‹ Les Français et le Nord-Ouest canadien [microforme]Chapitre 3 sur 22 · BE ER OR ER RCE · texte numérisé non relu

BE ER OR ER RCE

sur la branche Sud de la Rivière aux Rats : Saint- Malo, où est établi un Français persévérant et énergique, M. de la Borderie, qui a fondé et dirige une importante beurrerie et une fabrique de lait concentré. Sur la Seine, en partant du Sud-Est, sont les belles paroisses de la Broquerie, Sainte-Anne aux Chênes, Lorette : cette dernière n'est qu’à quinze milles (le mille — 1.609 mètres) de Winnipeg.

A l'Ouest on remarque comme centres principaux : Saint-Pa, Saint-Joseph fondé par des Canadiens français retour des Etats-Unis, Saint-Jean-Baptiste, Sainte-Agathe, enfin Saint-Norbert qui n’est qu’à neuf milles de Winnipeg et où les Révérends Pères Trappistes français sont venus en 1893 fonder le beau couvent de Notre-Dame des Prairies. Dès leur arrivée, jardins, étables, récoltes de blé, tout était splendide, et c'était avec confiance que ces agriculteurs émérites envisageaient l'avenir, appréciant comme exceptionnellement favorables les conditions agricoles du pays. Déjà plusieurs Français étaient établis dans cette paroisse et l’arrivée des Pères Trappistes apportera aux nouveaux colons aide et conseil, Sur la rivière Salle, la paroisse de la Salle, toute nouvelle, à douze milles de Winnipeg, est déjà prospère; on vient d’y construire une ferme-modèle.

Sur la rivière Assiniboine, dans le bas de Ja

vallée, région fertile, on trouve comme principales paroisses canadiennes françaises : Saint-Charles, à neuf milles de Winnipeg, Saint-François-Xavier, Saint-Eustache. Toutes ces paroisses sont dans la plus belle partie de la rivière, près de cette région qu'on a appelée «la reine du blé», dans le Manitoba. Elles possèdent chacune leur chapelle, leur école, leur curé : elles sont situées sur les meilleurs terrains de la province : presque toutes bordent les cours d’eau ct des bouquets d'arbres y donnent un aspect pittoresque. De vastes espaces libres laissent encore place pour de nombreux établissements. La terre disponible est aux mains de spéculateurs qui se contentent de prix qui semblent dérisoires à des Français : 5 à 25 dollars l'hectare, quelquefois moins, suivant que le sol est défriché ou non,et qu’il est plus ou moins rapproché de Winnipeg; et encore, ce prix d'achat est-il payable en dix ans.

Dans la province de Manitoba le pâturage est libre, ce qui fait que les moissons doivent être entourées d’une barrière en ronce artificielle. C’est une condition précieuse pour l'élevage, qui est la raie fortune du pays. Enfin, ce qui est une des plus grandes causes de prospérité pour ces paroisses, c'est qu’elles se trouvent autour de Winnipeg, le

plus grand marché du pays.

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