CARS
ju t ' L'ON Paréree, PE a,
dettes antérieures que poër dettes postérieures, un,
ans-une superficie plus vaste (55 millions d’hectares) que celle de la France a été occupée en homesteads.
Les populations devenues propriétaires n’en ont pas
pour cela été fixées au sol. « Le Yankee, disait.
Michel Chevalier, n’a pas dé racines dans le sol : il est étranger au culte de la terre et de la maison paternelle ; il est toujours en humeur d’émigrer. »
Le colon qui a de l’argent disponible, si peu que ce soit, achète généralement dans le pays où passent les chemins de fer et où, par suite, il trouve des débouchés pour ses produits. -
On croit, à l'étranger, qu’il n’existe pas de’ terrains disponibles: ou qu'on en demande des prix trop élevés : c'est une grave erreur. Les spéculateurs et
les compagnies détiennent des régions entières du
ays soi-disant colonisé, et les conditions d’établispay L :
sement sur les terres fertiles sont faciles. Nous
avons, en parlant des différentes zones, donné une idée des prix. | Une des’ fautes que l'on reproche aux nouveaux
arrivañts, c’est de vouloir acquérir un grand do-
maine. En Europe, toute parcelle de terre est pos-
. Sédée; chacun, par suite, n’exploite- que son lot et
veut s’agrandir. Au Nord- Ouest, au contraire, nous l’avons vu, le pâturage et la récolte du foin sont
libres sur les vastes espaces vacants qui entourent
D pre ts
te
les paroisses. Avec des conditions différentes, il
faut des procédés différents, et si, en Europe où on
applique la culture intensive, il faut pour augmenter
Là
ses-affaires occuper plus de”terres; ici; Où on fait principalement de l'élevage, il'en est autrement,
puisque les pâturages sont illimités : il suffit
, d'aéheter du nouveau bétail. Point n’est besoin
‘ de posséder ñe plus grande surface : : il faut seule-
ment avoir la surface voulue pour la production des
céréales que l’on veut obtenir. Aussi considère-t-on,"
dans le pays, que le mieux est de posséder peu de
terre, mais de terre bien située, car, avec la culture
"mixte, üne grande étendue ne serait pas entièrement
cultivée et l'argent ainsi employé serait immobilisé.
On pense aussi que le colon qui étudie assez long-
temps le pays trouve facilement une occasion favo-
rable de se procurer des terres défrichées, même
Î des bâtiments ï des clôtures, et-diminue de ce fait.
son capital d’é ablissement. On voit donc que les conditions d'installatiéä” sont très diverses et se prêtent à tous les moyens, même à ceux des.paysans pauvres. Cés procédés sont d’ailleurs conformes au principe de la division du territoire. Le premier
occupant défriche, fait.les grosses améliorations et
vend alors sa terre “hnitfermier, miéux muni de
Lo
capitaux, qui peut cultiver d’une façon plus parfaite.
ut
-Les défricheurs et les simples cultivateurs ÿ trouvent
leur compte.
Ce qui, dans ces questions de frais d’établisse-
ment; pèse fortement sur les’ prix, ce sont Jes syn-
dicats de producteurs. C'est un des dangers que rencontre le-régime économique au Canada, mais à un degré bien ‘moindre qu'aux Etats-Unis,soù on a tout fair pour obtenir une véritable égalité démocratiqué Mais, si l’on a supprimé l'aristocratie de naissance, on voit se dresser une’ nouvélle classe très
réduite en nombre, de fortunes immenses, l’aristo-
cratie de la richesse, qui, grâce aux institutions.
économiques, s'élève à l'aide de la foule des salariés:
dé ce côté l'inégalité est plus grande qu’ en aucun pays
. d'Europe. Malgré l'existence au Canada de puissants
syndicats et de grandes Compagnies comme le Cana-
. dian Pacific, on est loin de se trouver en face d’un
problème aussi aigu. Les immenses fortunes n’existent pas; la richesse est partagée en un plus grand nombrefe mains. Une forte’ partie de la population est agricole et indépendante du servage des usines.
Main-d'œuvre. — Avant de parler de la condition des ouvriers, il est bon de remarquer qu’en ce pays l'hiver, très rigoureux, dure ‘longtemps ;
qu’il en résulte un chômage | prolongé “des ouvriers
qui travaillent à l'extériéar ; que, par suite, il
A Ce
-existe une grande différence entre le salaire payé à l'année et le salaire payé à la journée. Les
ouvriers. agricoles canadiens connaissant le travail
du pays sônt très adroits et vont: très vite à l'ouvrage. Le salaire annuel moyen est de 200 $, mais avec la nourriture. L'alimentation (viande, laitage) est abondante, comme pour toutes les classes de la population de ce pays. On évalue d'habitude le coût de,l'alimentation à 5 S par mois. Le genre de vie est autrement large qu'en Europe; car ici l'égalité démocratique est vraiment réalisée; les ouvriers sont engagés pour faire un ouvrage nettement déterminé, auquel ils se livrent du reste avec entrain, mais non pour obéir à toutes les volontés du maître et fairé un service personnel.
Ces salaires et ces conditions sont lourds pour l'exploitant qui emploie un certain personnel; aussi, plusieurs essais d'importation de main-d'œuvre meilleur marché ont-ils été faits. On embauchait en
‘ France ou en Belgique des garçons de ferme aux prix des vieux pays, leur promettant des augmenta-
tions de salaires quand ils auraient appris le travail
local. Les résultats ont été nuls : les engagés trou-
‘véient en arrivant au Nord-Ouest possibilité de gagner des salaires supérieurs et ils quittaient bientôt
leùrs embaucheurs. Quelques-uns. ont même fait
hord
et gagné des procès, pour-se faire rapatrier. Cela rappelle les « invented servants.» qui, engagés en
Europe et transportés aux frais de l’embaucheur,
PE
‘ duire Ja main-d'œuvié-en gr
“arrivaient la plupart du temps, après avoir profité du passage graquit, à's’enfuir et à s'établir pour leur
compte dans la solitude des forêts.
Dans d'autres colonies on s'est éccugé d’intro- “masse pour les agriculteurs et les capitalistes. Un système également pratiqué consiste à faire avancer \par l'Etat les frais d'émigration, frais dans lesquels il rentrait par une
taxe levée sur les ouvriers; mais la difficulté était
d'assurer le paiement de cette taxe, les ouvriers
cherchant par tous moyens à s’y soustraire. Le
système Wakefeld, qui fut appliqué avec succès en
Australie,.consiste à vendre les terres et à affecter
les produits de‘ces ventes à l'immigration gratuite.
‘Même au bout de trois ans, le colon peut demander
son rapatriement. L'inconvénient de ce procédé c’est
‘que, @près un certain temps, les demandes de rapa-
triement sont cônsidérables : : ainsi, une année, cent
mille passages gratuits furent: demandés pour l’Al-
4 série; ils furent presque tous suivis de retour.-—
Les ouvriers de profession ont des salaires supé-
ricurs, mais les chômages sont assez fréquents. Il
faut remarquer d’ailleurs qu’il en est de même en
ET LE NORD- QUES & É Too
Europe, où cependant les salaires sont bas. Les
principales réclamations des syndicats, d'après l’Eco-
. . Ææ. "7 a .
nomiste français, portent sur -ce ‘point du chômage,
et ce n'est pas une des moindre causes qui font réclamer par les ouvriers la jour de huit heures; il faudrait plus d'ouvriers, puisque hacun travaille- . rait moins.
Parmi les ouvriers provenant de l’émigration, les : <travailleurs apprennent bientôt les méthodes du pays let réussissent; mais d’autres sont paresseux, sans “moralité, venus d' Europe par coup de tête : le chômage les attend. Il est bon d’insister sur ce fait que, pour les salaires, si les taux élevés sont en général -maintenus, cela tient moins aux syndicats, sans grande action sur les campagnes, qu’à l'esprit de solidarité des ouvriers qui, de crainte de gâter le 4 métier, préfèrent se priver même “durement plutôt que de travailler pour ‘des salaires inférieurs aux -taux habituels. * C7 Ce qui"Himinue l'attrait des salaires élevés, c’est le chômage. En plus, il se trouve, exceptionnellement il St vrai, des employeurs qui abusent des nouveaux ärrivants et ne les paient pas. Dans cette branche donc, \éomme pour les achats, il ne faut pas contracter à la légère. .Bien des familles, qui arrivent
au Nord-Ouest sans ressources, prennent un homes-
sin
se
téad et les hommes vont se placer comme-ouvriers,: espérant ainsi gagner les 800 ou 1.000 $ qu’il faut
pour s'établir. Cela paraît simple, mais il faut compter
avec la difficulté qu'éprouve un nouvel arrivant pour se faire embaucher, avec le chômage; aussi beau-
coup d’autres colons réussissent quelquefois plus *
-vite et toujours moins durement par le fermage où
lé métayage; malgré tout, l'élévation des salaires offre à chaque ouvrier le moyen de sortir du prolé-
tariat, chose qu’en général il n’eût pu rêver dans
les vieux pays; elle lui communique en'outre une
ardeur et-une énergie bien faites pour élever sa condition. a
Voies de communication et marchés. — Dans le domaine des’ travaux publics, l’œuvre principale, la construction des voies ferrées, est bien avancée. Ces immenses territoires commencent à étre sillonnés par des chemins de fer. On ne peut "dire qu'ils aient été faits, comme dans. la vieille Europe, pour réunir des centres commerciaux, car ces centres n'exiStaient pas ävant eux : ilsen ont été les cHateurs. Souvent ils ne suivent-pas la colonisation, ils la précèdent, et c'est le longides rails nouvellement posés que le flot envahissant des'colons vient Se fixer. Sans eux, le pays serait encore un
vaste désert. Le Dominion, en subventioñnant lé
SR
# Le.
Canadian Pacific, a eu aussi en vue l'établissement
d’un lien entre les différentes provinces. Livrés à:
—eux-mêmes,-les territoires-du-Nord-Ouest-auraient cémmuniqué avec les places lés plus proches, celles des Etats-Unis, dont aucun obstacle naturel ne les
‘sépare, puisqué le bassin du Winnipeg et celui du Missouri constituent pour ‘dinsi dire les deux versants d’une même plaine" #. : |
Le Canada Pacific et, LES grande ligne médiane qui, dllant de Québec sur l'Atlantique à Vancouver
‘ sur le Pacifique, traversç dans toute son étendtie les territoires du Nord- Ouest. Cette ligne, commencée en 1880, a été livrée au commerce, complètemerit terminée, en 1886. De cette artère principale partent des embranchements maintenant nombreux. A Win-
‘, ‘nipeg convergent huit lignes de chemin de fer
| venant de toütes les directions, Est, Ouést, Sud et “Nord. Etant donnée la méthode de subvention en terres, la Compagnie possède toutes les sections im-
paires de cette partie fertile de la province. Une
ligne se détache des environs ‘de Regina se di-
rigeant sur Saint-Pol (Etats-Unis) : elle vient d'être
inaugurée et elle est la propriété de la Compagnie … Minneapolis Saint-Paul et Saint- Martin, garantie par le Canadian Pacific. Puis de Regina, allant au
Nord-Ouest, se trouve l’'embranchement qui atteint
6o - © LES FRANÇAIS
la Saskatchewan et Prince-Albert.. Dans l’Alberta, partent de Calgary deux- lignes, l’une allant au
L Sud-jusqu’à Mac Leod,-l'autre-au Nord-jusqu'à———
on
Edmonton.
C’est sur le long de ces voies nouvelles, en terre n fertile, qu'est venu s'établir le gros de l’émigration . 7 de 1893. ‘En dehors de ce réseau on trouve dans l'Alberta la ligne qui dessert le district minier de Lethoridge et $e relie d’une part au réseau américain, LE | * et de l’autre au Pacifique, à Medicine Hat. Dans le Manitoba, part de Portage la Prairie la voie ferrée du Manitoba and North Western Ry qui pénètre . déjà dans le bassin de l’Assiniboine et rejoindra Prince-Albert. . | Mais ces compagnies secondaires seront absorbées ün jour par I le Canadian Pacific; en tous cas, devant …. lui emprunter son réseau, elles ne peuvent lui faire ue : concurrence. -: - . e Les seules Compagnies réellement indépendantes sont celles du Northern Pacific and Manitoba et \ celle de Hudson Bay Raibvay. Le Northern Pacific vient des Etats-Unis et longe la rive-gauche de la
Rivière Rouge jusqu'à Winnipeg. Cette Compagnie,
tout en continuant son exploitation, est en liquidation, ce qui est le fait de bien d’autres lignes des ,
Etats-Unis en ce moment. Le Hudson Bay a pour
pt
but, dit M. de Bouthillier dans son livre sur le Nord-
Ouest, page 44 : « de relier le réseau ferré du
Manitoba aux eaux de la baie par une ligne qui piquerait droit vers le Nord, passerait entre‘les lacs Winnipeg et Manitoba, et, suivant le cours des .1hbdères Nelson et Churchill, i irait aboutir'ä l’embouchure de celle- -ci. Cette ligne raccourcirait, au dire
de ses promoteurs, de plusieurs centaines de milles
la distance de Winnipeg à Liverpool. De dot
“Engeni. un des plus anciens: postes à fourruré Ouest, des bâtiments transporteraient les marchandises en Angleterré- en passant, par le détroit . d'Hudsôn. » | | ‘ Les travaux de cet important tracé sont arrêtés pour le moment. Les obstacles. physiques qüé ren-
contrent les ingénieurs, l'opposition du gouverne-
ment provincial, assez étrange pour ceux qui ne
sont-pas-Hitiés aux dessous politiques, y sont pour beaucoup. Il: eût fallu aussi, pour que la ligne fût indépend nte du Canadian Pacific, qu elle eût son
champ d’ exploitation propre et ne fût pas simplement
ne Voie de transport pour les marchandises apportées par le Canadian Pacific à Winnipeg. C'est la
vallée de la Saskatchewan qu’elle convpitait : elle
eût pu plus tard: éxploiter l’Athabaska.et les mines
du Grand- Nord ; mais la Compagnie du Canadian
FOOT Or LES FRANÇAIS Ÿ . SK . NS . | :.
. . . un age - Pacific veillait et construisit és deux embranche-
ments de Prince-Albert et d'Edmonton lui donnant nu
un--pied—prépondérant dans-la-bellé vallée de ja Î
asfatchewan. Dans ces conditions, on ne peut . Ù ‘ prévoir l'avenir dela Compagnie l’'Hudsoï Bay... h On le voit, c'est le Canadian Pacific qui, pour le moment, exploite presque complètement le Nord- Ouest. En plus des transports, il a des hôtels sur divers points ; il à des élévateurs et par suite des intérêts dans le commerce. du bié; enfin /il a été aidé par lc gouvernement de deux facons4 par unc
subvention pécuñiaire et par l'octräi des terres. La
“subvention pécuniaire consistait en un versement
,- annuel de 3 o/e du icapital-actions et a pris fin en
1893. L'octroi des terres comporte la cession des
sections impaires des bandes du sol avoisinant la . voie ferrée. Cette partie de la subvention fair du. Canadian Pacific le plus gros propriétaire foncier . du Nord-Ouest, par suite & pionnier intéressé de ta colonisation. Cette subvëntion en terres doñne & un bon résultat, en ce sens que la Compagnie ne construit .de lignes, que dans les districts . fertiles. cc" | . ot A un peu plus-de 200 kilomètres à l'Otfest, le, Canadian Pacifig a le monépole des. ue ge fer
canadiens : il en profite pour élever se prix.-C'est
se gt. * LU REP TEKORD-quEsT CANADIEN : “63
un des. avantages de la vallée de la Rivière Rouge
d’avoir le Northern Pacific venant des Etats- Unis : e
- , pour établir une concurrence salutaire. 3. -Les chemins de fer sont une source de prospérité
. dans un pays -où les progrès de la richesse sont
céhsidérables… Le travail sur un sol” vierge aussi -.. fertile est beaucoëp + Jus productif qu'en Europe. E travail est l’œuvre Ne colons appliqüant les deris agen les ressources de W civilisation a * la plus avañcée. La population elle-même est pleine’ + de courage : ceux-qui quittent leur patrie pour aller chercher fortune au loin sont d’ordinätre les ps » __entreprenants et les plus actifs. Toute leur énergie s se tourne vers l'amélioration de leur condition, : tout le.monde peut prétendre, les salarié s EUt-mêmes, CR entrer dans la classe des propriétaire le taux élevé des salaires permet d'économiser les ressources voulues pour un établissement ‘d’ailleurs autrement facile que dans. lés vieux pays. Une preuve de cette … Productivité se trouve danse taux élevé-de l intérêt : ‘il est couramment de GA 12 0 3 à Winnipeg on sert 8 °/, pour des places | bien garantis. Si onajoute -au-. désir d'avancer sa position le fai ; qu'aux colonies les goûts de dépenses eti de luxe, des | % . habitudes de ‘socié été nê sont, ‘par opposition avec
sé V Europe, la cause d’ aucune dépense, on çoïprendra , :
: ‘ + NA Fr. À
LA
FE
que tout pousse à: [capitaliser ct par conséquent à
rendre rapides- les-progrès- -de- Ja-fortune- SEE
" Quelle forme prend cette capitalisation ?: Nous avons vu que, dans ces jeunes territoires, les capitaux et les bras son encore trop peu nombreux pour que, l'industrie puisse Ye naître; par suite, si les produits agricôleë sont bôn marché, tout ce qui vient de l'extérieur, tels’que les objets manufacturés, y est cher. La capitalisation tend donc à solden les avances qué l'on a consenties aux propriétaires pour monter le matériel d'exploitation ou le-perfectionner. Aussi est-il bien expliqué que dans le Nord- Ouest, et c'est l'avis des colons, « on 3 fait mieux une belle situation que de l'argent. » N'est-ce pas là d’ailleurs l'ambition du paysan, ambition d’autant mieux réalisée, que ses enfants, dans ces pays
neufs, peuveñt Se faire tous une Position équi-
valente? »e. © | :
Le progrès de la richesse tient non seulement à l’économie,'mais aussi au système commercial. Nous savons que le: pouvoir fédéral règle Jes- dfoits de douane. Le Dôminion est, SOus ce rapport, abso! * lument indépendant vis-à-vis de la métropole. Les taxes d’ entrée qu L établit sont communes à tous les pays. L'Angletèrre est tout aussi “bien considérée
comme peuple étrañger que les Etats-Unis.
Le régime douanier est prôtectionniste; mais le
-——— parti libéral, partisan du”libre-échañge, espère obte-
nir de forts dégrèvements. Les postes dépendent de :
PEtat. Le mouvement de correspondance augmente
beaucoup plus fapidement que le nombre des habi-
tants. Les lettres® sont tenues aux bureaux de poste
à la disposition des intéressés qui.viennent les réclamer. Les distributions sont en effet impossibles dans des espaces aussi peu peuplés. Les télégraphes appartiennent à à des Compagnies de capitalistes. Au Noïd-Ouest c'est la Compagnie du Pacific qui a
toutes Îles lignes importantes : l'Etat n’a que celles
. qui rejoignent les postes de police, les réserves
indiennes, enfin ‘tout ce qui n’a pas d'intérêt commercial et'n'est par suite que d’un mince rapport.
Le système monétaire est aussi excellent, ce qui
‘st bien important, quand , on songe que c'est un des plus graves facteurs de la crise de taht de pays
d'Amérique. Il y a au Canada plusieurs banques
d'émission qui, par. un sage système: de réserves, ‘ émettent du papier reniboursable en or et exactement maintenu au pair. La monngie d'argent, frappée par le pays, ne’ sert, comme en Angleterre; que pour appoint, L'or que l’on‘ trouve daris là circula-tion est, Soit Tor anglais, soit l'or américain. C'est le dollafôu piastre divisé eh 100 cents, qui, comme
La £ NORD-OUEST CANADIEN 2
— LS + DS / . TT à .# EE
.— La ° , . aux Etats-Unis;-est l'unité monétaire. Comme com-
: plément du système monétaire, lés banques sont, au ‘Canada, avec leurs succursales du Nord-Ouest, des “plus perfectionnées. Pleines d'initiative, elles sont cependant plus prudentes qu'aux Etats-Unis : elles ont passé, presque sans encombre, ne recevant qu’un léger contre-coup, la crise de ‘1893, dans laquelle
ont sombyé tant de banques américaines. On recon-
. naît en (effet que la banque de MAtréal est, comme solidité, la troisième banque du monde, venant 1, . immédiatement après la Banque d'Angleterre et la Banqfe de France. - .
D Les produits agricoles du Nord- Ouest s’écoulent,
"soit sur P Europe, soit sur la Colombitbritannique, ? soit vers les Etats-Unis.”
C'est l'Europe qui absorbe la plus grande partie
du commerce d’exportation : les fromages, les
À beurres, moins appréciés à cause de leur fabrication
. . , : : n : A . insuffisamment soignée quoiqu’en progrès, les che- . - vaux, le bétail, le Produit des abattoirs de pores, les
laines et surtout les blés se portent vers l'Atlantique. Les blés, en grande partie, ne suivent pas toûte la voie ferrée, mais s'arrêtent au lac Supérieur, soit à . Fort William, sqit à Port Arthur. Là, ils sont trans- CT — bordés sur-des bétiments qui les conduisent à Montréal. Il y äraussi “desibâteaux qui chargent le grain
à Port Arthur et vont sans rompre charge jusqu’aux
te
ie
Le
serait fait ainsi un “premier pas vers ‘Ja réunion aux
a cependant) dans le programmé de la plupart de ses
marchés européens. Avec les bas prix du fret on voit combien peu le blé est grevé par un transport de plus dei 200 liéues-marines, puisqu'il peut arriver “à He en Éurope; se jouant des barrières
-Ffrotecrionnisres. î
‘es Etats-Unis, par Ta allée du Fleuve Rouge,
Dal . font pour le moment un comlmérce modéré avec les
Le . \ .
territoires du Nord-Ouest. LeS tarifs protecteurs ont
diminué les charges entre les Etats-Unis et le
Canada ; malgré cela, à l'heure actuelle le commerce
fat avec les Etats est supérieur à celui fait avec la
77 Grande-Bretagne. L'élevage des chevaux a particu- 1 ' | lièrement souffert des droits américains trop élevés;
car c'était aux Etats-Unis qu'il trouvait son écoulement. os te
Or espère: voir ‘un accord commercial qui abaissera les barrièrés entre lessdeux puissances. Le
parti libéra S'y “emploie, envisageant d’ailleurs qu'il
Etats-Unis, question qui, bieh que n'étant pas
’ encore prise comme plate-forme par le parti, est
| . ‘ A n membres Du côté des Etats ün pas vient d'être fait
vers l’abaissement des barrières par l'adoption, grâce
/ + . 5 aux démocrates, du nouvéau tarif douanier: Bien.
ue
que, devant l'opposition du Sénat, le bill ne soit
passé qu'après une aggravation des droits fixés pris mitivement, les dégrèvements sont importants : la réduction est en moyenne de 15 °/ sur le “tarif Mac Kinley, et le Canada en sera ‘spécialement le bénéfice en ce qui concerne l’agriculture : le bois est admis en franchise, mais le charbon reste encore chargé de droits.
Une certaine part des denrées agricoles s’écoule
vers la Colombie britannique, pays montagneux, où
la proportion du sol favorable à l'agriculture est
insuffisante. La Compagnie du Canadian Pacific a
cherché aussi à se créer un mafché'au Japon, en Chine, et depuis 1803 en “Australié, Déjà, de liChine et du Japon arrivènt de fofrés demandes de: He dur
‘du Canada. Ce commagcé trouvera largement son
avantage dans l’ exploitation de ces Jignes à tévess" le- Pacifique que la politique arflaise j juge avaniigeuses.
Quant au commerce d'i l'importation, ce. sont les provinces de l'Est, et Jes Etats-Unis, même avant l'Angleterre, qui Gnt les gros chiffres : ‘À ce point de
vue les provinces, de PEst doivent voir avec faveur
le développement commercial du: Nord-Ouest qui.
ouvre un champ: plus vaste à leurs engreprisés. La province de Québec a donc, de ce chef, intérêt
au développement ‘de la colonisation française, au
Canada, Eljg verra ainsi S'augmenter sa puissance et son indu®rie; car elle aura toujours la clientèle des colons de race française, ne faisant qu'un avec ceux de l’ Esf pour les goûts, Jes habitudes, la langue. Ces liens, si fofts en ce‘qui concerne lés relations
commerciales, ne sont pas rompus quand la colonie
se détache de la mère-patrie ; témoin JesÿEtats-Unis
avec l’Angleterre, ke Cap avec les Holdais, l'Amérique du Sud avec l'Espagne, et, à ce point de vue,
c'est difficile de ne pas faire une légère digression.
Où ne peut que regretter que le commerce de la
France avec le Canada soit æun si faible volume. k.
. À vrai dire, depuis 1872, la France s’est-Bccupée de
renouer ce lien avec son ancienne colonie : les cham-
bres, de commerce françaisés s'y emploient et réus-
‘sissent à développer les relations; mais l'obligation issent à développer les : g
de passer par Liverpool est un grave obstacle. Cet emploi des voies anglaises nécessite des transborde-
ments, des pertes de temps et d'argent. Il a été
“fait trois mois de service direct entre la France et
Montréal; mais cette entreprise était fondée par
des Compagnies qui, faute de. capitaux, f’ont pu
continuer. DS Ne UT TE
, Le
,. Ê ‘ &: Le : , -.
La question des transports sera,,profondément
modifiée par la création d’un nouveau port d’expor-
tation vers l’Europe, situé non plus sur le Saint-
EN
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