RER TEE LAS PISE
basse, en bois, blanchie à la chaux, aux volets verts ou rouges et au toit recouvert de minces bardeauæ. C'est la maison normande ou bretonne.
Le rez-de-chaussée se compose d’une seule et vaste pièce, l’appartement, comme on dit encore en Normandie, servant à la fois de cuisine, de salle à manger, de salle de réception et de chambre à coucher.
Au centre, un énorme poêle; près d’une fenêtre, une lourde table de bois brut; dans un coin, le lit de famille, large, et si haut qu’on n’y peut monter sans le secours d’un escabeau ; un baldaquin supporte desrideaux de perse bleue, rouge ou violette représentant un village, avec des personnages plus grands que le clocher de l’église; tout près, les berceaux des plus petits.
Dans un autre coin, le dressoir en bois brut garni de plats ct d’assiettes multicolores; aux murs, quelque image d'Épinal, grossière enluminure, représentant le Christ, Napoléon [* ou le martyre d’un saint quelconque ; au fond du lit, un crucifix surmonté du rameau bénit. Aux poutres noircies par la fumée est accroché le vieux fusil à pierre, avec la corne à poudre et le moule à balles. C’est le vieux « fusil français », dont l’aïeul s’est servi jadis dans les excursions de chasse; c'est avec cette arme qu’il repoussait l’Indien et combattait l'Anglais.
Près de la fenêtre aussi, le vieux rouet de l’aïeule ; chez les plus aisés, le métier à tisser et le grand coffre de bois, qui sert d’armoire et de siège d'honneur.
L’habitant est matinal ; à quatre heures en hiver, à six heures en été, il se met au travail jusqu’au déjeuner ;