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Las d'adresser des réclamations au gouvernement anglais, les bas Canadiens levèrent l'étendard de la révolte. L’insurrection éclata le 7 novembre 1837 à Montréàl et se propagea bientôt dans toute la province. Ce mouvement porta le nom de rébellion de 1837.
En un jour, plusieurs milliers d'hommes se trouvêrent réunis sans chefs, sans armes, sans munitions, sans organisation d'aucune sorte. Ce fut comme une seconde Jacquerie. |
Les insurgés se battirent avec rage, avec héroïsme. Mais que pouvaient les faux, les fourches, les vieux fusils de ces braves, y compris le seul canon de bois dont ils disposaient? que pouvait cet attirail de guerre d'un autre âge contre une armée régulière ? Ils furent vaincus, c'était fatal.
Une première victoire, celle de Saint-Denis, les avait comblés d’une folle joie ; quelques jours après, ils étaient battus à Saint-Charles, et le mois suivant taillés en pièces à Saint-Eustache. Deux cent cinquante de ces héros patriotes tombèrent sous les balles anglaises, puis le village fut abandonné au pillage et livré aux flammes.
La répression fut terrible : sir John Colborne promena partout « la torche de l'incendie et ne laissa que ruines et que cendres sur son passage ». Des cours martiales, assemblées par son ordre, jugeaient en masse les prisonniers et les suspects. Quatre-vingt-neuf accusés furent condamnés à mort, quarante-sept à la déportation, les biens des condamnés confisqués. La plupart virent leur sentence commuée ; mais douze d’entre eux furent exécutés.
A la suite de cette insurrection, le haut et le bas Canada furentréunis en une seule province, tout en conservant leur autonomie et leur administration séparée ; mais les assemblées législatives ne formèrent plus qu’un seul parlement, composé d’un conseil législatif, dont les membres élaientnommés à vie. et d’ane assemblée législative de quatre-vingt-quatre membres élus en nombre égal dans les deux provinces.
Le but poursuivi par l'acte d'union (Union bill) des deux provinces était l'anglification des Canadiens-Français ou l’anéantissement de leur race. Il renfermait une foule d’injustices qui ne firent que s'aggraver par le développement prodigieux de l’élément français; ils étaient alors huit cent cinquante mille ! On ne pouvait espérer détruire un peuple aussi nombreux, aussi fort, aussi attaché à sa langue, à ses mœurs, à sa religion, à ses traditions. L’Angleterre résolut de l'utiliser pour son propre comple.
Pour mettre fin aux luttes continuelles des deux nationalités, on proposa, en 1860, la réunion en une seule confédération de toutes les colonies anglaises de l’Amérique du Nord. Ce projet, longtemps ajourné par les Canadiens-Français qui se seraient trouvés inférieurs en nombre, finit par réussir. Le 27 mai 1867, le parlement métropolitain vota la confédération du haut et du bas Canada, du Nouveau-Brunswick et de la Nouvelle- Écosse, réservant à toutes les autres colonies le droit de se faire admettre dans la confédération, la « Dominion ».
Le 15 juillet 1870, les vastes territoires de la baie
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d'Hudson furent adjoints à la confédération; la Colombie anglaise envoya son adhésion le 20 juiliet 1871, et l'ile du prince Édouard, le 1* juillet 1873. Seule, Terre-Neuve est encore restée en dehors.
Une habitation canadieune en 1885.
Aujourd’hui, les Canadiens-Français, au nombre de UN MILLION CINQ CENT MILLE environ, ont su conquérir toutes leurs libertés, leur indépendance, et conserver
leur caractère, leurs mœurs et leur langue naturelle ; onze cent mille habitent la province de Québec, les autres sont répandus dans la Nouvelle-Écosse et les îles du Saint-Laurent; ce sont les Acadiens.
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