‹ Les Français italianisants au XVIe siècleChapitre 11 sur 67 · MELLIN DE SAINT-GELAIS · texte numérisé non relu

MELLIN DE SAINT-GELAIS

La plupart des poètes qui vivaient à la cour de Marguerite s'intéressaient comme elle aux choses de l'Italie, en particulier Mellin de Saint-Gelais. Celui-ci avait, dit-on, étudié au delà des Alpes 2; il contribua plus que tout autre à introduire le sonnet en France; il traduisit un fragment de VOrlando furioso, et il entreprit de faire passer dans notre langue la Sofonisba de Trissino. Il s'amusait parfois à rimer en italien. On trouve dans ses œuvres un distique composé par lui :

Escrit d*un dyamant sur le miroir de M"® de Rohan.

S'el bel ch'in voi si scorge ogni altro eccede, ftuanto deve esser quel che non si vede ' !

* La correspondance que Mellin entretenait en 1522 avec Christophe de Longueil, au moment où celui-ci vint enseigner à Padoue, nous prouve qu'il suivait, au moins de loin, le mouvement des universités italiennes. Voy. Christophori Longolii Epistolarum Libri IIII (Basileae, 1580, in-8), p. 158.

* Nous ne croyons pas devoir résumer ici ce qu'on sait de la vie de Saint-Gelais. Rappelons seulement qu'il naquit le 3 novembre 1481 et mourut en octobre 1558.

' Œuvres complètes de Melin de Sainct-Gelays, édition publiée par Prosper Blanchemain, 1873, in-16, II, p. 28.

Les œuvres du poète contiennent cette variante :

S'el bel ch'in voi si vede il cor mi strugge, Quanto potrebbe quell' che gli ochi fugge !

Mellin a lui-même traduit le distique italien en un quatrain français :

Si ce que l'on voit apparoistre De vos beautés tant de cœurs poind, Combien plus aimable en doit estre La beauté qui ne se voit point !

AMOMO ET JEAN DE MAUMONT

Nous allons voir maintenant un ouvrage plus étendu. Il ne s'agit plus cette fois de quelques vers, mais d'un recueil de poésies, variées aussi bien par leur forme que par leur sujet. Il parut en 1535, à Paris, un volume, aujourd'hui fort rare, dont voici le titre :

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