‹ Les Français en Amérique le CanadaChapitre 5 sur 61 · HitUwê dei ÉkUt'Unû, yol. I« p. iK · texte numérisé non relu

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e LES FRANÇAIS EN AMÉRIQUE

Dans des circonstances semblables , le Portugais Cortereal avait tenu une conduite plus odieuse encore. Il avait enlevé cinquante Indiens pour les vendre comme esclaves : attentats du fort contre le faible, que l'histoire rencontre malheureusement à chaque

pas, mais qu'elle sait toujours flétrir l

Les havres de Nev^- York et de New-Port attirèrent surtout l'attention de Verazzani. Les naturels de New-Port lui parurent, selon sa propre expression, < les meilleures gens » qu'il eût encore rencontrés dans tout son voyage. Us étaient d'une grande ignorance et ne manifestèrent aucune convoitise, même à la vue d'instruments de cuivre et d'acier. Ce n'était pas le cas des habitants de la Nouvelle-Écosse que, remontant toujours au nord jusqu'à la latitude de 60f^^ Verazzani visita avant son retour en Europe. Us se montrèrent désireux de commercer ; mais ils voulaient des couteaux et des instruments d'acier en échange de leurs produits, c Peut-être, dit M. Bancrofts cctle côte » avait^lie été déjà visitée pour y capturer des escla- » ves , et les naturels avaient appris à craindre les vi- 1 ces des Européens ^ »

!. On s'est demandé si Verazzani, de retour en Europe au mois de juillet i524, ne revit pas l'Am^^riquo. Les chroniqueurs maritimes admettent unanimement qu'il repartit en 1525 pour une expédition dont il ne revint pas, ajoute-t-on. M. Bancroft croit à celte seconde expédition et môme, sur le témoignage d'Haklnyt, à une troisième. Sfuilcment illui paraît peu probable, à raison îles dosas ires de l'avie, que cette deuxième expédition ait été faite sous les auspices de ia France. Peut-

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L'expédition de Verazzani n*eut d'autre résultat

matérial que la narration qu'il en donna lui-même et qui constitue le plus anden doeument relatif à la cdte des États-Unis. C'est Cartier qui devait découvrir le Canada, Cartier, un enfant de Saint-Malo, ce nid de marins, de soldats et d'écrivains, cette patrie de Duguay-Irouin» de Surcoût, dé Chateaubriand.

An mois d'avril 1534, Cartier mit à la voile de Saint- Malo, avec deux vaisseaux. Au bout de vingt jours, il fut sur les côtes de Terre--Neuve dont il fit le tour. Virant au sud et traversant le goltV, il entra dans la baie à laquelle il donna le nom significatif de baie des Chaleurs, Puis, ne trouvant pas de passage à Pouest, il se dirigea le long de la côte, jusqu'à la baie plus petite de Gaspé. C'est là, sur une pointe de terre, à rentrée de la baie, qu'il dressa une croix majestueuse supportant un bouclier aux lis de France. C'était la prise de possession de celte terre. Arrêté par l'hiver auquel ses équipages et ses bâtiments n'étaient pas préparés, Cartier termina ce premier voyage par la découverte du fleuve Saint-Laurent qu'il remonta jusqu'à ce qu'il en pût découvrir les deux rives.

être le fat-elle pour le compte de l'Angleterre, et Hakluyl afiQrme même' que Verazzani remit à Henri Vlll une carte de l'Amérique. On est rtîtJuit à des conjectures sur ce point, comin -ur celui de la mort de Veraz73ni. P(?rit-îl, comme le veut l'opini ni n»mmune, dans une rencontre avec les ^ciuvages? Vécut-il longtemps incoiti a r,rjne, comme M. B iRcroft penche à le croire, dans la compa?iiie de ses amis et des hommes de lettres et de sciences? C'û<»t un mystère.

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Ces découvertes eurent eu France un grand retentissement. Elles flattaient raiiiour-propre de la nation et son goût si décidé pour les aventures périlleuses. La jeune noblesse voulut prendre part à la nouvelle expédition que les amis de Cartier suggérèrent à François P'. La religion, alors mêlée à toutes les choses du siècle, appela sur elle la faveur céleste. Une procession splendide précéda rembarquement, et tous les membres de l'expédition reçurent des mains du prêtre l'absolution et la bénédiction. Arrivés, après des tempêtes, à Terre-Neuve, les trois vaisseaux de Cartier se dirigèrent cette ibis à Touest, et comme c'était le jour de Saint-Laurent, les navigateurs donnèrent à la partie du golfe qui s'étendait devant eux le nom du martyr, nom devenu par la suite celui du grand fleuve et du golfe tout entier. Ils remontèrent ensuite le fleuve jusqu'au port nommé depuis Orléans. « Les » naturels Indiens, d'origine algonquine, accueillirent » les Français avec une hospitalité sans soupçons. » Quittant ses vaisseaux, mouillés en sûreté, Cartier » remonta le fleuve majestueux jusqu'au campement » du principal chef indien, dans Tile de Hochelaga. » D'après leur langage, les habitants de l'île devaient » appartenir à la famille des tribus huronnes. Le vii- 1 lage était situé au pied d'une colline que Cartier » gravit. Quand il en eut atteint le sommet, il fut » saisi d'admiration à la vue du splendide panorama

» de bois, d'eaux et de montagaes qui se déroulait de^ » vant lui, et son imagination lui présenta cette cot- » line comme le futur entrepôt d'un commerce inté- » rieur et la métropole d'une province future. Sous i> l'empire de ces pressentiments, il i appela Mont- » réal, et le temps qui a étendu le nom à l'ile entière, f est en voie de réaliser les prévisions de Cartier *. » Malgré le scorbut, l'hiver fut passé à l'ancre et ce fut seulement dans le courant de 1S36 que Cartier rentra en France, non sans avoir pris possession de ces nouveaux territoires, au moyen d'une croix et d^un bouclier aux armes de France, com[nc à Gaspé.

Dans ses relations de voyage, Cartier n'avait pas flatté le climat âpre et sévère de ces pays; il ne les avait pas dépemts coin me i lc nouveaux Eldorados. Cette circonstance refroidit le zèle des aventuriers; François P"^ était, d'ailleurs, tout entier à sa troisième lutte avec Charles-Quint. Cependant dès 1540, les projets de colonisation étaient repris et Cartier faisait partie, avec le titre de capitaine général et de premier pilote, d'une troisième expédition. François de la Boque, seigneur de Roberval, gentilhomme picard, fut nommé vice-roi de Norimberie, nom donné à la vaste région qui s'étend près du golfe et le long du fleuve Saint-Laurent. Titre pompeux et sonore! Mais où trouver les honnêtes artisans que Roberval devait

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