S6 LES FRANÇAIS
aux autres revenus de la ferme sont sufhisants pour lui permettre de payer en peu d'années son bétail et ses machines qu'il a achetés en recourant plus ou moins au crédit.
Le propriétaire exploitant directement est dans une tout autre situation : £es frais, dont nous avons examiné en détail toute l’étenduc, pèsent sur lui de tout leui oids : de bénéfice il ne faut guère en parler. Les grandes Compagnies de culture qui réussissaicat avec les hauts cours du blé sont bien tombées, aux Etats-Unis comme au Nord-Ouest où cependant il y avait de belles fortunes faites dans cette branche, entre autres à Portage la Prairie. | ‘our réussir, les capitalistes doivent avoir recours au métayage; car, quant au fermage dans un pays
aussi peu peuplé, avec des habitants aussi mobiles,
pri
les contrats sont tout à fait insuffisants et sont mal appliqués.
Cette branche de cuiture n'est donc rémunératrice que pour le paysan : les grandes exploitations n'y réussissent pas. Sans doute la baisse du blé a “té considérable en Europe : sa consommation qui est médiocrement extensible a augmenté beaucoup moins vite que sa production dans les pays neufs ; mais ce mouvement va-t-il continuer? Ne peut-on
pas prévoir plutôt un léger relèvement? En tous cas,
SérnbénTe
la production n’augmentera plus comme autrefois, les prix n'étant plus rémunérateurs.
Vient ensuite l'élevage en petit du bétail, des volailles et l'exploitation du lait. Cette branche est devenue meilleure que la précédente. Plus de frais de machinerie, plus pour ainsi dire de frais de terre, car, avec le pâturage libre, le bétail trouve sa nourriture au dehors : subsistent seulement les dépenses de constructions qui peuvent être rudimentaires, celles de main-d'œuvre qui sont élevées, et l'achat du bétail. Quant aux produits, c’est ou la vente du lait (fromagerie) ou la vente de la crème (beurrerie,. Les prix se maintiennent, car beurre ou fromage se vend aussi bien que dans l'Est, étant peu grevé par les transports. Le fromage se vend mieux que Île beurre, la demande en Angleterre en soutient le prix. Le lait, après avoir été écrémé, sert notamment à l’engrais des porcs dont la vente très rémunératrice vient s'ajouter aux produits. C'est le Canada qui, pour la laiterie, a obtenu le premier rang à l'Exposition de Chicago.
Cette branche est celle qu'on envisage comme ayant le plus d'avenir. Il y a maintenant des beurrerics ou des fromageries dans tous les villages importants. Des abattoirs de pores viennent en 1805
d’être établis à Winnipeg et le prix des porcs gagne
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à cette économie de transport, L'exploitation du lait n'a pas lieu en hiver.
Encore ici, l'habitant a avantage sur le gros propriétaire : ses achats de bétail, ses constructions lui reviennent moins cher; la main-d'œuvre est la sienne, La même opinion à cours dans le pays; il faut préférer le métayage à l'exploitation directe. En résumé, il vaut mieux mettre son argent dans le bétail que dans les machines, et le mode de culture que doit appliquer le colon, c'est la culture mixte, c'est-à-dire l'exploitation des deux branches, celle du blé et celle du bétail, volailles, laiterie. Le blé même n’est souvent cultivé que pour la nourriture du paysan et les semences, de manière à ec que l'agriculteur produise sur sa ferme tout ce qui est nécessaire à ses besoins. Ces opinions émises, ce serait chose fort délicate et assez trompeuse de donner des rendements. La direction entre, en effet, pour la plus grosse part dans le succes d'une entreprise. On voit fréquemment, en eflet, de deux affaires montées exactement dans les mêmes conditions, l’une réussir et l’autre péricliter : c'est le fait de la direction. Il en résuite que plus le paysan sera intelligent, actif, habile organisateur, plus son revenu sélèvera; quant au propriétaire cultivant
par métayage, un revenu de 5 °/, est ordinaire.
EU LE NORDeOUEST CANADIEN
Ni)
du Enfin, vient l'élevage aux ranchs, c'est-à-dire
l'élevage en grand, pour la seule production des
lo- chevaux, de la viande et de la laine, Les frais sont : ui location de terrain, construction ct approvisionnela ments pour l'hiver, main-d'œuvre, achat du trouil peau. La location de terrain est toujours très minime En puisque, nous Île savons, les espaces sont encore le déserts : parfois même ces frais sont supprimés re | quand il n'y a pas de concurrence, Les construce, tions d'abri pour l'hiver se font d'une manière très Ile rudimentaire et peu coûteuse. Les frais de mainlé d'œuvre sont ceux de garde et ceux de récolte des re approvisionnements d'hiver. Ces derniers sont faiue bles : ccux de garde sont assez réduits, par rapport st | à la valeur du bétail, Enfin, les frais d'achat d'un ce troupeau sont les gros frais d'établissement; mais de | l'argent ainsi placé rapporte. Les revenus sont : la it, ; vente des animaux et de leurs produits s'il en existe. n- Comme nous l'avons vu, le rendement de l'élevage ax des chevaux a été bien réduit par la fermeture, en n- raison des droits protecteurs, du principal marché, le celui des Etats-Unis. Pour les bêtes à cornes, les in : bénéfices sont aussi assez modérés, Les moutons, )n : eux, pour le moment, oflrent de beaux résultats. at î Quoique la laine ait baissé, le cours de la viande
sest bien maintenu, ét on compte que dans des