X AVANT-PROPOS
des poésies, soit des discours, soit des récits historiques ou des relations de voyages. Nous aurions pu agrandir considérablement notre galerie en y faisant figurer tous les Français dont nous possédons des lettres italiennes; mais 'nous avons pensé que ces lettres n'étaient pas à proprement parler des œuvres littéraires. Tous nos diplomates au XVP siècle entendaient l'italien, le parlaient et Técri- • valent au besoin. Les agents d'origine génoise ou milanaise qui «enraient François I" imposaient parfois leur langue à leurs collègues français. C'est ainsi que nous voyons, en 1529, l'évéque d'Avranclies, Jean de Langeac, signer, avec Gio. Gioacchino da Passano, des lettres italiennes adressées au roi^ Rien d'étonnant à ce qu'Antonio Rincon, qui est Espagnol, écrive tantôt en français, tantôt en italien. Au fond, la langue de ces correspondances n'a qu'une importance sec^ondaire. Celui qui les signe peut fort bien emprunter la plume et le style d'un secrétaire. Nous possédons pourtant, surtout à l'époque de la Ligue, d'assez nombreuses lettres qui paraissent avoir été réellement écrites en italien par des Français; mais il ne faut pas les citer comme des modèles de style 2.
Nous dédions ce livre à fUniversilé de Padoue qui reçut au XVI" siècle tant de nos compatriotes, et où nous avons
* Biblioth. nat., ins. fr. 3096, fol. 117, 81.
' Mentionnons, à titre d'exemple, des lettres de Jean de Piles, abbé d'Orbais, 1591 (Biblioth. nat., ms. fr. 3980, fol. 189, 246, 284), d'Arnaud Sorbin de Sainte-Foix, 1591 (ibid., foi. 119), du sieur de Ranlijîny, 1592 (fr. 3981, fol. 108), de Joachim de Dintevilie (fr. 3623, fol. 23).
Quant aux personnages dont la famille était originaire d'Italie» comme Pierre de Gondij rien de plus naturel que de les voir écrire en ilalicQ.