RESPONGE AU PRECEDENT SONET
Si tu sens quelque rudesse De l'aveuglée déesse Et de Tarcherol sans yeux, Amy MaumoxNT, ne festonne ; Le prudent filz de Latone Changera ton pis en mieux.
Il t'apprendra la manière A chasser hors la tanière De tes oreilles la glace Qui de l'ouye te prive, Et la te rendra naïve Avant que l'esté se passe.
Quant à l'amour, si ta flame Prend source d'une clere ame, Asseure toy et espère Que Phebus, qui t'a fait naître Savant, te fera conoistre D'amour la voye prospère.
Heureuse est la damoyselle A qui tu portes ce zèle, Et toy heureux d'estre tel Que, maugré Mort et Envie, La peux conserver en vie En te faisant immortel.
72 VI. — AMOMO ET JEAN DE MAUMONT
IL MEDESIMO A L SALELIO
HuGONE, di cui il nom' con chiaro inchiostro * Rimbomba ounque flore il parler' franco, Et finchè vive Homero ne girà auco Mercando * fama ù ruota il polo nostro,
Hor ti diparti de 'i tuo sacro chiostro Co '1 Cieco greco che non vuoi unquanco Lasciar' finchè non lui hai tutto orno '1 flanco, De '1 tuo stil e al gran re non V habbi nostro,
Che come il vincitor de '1 Persa allero A '1 suon' di quello accendere il suo core Che potrà con quel' altro, aparo aparo,
Di ciô vuol non mi doglia il vero Amore, Ma pur talhor non posso al pianlo fero Lassato senza te trovar' riparo ^
Olivier de Magny, le jeune secrétaire d'Hugues Salel, s'adresse
* Amomo affectionne cet emploi du mot *« inchiostro ». Dans un de ses sonnets (fol. Aiij), il dit qu'il a seulement
un belle alto desio :
Vergare i fogli d' amoroso inchiostro.
La même expression se retrouve plusieurs fois dans la Selva reproduite ci-dessus.
Au V. 33 le poète dit de Sannazaro :
Col dotlo inchiostro si lodato havea...
Au V. 86 il voit Saint-Gelais :
Che verga i fogli d'amoroso inchiostro.
Plus loin (v. 100), parlant de Luigi Alamanni, Amomo dit qu'Apollon lui a donné
Un stil si vago, un sî pregiato inchiostro...
Il célèbre de même (v. 170) le « degno inchiostro » de Simeoni. Enfin le dernier vers du recueil est ainsi conçu : Carte dipinte d' amoroso inchiostro.
* Il faut sans doute lire : « Cercando. »
' Les Amours d'Olivier de Magny, Quercinois (Paris, Estienne Groulleau, 1553, in-8), fol. 80-81.