‹ Les Français italianisants au XVIe siècleChapitre 3 sur 67 · AVANT PROPOS IX · texte numérisé non relu

AVANT PROPOS IX

France, les Imprimeurs et les Libraires français en Italie, au XF/° siècle.

Nous n'avons que peu de mots à dire sur Les Français italianisants, A première vue, on peut considérer les ouvrages écrits en italien par des Français comme de simples curiosités méritant à peine une place dans l'histoire lilté-, raire. On sera pourtant frappé de quelques-uns des noms qui se présenteront sous notre plume, quand ce ne serait que de ceux de Claude de Seyssel, de Marguerite d'Angouléme, de Rabelais, de De Bellay, de Montaigne. D'une façon générale, les notes que nous avons recueillies sur les Français qui se sont essayés dans la langue de Pétrarque nous paraissent propres à montrer quelle influence a exercée sur nos compatriotes l'éducation italienne. Elles nous font connaître un certain nombre d'hommes, appartenant aux différentes classes de la société, qui avaient eu l'occasion de franchir les Monts et d'étudier dans les Universités de Pavie, de Bologne et surtout de Padoue. On y verra que beaucoup de nos jeunes gens ne se bornaient pas à suivre les cours des jurisconsultes ou des médecins, ne se contentaient pas de discuter en latin scolastique, mais s'initiaient intimement à la vie du pays qui leur donnait l'hospitalité, s'éprenaient de ses femmes aux yeux noirs et de son ciel bleu, voulaient chanter leurs amours dans sa langue. Pétrarque et Bembo sont les deux modèles que nos poètes d'occasion s'efforcent de reproduire. Ils n'ont pas la prétention d'être originaux ; ils ne visent qu'au pastiche, et s'estiment heureux si l'imitation est passable.

Les auteurs dont nous allons nous occuper ont écrit, soit

Page 1