VI. — AMOMO ET JEAN DE MAUMONT
Chroniques du monde Urées, tant du gros volume de Jan Zonaras, aucieur byzantin, que de plusieurs autres bons et anciens scripieurs hebrieus et grecs, et mises de leurs primes et naifves langues hébraïques et grecques en langage françois, par le commandement de ires illustre, très haute et très vertueuse dame et princesse, la royne Catherine, mère du roy, etc, *. On voit qu'il avait réussi à gagner la faveur de la cour.
Ce fut sans doute aussi par ordre de la reine mère que Maumont traduisit de latin en îrsinqdil^ Les graves et sainctes Remonsirances de l'empereur Ferdinand à nostre sainct père le pape Pie, quatriesme de ce nom,,,; plus une bien longue et docte Epistre escrite par certain personnage portugallois.... à ma-dame Elizabeth, royne d'Angleterre,,,, fi563j ^. Il n'a pas mis son nom sur une traduction à la vérité peu digne de lui; mais nous savons par Du Verdier que Jean est 1' « homme docte » dont l'imprimeur parle dans son avis au lecteur.
Parmi les hommes illustres qui furent en relations avec Maumont, il faut citer en particulier Amyot. Une tradition fort digne de foi veut que Maumont aft pris une certaine part à la traduction des œuvres de Plutarque ^. Ce qui est certain, c'est qu'il succéda, comme abbé commendalaire de Bellosane, à Pierre de Ronsard, qui lui-même avait remplacé Amyot (1564) *.
Maumont paraît avoir conservé son abbaye jusque vers 1574; il réchangoa ensuite contre la place de principal du collège de Pompadour à Paris. Il exerçait encore ces fonctions en i584, au
* Paris, Michel de Vascosan, 1561, in-fol. de 10 ft. lim., 15ô pp. et 34 ft. (Biblioth. nat., Inv. J. 773; — Brilish Muséum, 585. 1. 14; — notre bibliothèque.)
'*- Paris, Nicolas Chcsneau, in-8 de 88 ff. (Biblioth. nat., Inv. B. 5440). II existe des réimpressions de 1575 et de 1587.
' La Motmoye, dans ses notes sur La Croix du Maine (II, p. 544), rapporte à cet éjçard un curieux passaj^e de Louvent Gélyot, qu'il se refuse îi considérer comme authentique et qui est effectivement conçu en lerm»?s ridicules.
* GalUa chrlstiana, XI, col. 336.
Bien que Brantôme dise que Maumont n'avait jamais été marié, on croit qu'il avait épousé Marguerite Vitcl, cette docte femme que J.-C. Scaligcr considérait comme un des ornements de son sexe. (/. C Scaligen Epistolae, 1600, pp. 218, 220.]
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moment où écrivait La Croix du Maine. Baluze a consigné dans une note des souvenirs qui remontent à la même époque : « M. Pierre de Fenis, conseiller du roy en ses conseils et président du presidial de Tulle, m'a dit, rapporte-til, que Jean de Maumont estoit Limousin, et qu'il avoit eu l'honneur de le connoistre à Paris, où il l'alloit visiter au collège Pompadour, duquel Jean de Maumont estoit principal. Il m'a dit aussi que c'estoit un bon vieillard, bien fait de corps, mais un peu soiyd, et que, de son temps, c'estoit une voix commune que Jean de Maumont avoit très-bonne part dans la traduction du Plutarque d'Amiot... * »
La Croix du Maine parle d'une Vie latine du chancelier de Birague que le vieux principal du collège de Pompadour se proposait de faire imprimer. Nous ne savons si cet ouvrage a jamais paru. Les auteurs de la Gallia christiana semblent, il est vrai, l'avoir lu, puisqu'ils le qualifient d'exact; mais nous l'avons cherché en vain dans les bibliothèques ou dans les recueils bibliographiques. La Nouvelle Biographie générale dit que la Vie de Birague est écrite en italien ; le fait serait, certes, pour nous d'un vif intérêt, mais nous ne l'avons pas vu confirmé.
Tels sont les renseignements que nous avons pu recueillir sur Jean de Maumont. Revenons maintenant à Amomo. La ressemblance entre les deux noms n'est peut-être pas fortuite 2. Quant à Charlotte d'Hisca, ce ne peut être Charlotte de Maumont, car le . poète ne parle pas d'elle comme d'une sœur ; mais il y avait à la Cour plusieurs dames ou demoiselles portant ce même prénom, par exemple Charlotte de La Roche Andry, dite M"*^ de Brye, fille d'honneur de la reine, à qui le roi donna une dot de 10.000 1. t. S et qui épousa, par contrat du 9 juillet*1534, François Nompar de Caumont, comte de Lauzun *. On pourrait citer
* Voy. Sonnets exotériques de Ger. Marie Imbert, publiés par Ph. Tamizey de Larroque, 1872, p. 99.
* On remarquera que Maumont ne traduit pas son nom par « de Malomonte », ou « Malomontlus », mais qu'il dit « Maumontius » ; de là peut-être : « a Momo ».
^ Catal. des actes de François /«^ II, no" 7088, 7125.
* Anselme, Hist. généal., iv, p. 479 D E.