CHAPITRE VIII
Les voyageurs. — Les chantiers. — Les exploitalions de bois. — Les squaters. — La naissance d’une ferme.
Le Canadien-Français que nous venons de voir forme le fond de la population fixe, stable des villes et des villages : c’est l'habitant. A côté de celui-là, il yen a un autre, le voyageur. Nous le rencontrons sur la route du Manitoba, chasseur, canotier, manœuvre, surtout bûcheron. Eh! c’est bien aussi un Canadien-Français, parlant français, et le type le plus vigoureux de cette race forte. C’est dans la vallée de l’Ottawa que se réunissert le plus grand nombre de bûcherons; les Anglais les appellent lumbermen.
C'est pendant l’hiver, alors que la neige durcie offre aux transports des facilités que l’on demanderait vainement aux routes les mieux entretenues, que se fait la grande exploitation des forêts canadiennes.
A la fin de l’automne, plus de vingt-cinq mille hommes se dirigent vers les bois, s'enfoncent dans leurs profondeurs pour ne sortir de leurs retraites qu’au printemps.