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faisant rouler des canons pour faire croire à la présence de troupes beaucoup plus nombreuses qu’elles ne l’étaient réellement.
Le parlementaire remit à Frontenac la sommation rédigée par Phipps.
— Je voudrais rendre la ville, dit le gouverneur après avoir pris lecture de la pièce, que tous ces braves gens ne me le permettraient pas.
L'officier demanda une réponse écrite.
— Allez, Monsieur, je vais répondre à votre maitre avec la bouche de mes canons; qu’il apprenne que ce n'est pas de la sorte que l'on somme un homme comme moi.
Aussitôt les batteries ouvrirent le feu. Le premier boulet coupa le pavillon amiral et le précipita dans le fleuve; malgré le canon et la fusillade anglaise, des hommes se jetèrent à la nage et rapportèrent le drapeau anglais; il fut placé dans la cathédraie de Québec, et y resta jusqu’en 1759, où l’église fut incendiée pendant le siège.
Après avoir bombardé la ville pendant plusieurs jours et tenté un assaut, les Anglais furent repoussés, laissant plus de six cents hommes sur ie champ de bataille et abandonnant toute leur artillerie sur le rivage. Un autre corps d'armée, qui s’était dirigé par terre sur Montréal, fut complètement décimé par la petite vérole et forcé de regagner Boston. .
Profitant de ces succès, M. de Frontenac donna le commandement de l'armée à M. d’Iberville qui, dans
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l'été de 1696 , s’empara de l'ile de Terre-Neuve et, au mois de mai de l’annéesuivante, reprit les forts de la baie d'Hudson.
Le traité de Ryswick (1697) mit fin à la guerre et restitua l'Acadie à la France.
A cette époque, l'Amérique du Nord semblait bien plutôt destinée à devenir française qu’anglo-saxonne. Si # Louis XIV avait permis aux huguenots d’émigrer., il eût certainement atteint ce résultat. Eux seuls à cette époque, désiraient quitter la France ; à eux seuls il était défendu de s’expatrier. Ils auraient été heureux de transporter dans le nouveau monde leur liberté religieuse,
leur fortune, leur esprit de suite et d’entreprise.
Plus habile que la France, l'Angleterre permit à ses puritains de s’exiler et d'aller fonder une autre patrie au delà des mers, et c’est cette imigration qui a constitué le noyau du grand peuple américain.
Dans la Nouvelle-France, les colons étaient désignés par le roi, et l’on envoyait tout le monde, excepté des huguenots ; de par l: loi, aucun hérétique ne pouvait aborder sur le sol de la Nouvelle-France. Ceux qui, persécutés, quittaient la France, pouvaient aller enrichir la Hollande, l'Allemagne, l'Angleterre, tous les pays, excepté le Canada. Et quand vint l'heure de jouer la grande partie dont la possession du nouveau monde était l'enjeu, un des deux combattants avait trois millions de sujets répandus sur le territoire, tandis que l’autre ne comptait qu'une poignée de soldats , quelques Indiens convertis, des coureurs des bois etune milice fournie par soixante ou soixante-dix mille habitants prêts à combattre
en héros pour la France, mais dont les familles mouraient de faim quand les chefs étaient eurôlés pour une longue période.
Telle était l'état de la Nouvelle-France au commencement du xvine siècle, pendant lequel nous devions perdre nos colonies de l'Amérique du Nord.