‹ Les Français en Amérique [microforme]Chapitre 39 sur 43 · PEROU LOUPET EST TES 2 + : . · texte numérisé non relu

PEROU LOUPET EST TES 2 + : .

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3 # — Portez, lui dit le premier Consul, vos théories sur

k li le marché de Londres.

S BE Le prix définitivement fixé pour la cession fut de qua-

4 FR tre-vingts millions, sur lesquels les Américains en préle- Fe vérent vingt pour payer les indemniiés dues par la k France aux citoyens américains. M. Marbois et MM. Lif : vingston et Monroe signèrent le traité le 30 avril 1803. 1 Quand ils se levèrent, après la signature, les pléniki

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— Nous avons vécu longtemps, dit Livingston, mais c'est la meilleure besogne de loute notre existence.

Le 30 novembre 1803, devant les troupes rangées sur la place d’armes, au bruit des décharges d'artillerie, Salcedo avait remis à M. Laussat les clefs de la Nouvelle- Orléans, tandis que Casa Calvo déclarait les habitants de la Louisiane relevés du serment d’allégeance envers Sa Majesté le roi d'Espagne, les couleurs espagnoles, flottant au mât de pavillon, avaient été amenées, et remplacées par le drapeau tricolore ; la Louisiane passait sous la domination dela France.

Le lundi 20 décembre 1803, avec le mème cérémonial, Laussat remettait les clefs de la ville, emblème de la propriété de toute la province, à MM. Clciborne et Wilkinson ; le drapeau tricolore, qui avait flotté pendant vingt jours sur la place d'armes, était remplacé par l’étendard étoilé et barré (stars and strips), et la Nouvelle-Orléans devenait une ville américaine.

Les formalités remplies, les commissaires des deux puissances purent être témoins d’un incident produit par les dernières impressions que causait ce changement.

« À l’arrivée de M. Laussat, neuf mois avant son rappel, la colonie avait pu se croire de nouveau française, et peu de temps avait suffi pour ranimer dans les cœurs de quelques vieux habitants des sentiments qu’une aussi longue séparation n'avait pu éteindre. Ils les manifestèrent à l'occasion du changement de pavillon.

« Pendant les vingt jours que dura la domination

française, celui de France avait flotté sur la maison de vaic. Des soldats français, retirés depuis quelques années à la Louisiane, d’autres amenés de différents lieux au Mississipi par des destinées et des intérèts divers, s'étaient réunis à la vue des couleurs nationales. Au nombre de cinquante, ils s’étaient, de leur propre mouvement, constitués gardiens d’un drapeau illustré par tant de victoires, et ils veillaient à sa garde comme si elle leur eût été consignée.»

Le changement des pavillons se fit par l'élévation de l’un et la descente de l’autre. Lorsqu'ils furent à mihauteur, 5a les y arrêta quelques instants, et l'artillerie et les fanfares célébrèrent cette union. Quand on vit celui des États-Unis s’élever au haut du mât et se déployer dans les airs, les Américains exprimèrent leur joie par les cris accoutumés; en même temps, les couleurs de la République française descendaient et furent reçues dans les bras des Français qui les avaient gardées : leurs regrets éclatèrent; et pour rendre un dernier hommage à ce signe, qui n’était plus celui de la souveraineté du pays, le sergent-major s’en enveloppa comme d’ur écharpe et, après avoir parcourula ville, il s’acheina vers la maison du commissaire français,

La petite troupe l’accompagnait ; elle fut saluée en passant devant les lignes des Américains qui leur présentaient les armes, battant aux champs, drapeaux déployés. Les officiers des milices, la plupart Français de naissance ou d’origine, suivaient en corps.

Laussat les reçut, et ils lui dirent :

— Nous avons voul1 rendre à la France un dernier

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témoignage de l'affection que nous lui conserverons

toujours. C’est dans vos mains que nous déposons ce

symbole du lien qui nous avait rattachés passagèrement à elle.

Laussat répondit :

— Que la prospérité de la Louisiane soit éternelle !

Quand un peuple est vaincu sur les champs de bataille, quand, pour prix de sa victoire, le vainqueur exige la cession d’une province, on plaint le sort des malheureux que la destinée contraint à changer de nationalité, et la patrie pleure ses enfants séparés d'elle. Mais que dire de toute une province qu'un souverain vend à l'étranger pour quelques millions ?

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