VI. — AMOMO ET JEAN DE MAUMONT
Non cingen l'Alpi e'I gran padre Tyrreno,
D'ogni rara virtute unico essempio :
Michel di Morha*, che le ricche terre 135
Sprezzô sol per seguir le galle insegne,
Et pospose la patria e i chari figli,
Glorioso Francksco, al vostro honore-
Merta costui chMl santo Aonio choro
Di lauro et mirto, et vol di perle et d'auro 140
Gli coroniate l'honorate temple.
Un giovene vidd'io, ch'al terzo cielo
Parea nodrito in grembo a Pasitea,
Gh*un tal forse non'è ne la tua schiera,
Di senno, di valor, di cortesia 145
Tutto vestito et d'ogni parte cinto.
Di quel pure è costui che l'ostro et Tauro,
Quasi vil cosa, ^ lasciô da tergo
Per servar fede a i santi Gigli d'oro.
Et s*amô mai la Luna Endimione, 150
Le belle habitatrici di Parnasso
Tengon Giovan Vincenzo Gambacorte *
Nel casto seno lor la notte e'I giorno.
Vien poi (so ben che tu '1 cognosci, Amore,
Ch'eletto l'hai fra mille almefleggiadre 155
Perché con stile a nuUo altro secondo
* Gio. Michèle di Morra, baron napolitain, appartenait à la famille du pape Grégoire VIII. Après la malheureuse expédition de Lautrec, il fut accusé d'avoir favorisé le parti français et dut se réfugier en France (1528). Il recevait en 1532 une pension de 200 1. 1. {Cat, des actes de François /", II, n» 5756). En 1549, cette pension était portée à 400 1. t. (Biblioth. nat., ms. Ir. 3132, fol. 39 v^). Lamberto di Morra, frère de Gio. Michèle, recevait 100 1. t. de pension en 1532 {Cat. des actes de François /«', II, n» 5756) ; il en avait 200 en 1548, 1549, 1565 (Biblioth. nat.,*mss. fr. 3132, fol. 39 v»; 28544, dossier 46857, pièces 2 et 3). Nous parlerons ailleurs avec plus de détail des personnages italiens cités par Amomo.
* Le Napolitain Gio. Vincenzo Gambacorta était venu en France, comme Gio. Michèle di Morra, après la défaite de Lautrec. Il recevait en 1532 une pension de 100 l, t. {Cat. des actes de François /", II, n® 5756), et il figure encore sur les états royaux en 1549. Sa pension est alors de 200 1. t. (Biblioth. nat., ms. fr. 3132, fol. 40). Gio. Donato Gambacorta qui, en 1560, reçut un don du roi (Biblioth. nat., ms. fr. 3942, fol. 17 vo), était sans doute le fils de Vincenzo.
62 Vt. — AMOMO ET JEA!« DE MAUMONt
OgD*un tirasse a Famorosa rete ;
SoUo io per me, che quante charte vergo
N*ë causa lui, che mi drizè la penoa,
Acciè ch*i miei sospir chiudessi m versi, 160
Gabriel Simeoni '. stelle ingrate.
Corne ai spirti si bei siete si parche ?
Le ricche arenc che produce il Tago,
El quant» foati Lidia in grembo accoglie,
Quante gemme a Tuscir de rOriente 165
Scuopre la fredda et matutina Aurora,
Non vagiion di costui un verso solo.
Amor, se ben ti par che stia sepollo
Un giorno, vedrai dipinti i fogli
Di cosi degno inchiostro, che dirai 170
Ch* era senza cagion Tusato pianto.
Ma quando soUo il cielo altro non fosse
Ch' uno Emilto Ferretto *, hor non devresti
Esser si lieto, Amor, come vivendo
Ghi Lesbia et Délia et chi lodô Gorinna? 175
Lingiustamente ofiesa patria d'Amo
A pena fece mai figliuol più degno
Da che fè guerra per Tarquinio a Roma.
Che bella coppia, Amor, ch' io viddi un giorno !
Asciuga gli occhi et abbandona il boscho ; 180
Ghè ragion hai di rallegrarti sempre.
Vedi che schiera di latine muse
Gli vanno dietro et non li lassan mai.
GiuLio Camillo * è l'un, ch* il bel cammino
Mostra per gire al ciel non ch' a Parnasso, 185
Et tor la sete di Castalia al fonte.
Gostui sol basta a far tenerti in pregio :
Ne tanli strali il fabro Siciliano
* Simeoni occupe une place trop importante dans l'histoire de la littérature italienne en France pour que nous puissions en parler incidemment ici. Rappelons qu'il était né en 1509.
* Emilie Ferrelti est l'un des plus célèbres jurisconsultes italiens qui aient vécu en France, Né en 1489, il fut pourvu, en 1533, d'un office de conseiller lai au parlement de Paris. Il abandonna ce poste par la suite et professa le droit dans la ville d'Avignon, où il mourut en 1552.
* Parlant ailleurs de Giulio Camillo Delminio, nous nous bornerons à renvoyer ici aux Studi di storia leUeraria de Flamini, p. 319.
Vî, — AMOMO Et JEAN DE MAlîMONf fô
Ti fa, battendo ogn* hor la dura incude,
Quanti te ne tempra ei sol con la penna. 190
Un Francesco Bellin *, pur tuo prigione,
L'altro era, un che la flebile elegia
Canta si ben, ch' accender puô d'amore
A mezzo il verno le spogliate piante.
Quanto mi dolse che lasciô la Senna 195
Per ire al Tebro, ove sperô ch'anchora
L'amoroso suo stil stimato fosse !
Ma tomate era Amor a raliegrarsi
Et mi lasciè tutto pensoso al boscho
Drizando verso il ciel Taie dipinte \ 200
Outre les poètes qui viennent d'être cités, et dont plusieurs : le comte de Nuvolara, Gio. Michèle di Morra et Gio. Vincenzo Gambacorta, n'ont pas laissé d'autre souvenir dans l'histoire littéraire, Amomo mentionne le précepteur du roi Henri H, Benedetto Tagliacarne, autrement dit Teocreno,
Ch' adoma Italia d'immorlale honore K
Le Triompha délia Bellezza, qui compte 190 vers, est écrit en tercets. Le poète y célèbre les beautés qui ornent la cour de François 1". On y voit d'abord :
La regina di Francia Lionora,
puis Marguerite, la reine de Navarre. Près des deux princesses on admire :
Del re Francesco mio le tre figliuole.
* Le Frioulan Francesco Bellini est peu connu. On sait seulement qu'il avait étudié à Padoue, où il s'était lié avec Bembo. L'œuvre la plus importante qu'on ait de lui est une élégie sur la mort de son maître Pietro Pomponazzo. Il semble que cette pièce soit précisément la « flebile elegia » dont parle Amomo. Ce détail permettrait de supposer que notre poète avait, lui aussi, étudié à Padoue.
Bellini était en France dans le courant de l'année 1534. Voy. Flamini, Studi, pp. 318 et 429.
* Rime toscane d'AmomOy 1535, fol. g viij-h iij. ~ L'exemplaire de l'Arsenal étant incomplet, nous suivons la réimpression de 1538.
' Fol. Dvj.
64 n. — AMOMO ET JEA5 DE MAUMOXT
Le roi n'avait que deox filles : Madeleine, née en 1520, morte en 1537, peu après son mariage avec le roi d'Ecosse, et Marguerite, née en 1523, duchesse de Savoie en 1559, morte en 1574 ; mais Amomo considère comme une troisième fille Catberine de Médicis, qui avait épousé en 1533 le duc d'Orléans, plus tard Henri II :
Chè figlioola gli è par quelia che tante Florenza honora et tatta Italia seco.
Auprès de ces étoiles de première grandeur figurent Lionora Gorreggio ^ et tout un escadron féminin :
Una squadra che par dl Cyteree,
De la bellezza et d'honestà Diane,
Aime celesti ne le santé Idée.
Di Vandomo ' et de Guisa ' aile et soprane
Et di LoREN ♦ le figlie, che create
Parean nel cielo et non fra genti humane.
* Lionora était fille de Niccolô da Gorreggio et de Gassandra di Bartoiommeo GoUeoni. Fiancée d'abord au comte de Carpi, Alberto Pio, qui mourut en 1531, elle épousa Eleuterio Rusca, de Corne. Voy. Litta, Famiglie celebri italianey II, n» XVb, tav. III.
* Le poète peut avoir en vue trois des filles de Charles de Bourbon, duc de Vendôme, et de Françoise d'Alençon, savoir : Marie, née le 29 octobre 1515, fiancée à Jacques V, roi d'Ecosse, mais morte, avant la célébration du mariage, le 28 septembre 1538 ; Marguerite, née le 26 octobre 1516, mariée à François de Clèves, duc de Nevers ; Madeleine, née le 3 février 1520, abbesse de Sainte-Croix de Poitiers.
* Les filles de Guise sont les filles de Claude de Lorraine, premier duc de Guise (1528), savoir : Marie, née le 22 novembre 1515, mariée le 4 août 1534, à Louis II d'Orléans, duc de Longueville, après la mort de qui elle épousa Jacques V, roi d'Ecosse (1538) ; Louise, née le 10 janvier 1521 (n. s.), mariée Charles de Croy; Renée, née le 22 septembre 1522, abbesse de Saint-Pierre de Reims (1546). La quatrième fille, Antoinette, qui fut abbesse de Faremoustier, ne saurait entrer en ligne de compte. Elle était née le 31 août 1531. Voy. Anselme, Hist. généal., III, p. 475.
* Nous ne voyons qu'une fille de Lorraine qui puisse être citée en 1533 ou 1535 : Anne, née le 25 juillet 1522, d'Antoine, duc de Lorraine et de Bar, et de Renée de Bourbon. Anne épousa, en 1540, René de Nassau, prince d'Orange. Devenue veuve, elle contracta une seconde alliance avec Philippe de Croy, duc d'Arschot, et mourut en 1568.