont terriblement impératifs. Le » succès les a enivrés, et nous ne sommes maliieureu- » semant pas en situation d'abattre leur orgueil. Il » fallut céder à la nécessité, et, le 3 novembre 1762, » la France et l'Espagne d'une part, l'Angleterre et » le Portugal de l'autre, signèrent les préliminaires

LS CANADA

% du traité de Paris, si important pour rAniérique>.

Les ratifications du traité s'échangèrent le 10 février 1763. La France cédait à T Angleterre i'Acadie, le cap Bielon et les îles qui en dépendent, tout le Canada, la Louisiane jusqu'au JUississipi, à l'exception de 111e de la Nouvelle-Orléans, les pêcheries de Terre-Neuve, où la France conservait toutefois un droit, avec les Ilots de Saint-Pierre et de Miquelon, comme abris pour ses navires; les îles de la Grenade, de Sainte-Lucie, Saint*Yincentet Tabago; en Afrique, Corée. L'Ëspagne reprenait la Havane, mais elle abandonnait les Flohdes, et la France l'indemnisait de cette perte par la eessiôn de la Nouvelle-Orléans et de la Louisiane, à l'ouest du Mississipi, De cet empire de llnde que Dupieix et La Bourdonnaye avaient un instant édifié, il ne nous resta que deux ou trois établissements insignifiants^ les seuls que nous possédions encore aujourd'hui.

L'année i7b3 marque le moment du plus grand déclin de la France et celui de la plus haute fortune de

l'Angleterre. Pitt, dans sa retraite, dut se réjouir de l'abaissement profond de la maison de Bourbon et de l'annexion délinitive de la Nouvelle-France aux possessions britanniques. S il eût pu lire dans l'avenir, la joie de son triomphe se fût changée en une grande amertume. Il eût vu, à vingt ans de distance, ces co-

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