VI. — AMOMO ET JEAN DE MAUMONT
A [a suite de Tépître, on trouve un sonnet de Gabriello Simeoni « a i lellori ». Cette pièce a pu faire croire à ceux qui n'ont jeté sur ie volume qu'un rapide coup d'œii qu'il était tout entier l'œuvre de Simeoni * ; c'est là une erreur qu'un examen tant soit peu attentif a bien vite dissipée. Le nom de Simeoni n'est pourtant pas sans importance. Nous voyons par ce sonnet et par un passage rapporté plus loin qu'il était l'ami de l'auteur. Il n'est pas téméraire de penser qu'il a, tout au moins, revu les vers d'Amomo.
Celui-ci le dit lui-même :
quante charte vergo, N'è causa lui, che mi drizè la penna *.
Les Rime comprennent diverses pièces {sonetii, canzoni, ses- Une) à la louange de Charlotte d'Hisca ^ ; un Epiiaphio di Adone, imité de Théocrile ; un Dialogo, dont les personnages sont : Olympia, Ecco, Pamphilo; une Selva, dédiée au roi François I"; un curieux poème intilulé Triompha délia Bellezza; une Egloga tyrrena, dont les interlocuteurs sont : Opico, Syl-
* Vernazza est tombé dans cette erreur. Voy. Melzi, Dizionario di opère anonime e pseudonime, II, p. 450.
* Voy. la Selva citée plus loin, v. 158.
* Voici un sonnet qui mérite d*étre relevé à cause des noms qui y sont réunis :
Tre belle donne honestamente lasse Riscontrai per jin largo et bel camino Che con i'andar céleste et pellegrino M'arser, si che fu forza gli occhi alzasse
Et pien di meraviglia rimirasse Il portamento altier, raro et divino Et con un sguardo riverente e' nchino La felice brigala salutasse.
La prima che toglieva a l'altre il pregio, Anzi che dava loro ogni beltate, Era HiscHA mia che a se scia somiglia.
Et Claudia di beltate essempio egregio, Ma di GiovANNA honor di quest' etate Spargean faville accese ambe le ciglia.
{Rime toscane d'Amomo, 1535, fol. Cviij.)
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vano, Mosso, enfin la Favola di Pyramo et Thisbe, poème en quarante-quatre octaves dédié « a madonna Olympia ».
M. Flamini, qui a étudié les vers d'Amomo S y a relevé divers emprunts faits, non seulement à Pétrarque, mais à Sannazaro, à Bembo, à Lodovico Ariosto. Bien que le poète ne puisse prétendre à Toriginalité, son recueil n'en est pas moins un des plus curieux de ceux qui virent le jour dans le second quart du xvv siècle.
Les deux pièces les plus intéressantes du volume sont la Selva et le Triompha délia Bellezza. Nous reproduirons de préférence la première, où l'on trouve l'éloge de divers poètes français et italiens qui vivaient à la cour de François 1". M. Flamini n'en a donné que des fragments, tandis qu'il a réimprimé intégralement le Triompha.
Selva al chrislianissimo re di Francia, Francesco primo.
De rantico Titon la bella sposa Tutta gielata uscia de la marina Mostrando al sol le chiome blonde et molli, Onde cadendo in terra il salso humore Uscir fa l'amarante et la viola ; 5
El caido Apollo, mezzo fuor de l'onde, Cominciava a cacciar l'ombra et le stelle, El le cime dei monti a farsi d'oro.
Ogni augellelto inamorato et vagho Sen già vezoso d'una in allra fronda, 10
Salutando del sol le luci gialle Et rompeva il villan le zoUe dure, Quand'io, ch'odio la sera, amo l'aarora (Quel non soglion far felici amanti), Per far gli usati miei lunglii lamenti, 15
Di verdi mirti in un boschetto entrai Et, andando cosi ira pianla et planta, Un lamento senllj che d'un fanciullo Parea ch'al maslro veggla tor la verga.
Studi di storia letteraria (Livorno, 1895, in-8), pp. 249 et suiv.