‹ Les français et le nord-ouest canadienChapitre 12 sur 34 · CS · texte numérisé non relu

CS

. Ces: établissements sont fondés su, le modèle “Eonpéfati Les patrons sont les cultivateurs qui vienrient apporter leur “lait. À la fin du mois, le. éurrier ou le frémager. fait la, répartition des

recettes-proportionnellement-aux-quantités de-laitversées par chacun'des propriétaires, déduction faite ‘de tant ‘/, pour frais de fabrication. La fromagérie ne rend rien au cultivateur, mais la beurrerie rend le lait écrémé à l’écrémeuse centrifuge, et ce lait pauvre sert à la nourriture des veaux et à l’engrais des porcs. | L'élevage dans les ranchs est ‘bien différent : il se fait sur d'immenses troupeaux. Aussi faut-il s’éloigner des lieux habités, aller dans la prairie viergel jusqu'aux espaces que la’ colonisation n’a pas atteints. Sous la surveillance des cowboys, les bêtes à cornes ou les chevaux sont en pâturage .dans de vastes étendues de prairies louées à des prix minimes ou libres, quand il n’y a pas, de concurrents pour < la location. Les visites sont faites annuellement. Pour l’hivernage, on. ne fournit que des abris et -une-maigre nourriture quand. les . pâturages sont trop couverts paï la neige. Les éxpéditions se. font .par la Compagnie Pacific-railvay. Les bêtes sont rassemblées dans une enceinte palissadée, avec une ouverture donnant sur les wagons où le bétail

s'empile de lui-même. Un train est ainsi vite

chargé. A | - DUO ‘ 44 :

Les moutons|-sont no seulement gardés, mais

On les élève sur es légers

PR

| 9. ee 44 à mot LES FRANÇAIS

Tr nn qui “fornrént ‘faite entre le Missouri et :: l'AR niboine, , ou encore su à marche élevée de

ja rie, près des Rocheuses; dans l'Alberta. Toutés.

RU les’ races introduites y. ont prospéré. L'été, les mou- Fe tons sont conduits sur les’ liepx de pâturage; l'hiver, +: AS sont réunis dans des abri dont les murs sont en “* - terre; le toit en chaume, ou Plutôt en paille, repose ' sur des perches; c'est suffisant, car le tout gèle en

hiver et ne forme qu'un bloc. La nourriture est

D * aussi du foin fauché et mis en meule. Des commis-

sipnnaires. achètent ces troupeaux et g prennent livraison. | fo

.- ÆExaminôns maintenant. les autres ondisions de l'agriculture dans le- Nord-Ouest. -

‘ Dépenses + d'établissement, achats . 2 Le bétail

s'âchète, soit chez les cultivateurs. déjà établis, soit

venant des ranchs. Si l’on veut se monter en grand,

‘il est préférable de faire ses acquisitions sur les

lieux d’ Élévage au Canada a, x Etats-Unis. Pour

d 1 donner une idée des prix déQannée dernière : près

.de’Winnipeg, une vache laitière se vendait de 25 à

30 $ (c’est-à-dire dollaïs ou pia$tres : le dollar peut.

être considéré comme une pièce de 5 fr. mais sa valeur réelle .est d'environ 5 fr. 25); les veaux à !

quatre mois, pour la boucherie, 10 $% une paire de

auprès des mmerçants . -qui. parcourent: le ‘gays, «

a DCR

bœufs, dans les 100 $; les chevaux de pays, de 100 à 150 8 la paire; une belle paire de lourds chevaux, 300 $; le mouton, 5 à 7 8 la paire; dans les parcs, 4, 25 ,$ en gros. Les “Mennonites four-

nissent d’ excéllentes bêtes à çsornes-et sont sûrs en

affaires. Ces chiffres n’ont pour but que de donner

.une idée approchée; cat il n'est pas de branche. où l'appréciation de la qualité, l’art de marchander modifie plus les prix. .

Les machine$ agricoles que l‘on.trouve dans lé pays sont très perfectionnées ; mais, pour les mettre.

- à la portée des petites bourses, elles sont faites en

fonte, par suite ont une durée moyenne. Cette

branche de commerce est'entre les mains ‘de syndi-

cats qui maintiennent les prix. En payant au comp-

tant, on peut obtenir de forts rabais, et cela, chose

curieuse, près deswmaisohs les mieux assises et les

plus riches; mais le système ordinaire est la vente’à

crédit ; les prix sont établis en conséquencé et l’agri- ,

culture paie lourdement l'intérêt de sa dette. Pour

donner un aperçu, une moissonneuse-lieuse perfec- :

——.ftionnée valait à Winnipeg, en 1894;,.de 100 à 140 S.

| Les réparations à ces. machines sont hors de prix,

par suite de la rareté des bons ouvriers, et l'on

considère qu'il vaut mieux marcher aussi long-

‘temps que possible avec sa machine usée, à laquelle |

à «“ Leg

on ne fait que de faibles. et imparfaites réparations ; ; à la dernière extrémité, on la remplace par une neuve. ,

- Souvent les colons oublient dans ces achats les

principes de prudence les plus élémentaires, et cela

à cause de leur précipitätion et de. leurs idées-pré- -

conçues : ainsi ils se montent en bloc au lieu d’ache-

ter successivement: au fur et à mebure d'occasions favorables, qui sont fréquentes dans ces contrées où la population’ est si mobile. Quelquefois ils. s'ins-

tallent avant d'avoir acquis ‘une connaissance suffi-

sante.du pays, c'est-à-dire d’après les plans faits en .

Europe, sur des données plus où moins fausses. En

. TN % . Outre, ils s’en laissent trop souvent imposer par-de

beaux parleurs qu'ils ne connaissent pas et dont ils.

suivent les avis intéressés, au lieu de s'adresser à des personnes de confiance, Ces gens, qui vivent: de l'exploitation de l'éndigrants ces, sharps » (wialins],

comme Ôn dit dans le pays, sont malheureusentt Ts

trop répandus ; aussi celui qui, dès. Son. arrivée, ‘se défie de tout individu qui lui propose une affaire, n’a, en général, pas às 'en-repentir.

Enfin, et ceci est une erreur capitale, beaucoup

de colons abusent du crédit. Dans le but d’affgmen-

ter leurs affaires, les commerçants de toute spécialité

n 'hésidbnt pas à faire les plus importantes avances:

FA

Page 1