‹ Les français et le nord-ouest canadienChapitre 10 sur 34 · CES · texte numérisé non relu

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les-cultures-et—les-récoltes-de foin faites à la fau- “cheuse. En fait, le ‘déboisement partiel du: sol, puisqu'on ne voit dans la prairie que des îlots d'arbres, est. un avantage, puisqu'il permet une | exploitation facile. |

La confection du cadastre marche. avec la colonisation. La vieille méthode du Saint-Laurent consistait à diviser le sol en pércelles ayant leur façade sur la rivière et s'avañçant en droite ligne jusqu’à 2 milles (3:200") dans l'intérieur. Ce système a été appliqué dans la vallée-de la Rivière Rouge et de quelques-uns de ses affluents. Là les terres qui . avaient été concédées aux anciens habitants, la plupart métis,'ont été. vendues par eux le plus. souvent à des spéculateurs. La méthode actuelle est des plus L simples: elle a été "empruntée aux Etats-Unis.où elle -a fait brillamment ses preuves. Le sol est divisé en townshipes carrés ayant 6 milles (9.654 mètres) de - côté, soit 36 milles carrés : les côtés sont orientés Nord, Sud, Est et Ouest. Le townshipe- est divisé ‘ ensections de 1 mille (258 hectares) carré chacune. Les sections paires, sauf deux concédées aux ‘écoles et à la Compagnie de la. baie. ‘d'Hudson, appartiennent à l'Etat. Les sections impaires ont été

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LE

‘données, comme subvention, à la Compagnie de

chemin de fer traversant le pays.

Les__ sections : de .lEtat sont fractionnées. en

‘quafre parties égales. Chacune de ces parties, Soit G4 hectares, est cédée par l'Etat au colon comme homestead, c'est-à-dire que le colon en devient ;propriétaire, après trois ans, s’il a habité sur cette terre et en a cultivé une certaine surface. Le droit d'inscription que l’on verse dès qu’on a choisi l’'homestead est de dix piastres. Les sections qui sont la propriété de la Compagnie du chemin de fer et de la baie d'Hudson sont à vendre, et leurs prix varient suivant le ‘plus ou moins d’éloignement du chemin de fer. Le paiement se fait en dix ans, par dix parties égales, avec l'intérêt à 6 °/ ; on peut se libérer: par anticipation. Ce système évite les erreurs pät sa simplicité, et les cultivateurs se sentent attirés vers des contrées où la propriété naît entourée de tarit de garanties. Il y a cependant un inconvénient sérieux, c’est l’impossibilité de groupement des familles dispersées sur cet immense damier. | Dans la région du Nord-Ouest qui nous occupe, pas de ces défrichements pénibles qui découragent ‘si souvent les plus “habiles et les plus persévérants ; pas d’enlèvement de pierres, pas de creusement de

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fossés. Le sol est naturellement préparé pour la

culture et son horizontakié permet l'emploi d'instru-

ments perfectionnés.

L'eau éSt fournie, soit par les cours d’eau ou les

sources, soit par les puits ou les citernes. Le voisi-

Le nage des rivières, des ruisseaux et .des lacs, si nombreux dans ce pays, est bien appréciable à cause surtout des soins à danner au bétail.

Les sources sont rares, màis fournissent de bonne

‘eau, qui forme mare, ou va rejoindre Île ruisseau

voisin. Les citernes, creusées, dans la plaine, ‘con. :

"servent aussi longtemps de l'eau potable. Enfin, et ce moyen peut, être employé partout, il est facile de creuser. et de forer des puits et d'atteindre toujours ainsi, à des’ ‘profondeurs friables, la couche d’eau qui quelquefois, mais rarement, a uné saveur peu agréable. ° Quant au bois, on le rencontre un peu partout sous le nom d’ «îles de bois. » Iln est généralement

Der utilisable que pour le chauffage ou pour la confection

des clôtures. Le saule, le peuplier, :le tremble-sont .l£s espèces les plus répandues. Quelquefois on trouve du ‘chêne, et dans le pays on prétend que, là .

où il croît, le terrain est excellent. La question du

chauffage est du reste résolue. Outre le bois et quelquefois la paille, qui n’est pas toujours utilisée,

Je N..

il existe, au .Sud de lAssiniboine, dans Île. district.

de la rivière Souris, des mines de charbon bitü:

gares du C.,P.R.- —

€e qui est dit pour la Rivière Rouge convient

aussi dans les grandes lignes pour les autres régions.

* Nous savons que le Sud, quelque peu montueux, :

est plus sec : les pentes regardant le midi, d'où

«4 viennent les nuages chargés” d'humidité, sont. boi-

sées; la préparation du Pois de chauffage est même

un: des travaux d'hiver les plus lucratifs du colon.

- À partir: SE Regina, la plaine est dénudée « SUT Un

espace d'environ 1.500.000 hectares; il n'y a d’éta-

blissements ‘possibles que ceux ayant pour but l’éle-

. vage. en immenses ranchs, Cette herbe, haute'-à

peine de six pouces, dont les plants sont espacés

de façon à laisser voir partout le sol sablonneux où.

mineuk-fort-bon-—marché; rendu—aux- différentes —

elle croît, conserve sa saveur ctfisa. force nutritive, -

même au milieu des rigueurs de l'hiver au point \

‘que quelques jours en ces singuliers pâturages ‘suffisent pour remettre en bon état des chevaux “épuisés par le travail !. » Enfin le haut Alberta et JasSaskatchewan sont plus. boisés, mieux irrigués

que le Manitoba, et sont déjà célèbres pour l'élevage

1 Esquisse sur le Nord-Ouest, par Mgr Taché. ae

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30 © LES FRANÇAIS | ce 4 | -

sous le nom de Piémont canadien. Mais la valeur

du sol n'est pas seulement dans sa fertilité, elle-est

aussi dans les richesses-minérales-qu'il-recèle;-et;

bien que nos renseignements aient seulement en

vue lés questions agricoles, il nous faut dire un mot de l’avenir miniet du Nord-Ouest,

Les’ couches de charbon bitumineux. s'étendent dans l'Ouest et dans le Sud de l’Assiniboine (district de la Souris) ainsi que dans le Sud de PAlberta;

| d’après des sondages encore incomplets, ces mines. seraient d'une étendué‘éonsidérable et d’une richesse inépuisable. Dans la Colombie britanniqué ‘et l’AIberta, les Rochèuses sont un vrai trésor minier: On y trouve l'argent, le cuivre, le charbon, surtout de. l’anthracite de qualité supérieure, dont l'exploitation se développe « dans divers centres voisins de la grande ligne du Canädian. Plus au Nord, dans la - vallée du Liaïd-et de ses affluents, on a découvert de riches gisements, , mais ce sont maintenant : des Compagnies qui exploitent le métal jaune.

7 Quant au climat des régions qui nous. intéressent, il est essentiellement continental. Les grands lacs qui couvrent une si vaste superficie de ces territoires ne le modèrent pas. Les températures de l'été +. et de l'hiver sont donc extrêmes; les saisons inter-

. Mmédiaires, printemps ct automne, à peine indiquées ;

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Me Rp serge re ae

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: , | - er.

et enfin On remarque üne grande différence de tem-

. . nu ee : pe .

pérature entre le jour et la nuit. La saison d'hiver.

est extrêmement froide : le thermomètre y descend, exceptionnellement il est vrai, jusqu’à 42 degrés

au-dessous de zéro. La température moyenne ést

plus élevée, mais même les plus grands froïds sont: :

faciles à supporter à cause de la sécheresse. Le ciel est dégagé, le soleil brille et, si la température de la nuit a Eté extrême, elle -s’élèye peu à peu sous l’action des rayons solair set souvent, au ‘milieu du jour, le thermomëtré se tient à — 8 ou 10°. N

La neige, sous ce climat sec, tombe en faiblé quantité, les hours sont faciles. À à frayer : c'est là

saison des bons chemins. Dutant l'hiver, ‘parfois

des tempêtes soulèvent et font voler la ‘heige

comme de la poussière ; aussi Les appelle-t-on dans le pays : poudreries. Elles ont fait plus d’une fois courir aux voyageurs qu elles surprehaient.de véritables dangers : transis, aveuglés, ne voyant” plus aucun indice qui, pût les guidér : “sur la plaine uniformément blanche, les malheureux pouvaient payer bien cher leur inexpérience. Îl est à noter | que dans l'Ouest les tempêtes ne sont pas désas- | ireuses et qu’on y est à l’abri de” ces ouragans qui,

sous forme de tornados, désolent si fréquemment

les Etats-Unis. Enfin, on n’a pas au printemps de

. . OX ces alternatives de gel et de dégel, si préjudiciables

aux plantes nouvelles. C'est la saison des mauvaises

routes-:-le-sol-détrempé devient glissant.

L'été arrive, extrême aussi, puisque le thermo- -mètre indique jusqu’à 35°; masi les grands froids -

ne font pas souffrir à cause de la sécheresse, les

grandès- -chaleurs sont supportables, ‘grâce à la fraicheur des nuits. A l'inverse des pays chauds, où les nuits, presque aussi chaudes. que les jours, -ne procurent aucun repos, ici l’abaissement de la température de la nuit repose et vivifie non seulement les êtres, mais encore les plêntes que l’on retrouve au matin recouvertes de rosée: Telle qu'elle est, cette saison dièté est très favorable à la culture, car elle est assez humide et assez longue. er à Nous savons: que la” sécheresse n'est à craindre que dans-la partie méridionale du territoire, à l’ Ouest DE | . de la Rivière Rouge. Les pluies tombent pendant la végétation, et le fait qu’elles ne sont pas très

abondantes ést favorable pour le pays où, l'été étant

- court, la croissance et la maturation doivent être

rapides. Outre les pluies, lesol garde une humidité ‘suffisante : ‘d'abord parce que les couches inférieures de glaise imperméable conservent la fraicheur — ensuite parce.que la terre, qui pendant l'hiver a

été gelée à une grande profondeur, libère peu à s à : f : : . .

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s . à - ss

peu, par un: dégel progressif, une certaine quantité

d’eau. Enfin Ja saison__est-suffisamment bonne, car

7 “et

les moissons sont mûres dans le. courant d'août et les premières gelées n’arriÿent au pt Er

AÔt que: vers le 7 septembre. .

Ces gelées précoces, un des gros griefs contre le,

Manitoba, n'ont, depuis soixante aùs, atteint, ar

Rs -tiellement la récolte du bIÉ qu’aux'an ées 188; 884

et 1885, et cela, pare que les semailles avaient été tardives. Il faut remarquer que les vallées de la. Rivière Rouge et de l'Assinibéipé, jusqu À ‘Portage ;

‘la Prairie,:sont à l'abri des gelées précoces. Du côté:

‘ d'Edmonton, et dans ja vallée de  Saskatchewan,

les gelées arrivent un peu plus tôt. Le blé, sur les

terrains bas, y est seul exposé, et peut-être n’en

sera-t-il pas toujours ainsi, car, chose universelle. ment reconnue, quoiqu’insuffisamment expliquée, . la mise en culture des régions modifie le climat en l'adoucissant.. CU ose » Lo

Si, pour ‘la. Végétation, . ‘le climat est favorable, ‘ -peut-on dire,qu’ il “est, égñement bon pour ses habi-: ‘tants? Les colons répondent qu'il est excellent, et, à ce point de vue, tous se louent du pays : le froid,

ce puissant tonique, y est pour beaucoup. L'atno:

- sphère sèche a rendu la vigüeur à plus d'un colon”

‘venu des contrées humides, telles que le bas Canada. .

NORD-OUEST CAi ADIEX

En + sr,

a 7 u =. LES ECS

| Ce. pays est. exééllent pour. les : races sufopéennes,

cellesiau. midi exceptées. DE

ténce pour une “colonie; et. -nôUS” partageons . cette,

-.Spinion, très répandue, que c'està cause .du climat:

. que: le. déveléppement.. de nos colonies. rencontre

tant de difficultés. Sauf. l'Algérie et la Tunisie, ces” | ‘ . splendides. joyaux, et. ‘la Nouvélle- Calédonie, de: fait.

réservée aux “forçats, toutés 995. aûtres: possessions. L :

coloniales, étant, situées’: en pays: “chauds, sont défa-

vorables à notre race. Si: les’ tolons e sy affäiblis. .

sent ‘pas outremesure, ils ne peuvent. compter faire h

“souche. : L'Algérie. est -une terré de - “choix, . “inais. seulement pour tes méridiénaux : les gens du Nord,

s'ils’ Je souffrent ‘pas dans leur propre santé de ces.

chaleurs déjà très fortes, voient léurs ‘enfants aller |

en s’affaiblissant : : témoin les coloniés d'Alsaciens- . Lorrains qui y sont établies. d soccer . Nous croyons, ‘quant à nous, et avons été à même d’ entendge exprimer cette opinion. par des médecins coloniaux, que;.pour un cultivateur qui, voulant émigrer, fait choix d’une colonie, la première con- ditiôn, la plus indispensable’ de toutes, c'est que le

pays jouisse d'un, climat. semblable au, sien. ‘Sans.

cela, s’il va+en pays trop chaud même s Àl s’y accli-

mate, il y perdra, lui et'ses enfants, : as$ez d’ 'éhergie

- La question” “du climat- “st- de âété-plus-haëte impor =

ET.LE NORD-OUEST. | canañre/ + 85

| phÿdique ét morale bout que le succés lui échappe.

‘Si. bien.que. la. ‘détermination prise-pour-améliorer-

“sa position. tourriera à-un résultat. absolument .conraire. “Enfin, le: climat influe sur les qualités morä- . ‘les des populations. Er pays. froid, où, Ja vie: est ‘rude et ‘difficile; la lutte” pour l'existence fait appel. ‘aux ‘énergies’ de TP Homme, et développe son initiative

ét son caractère, vraies causes "de progrès pour: ‘un. -paÿs. libre. |

La végétation naturelle de l'Oüest : est peu variée. Lès îles. de bois’ qui. s ‘élèvent dans la prair} com. : prénnent le plus souvent les peupliers, lès saules et : Jes orrñes,” quelquefois le. chêne, le tremible et le ‘frêne, rarement le prunier et. le cerisier, dont, es -

‘fruits '* Sätivages soût “doux. Enfin les’ arbustes" sont.

fort prospères et noinbreux. On: rernarque en outre

‘le. houblon et la vigne vierge. tac ot

* Au point de vue agricole nous ‘savons que pour les. céréales. le Nord-Ouest est une terre de promission. Le blé 7! trouve dans les conditions les plus : favorables poùr. sa prodüction, Les espècèæ de blé dur, parmi lesquelles se distingue le « Red Fife dE [

= sont’ très ‘appréciées ‘de. la meunerifk donnent une farine réngmmée. Les rendements moyens pour. le: . . Manitoba ont été de 19 hectolitres 6 par hectare.

”. Les rendemerts les plus beaux ont atteint 27 à 3r.

et quelquefois 36 hectolitres à l'hectare : mais ces [

“derniers, n’étant que des exceptions, ne sont pas à :

.considérer. .

-Les autrés céréales, telles que l'orge et l'avoine,

-rencontrent-aussis. : au Nord-Otüest, les meilleures

ta

conditions de croissance, et.y donnent de superbes récoltes; mais les surfaces emblavées éont Surtout en blé, et-Jes autres céréales réunies ne s'élèvent: qu'aux trois quarts de la production du blé. On

remarque; comme produits de grande culture, quel-

ues champs de mil; enfin le seul fourrage artificiel s, vraiment rémunérateur, et que l’on com-.

à cultiver sur les avis des fermes-écoles, est lJe nat$-fourrage.* L | L’ herbe dela prairie, quoique dure, est un excellent pâturage et perinet la rééolte du foin sans autre frais que le travail. de fauchage et de mise en‘fèule,

car les villages sont établis trop” “loin les uns des

- AXaUtres $ Pour ne pas. laisser- entre eux de vastes sspa-, > L

"ces sur lesquels va pâturer e et” récolter. qui veuf: Ces: A. =. terres appaftiennent, soit à l'Etat, soit à des spécu ” lateurs, soit à des compagnies : il en sera encore longtemps ainsi ; car le $ol libre a.une immense étendue, et les nouvelles colonies ont soin de ne pas, se placer trop près de leurs sœurs et de laisser entre

elles ces bandes de prairies dont le colon profite sans .

&. : . ET LE NORD-OUEST CANADIEN - 37 bourse délier. Somme toute, ce sont les compagnies “et les spéculateurs qui procurent ces pâturages gratuits, et ils ne peuvent faire. autrement. Toutefois,

si le colon voulait faucher sur une trop grande éten-

due, ce qui ne se présente que très exceptionnellement, le droit de récolte est cédé par le propriétaire pour une faible somme appelée « le droit de foin. »

Quant à la culture des légumes, elle réussit aussi parfaitement dans le sol du Nord-Ouest ; pommes de

‘* | terre, choux, pois et autres légumes des pays tem-

pérés ; maïs que les Anglo- -Saxons aimaient quand le

grain est encore liteux : tous ces produits constituent en outre une culture des plus rémunératrices.

- Les fruits prospérant dans le pays sont ceux des

arbrisseaux, dont beaucoup croissent naturellemenk. .

Les groseilles, les framboises, les fraises, les‘éadeilà. : | surtout donnent de fort belles récoltes se veñdant : tt cstrès bien dans les villes. Les essais de plantation des US: essences frlitières d'Ontario, même les pommiers, CE ces arbres“ du fnida, n’ont: pas” encore, réussi : en

; hier, dans LES ifamenses ‘plaines que leYent par-

court sans obstacle, les sujets sont gelés. Les expé-

riences continuent cependant, et peut-être qu'avec un rideau d’arbres-abris on obtiendra des résultats. Les espèces animales naturelles au pays sont bien

réduites maintenant. C’est pour mémoire qu’il faut

38 LES FRANÇAIS dire un mot du bison des prairies, aujourd'hui disparu. Les seuls qui peuvent en parler. de visu sont de-rares missionnaires qui accompagnaient les tribus

indiennes dans leurs chasses. Ils ont gardé de cette

opposer au temps présent. Ces immenses territoires du Nord-Ouest qu'ils parcouraient, ils les trouvaient tellement vastes, tellement vides, que; sous l’impression d’une solitude sahs pareille, ils se disaient : - Non, jamais personne ne séjournera ici; jamais n’ÿ paraîtra la charruel Et maintenant les babitänts, le blé, les chemins de fer envahissent ces régions.

La chasse au bison, que, au début, l’Indien n’entreprenait que pour sa vie, car la bête lui fournissait nourriture, vêtèment, corde,. devint plus tard, avec. l'aide des métis ét des blancs, une véritable tuerie. . Les Indiens s ‘approchaient avec précaution du bufalo

: .-qui,.cofime une immense tache noire dont parfois . on né voyait pas les limites, s'étendait dans la prairie. Une foule de cavaliers, tournoyant autour du LE roupeau en marche, en détachait un fragment ; on‘ * exterminait le lus qu on pouvait, et plus d’une fois

+ 4 on a fait tomber la bande dans un piège où on ache-

vait ceux qui n'étaient pas ou écrasés ou tués. Après,

longues lanières pour la faire sécher ; mais il fallait

époque u souvenir vif et curieux qu’ils-aiment-à—

7 on préparait. le taureau, on découpait la viande en

pour cela dé la viande fraîche, et telle troupe d’Indiens qui pouvait dépecer vingt bisons en tuait qui p P 8

néanmoins des centaines : la viande alors se gâtait.

Eñ so au lieu d'une: exploitation réglée, ce fut, à art É 1850, un véritable massacre. Dans ces follés hécatombes, on ne tuait quelquefois que pour se procurer la langue de l’anjmal, morceau de choix. La‘race-n'y put survivre et/des millions de bisons qui, au dire des natüralistes, barcouraient Îles praries de l'Ouest, il ne reste plus que quelques spécimens conservés dans des parcs et, dit-on, quelques troupeaux de. bisons des forêts, peu différents ‘de ceux dont nous parlons, troupeaux espacés dané le Grand-Nord, dans le bassin du Mackenzie.

Le castor, qui a été chassé à à outrance, tend adisparaître : il ne reste plus que très peu de lièvres ct encore moins de chevreuils. En revanche, ce qu'on appelle les chiens des prairies, bêtes malfaisantes qui rongent les racines des plantes, pullulent dans certaines régions de l’Assiniboine, surtout dans les prés où, ils creusent des terriers. On cite. comme : animaux à fourrure : le caribou, le blaireau, le visoIT, la märte, le renard, le chat sauvage, la loutre, etc. “Dans la vallée du Manitoba il y a nombre d’oiseaux qui rappellent les espèces d’ Europe : la grive, la sarcelle, le canard, le faisan et surtout la poule

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des prairies, qui est abondante et ressemble à la

perdrix, mais de plus petite tailie.

Les poissons sont abondants; les plus répandus

‘sont : les truites, les brochets, les carpes, les an-

guillés, les barbues et surtout les poissons blancs.

Cette branche de richesse n’a pas encore été exploitée

utilement. : | Enfin le pays du Nord-Ouest est très favorable

à l'élevage. Chevaux, bœufs et vaches laitières y

apfospèrent à l’envi. Les moutons, introduits il y a

“croissent ou engraissent peu;et-les vaches laitièr

quelques années Sür les terrains élevés de la prairie, -

près des Monragnes Rocheuses, y ont déjà donné de

très-beaux résultats. Quoi qu’on en ait dit cependant, il faut, dans cette région, hiverner le bétail, c'est-à-dire lui procurer ‘un abri très sommaire, et

lui donner nourriture. Un pue al hiverng | TT.

voit la mortaHté.s’accroître été à Para res he

donnent moirÿ de lait. UOTE

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