‹ Les Français italianisants au XVIe siècleChapitre 30 sur 67 · X. — JEAN DE VAUZELLES · texte numérisé non relu

X. — JEAN DE VAUZELLES

bles faictz de N. S. lesuchrisl / en dix neuf chapitres rédigée. — [A la fin :] Imprime a Lyon par Gilbert de Villiers tan mil cinq cens XXVI [1526]. (n-8 goth. de 44 ff. non chiffr.

Jean de Vauzelles s'est borné à mettre en français la traduction latine d'Ammonius qu'avait donnée Ottmar Nachligall, dit Luscinius, de Strasbourg *. Il a fait précéder sa version d'une épître adressée à Marguerite d'Angoulêrae, duchesse d'Alençon, « par ung chevalier de vray zelle 2. »

Ainsi Vauzelles n^était encore que « chevalier de Saint-Jean » quand il publia cet ouvrage; mais, dès l'année suivante, il obtint, grâce peut-être à la protection de Marguerite, un bénéfice plus important, le prieuré de Montrottier, ou Montorlier, situé entre Beauregard.et Trévoux, et dont le revenu était considérable 3. C'est au prieur de Montrottier que Jacques de Vintimille dédie le poème De Bello Ehodio, composé par lui à la louange de son libérateur, Georges de Vauzelles (poème commencé vers 1526) *. Dans ses éloges il ne sépare pas les deux frères, disant au commandeur de Malte :

Tu pietatc tues vincis, tu robore Turcas ; Doctrina frater nomen in astra refert *.

Le chevalier-prieur remplit alors les fonctions de doyen et d'official de la Primatiale, c'est-à-dire qu'il était le vicaire de l'évêque pour l'exercice de la juridiction contentieuse. Il fut député, en celle qualité, par le chapitre vers le duc de Savoie pour liquider les affaires de l'évêché un moment institué à Bourg-en-Bresse *. Il fut honoré par la reine de Navarre d'un

^ Evangelicae historiae ex quatuor evangelistis perpétue tenore continuata Narralio, ex Ammonii Alexandrini fragmentis (juibusdani, e graeco per Ottomarum Luscinium versa.... Augustae Vindelicorum, per Simpertum Ruff, expensis Sigis. Grim, men, novembri 1523. ln-4.

« British Muséum, 3832. a. — Cf. Brunet, III, col. 293.

* Montrottier relevait de l'abbave de Savigny. Voy. Revue du Lyonnais, 30 sér., XIII (1872), p. 53, en note.

» Biblioth. nat., ms. lat. 6.069.

" Ludovic de Vauzelles, Vie de Jacques^ comte de Vintimilley 1865, pp. 38-40.

* Revue du Lyonnais, 3^ série, XllI, p. 56.

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office de maître des requêles *. Par la suite il reçut encore le litre d'aumônier du roi, comme nous l'apprend l'épître qui précède la traduction qu'il donna en 1542 du traité de P. Arelino sur la Genèse.

Les revenus de Montrottier, ajoutés à ses autres bénéfices, fournirent à Jean de Vauzelles les moyens de secourir efficacement les pauvres qui en 1531, pressés par la famine, vinrent chercher du pain à Lyon ; ils lui permirent aussi de s'intéresser d'une façon suivie à l'aumône de la ville.

Depuis des siècles, Lyon peut être considéré comme la capitale de la charité en France. Les grands marchands qui ont fait la fortune de la ville ont toujours tenu à honneur de doter les établissements fondés en faveur des pauvres et des malades. Le principal titre de Jean de Vauzelles au souvenir reconnaissant de la postérité est certainement la part qu'il prit au développement de ces œuvres admirables. Non seulement il servit à l'hôpilal une rente annuelle de 300 1. t. et plus 2, somme énorme pour l'époque, mais il tint à faire connaître au dehors des institutions que les autres grandes villes pouvaient imiter. En 1531 il donna communication à un riche marchand de Toulouse, Jean Barril ^, des règlements qui avaient été faits à Lyon en faveur des pauvres afïamés, et celui-ci les fit imprimer pour que ses concitoyens en fissent leur profil. Voici la description de ce volume rarissime :

Police subsidiaire a celle qua || si infinie multitude des Poures surue- Il nuz a Lyô sur le Rosne / lan Mil cinq ces || XXXL Auec les Grâces que les Poures 1| en rêdêt a Dieu et a messieurs de

' Voy. plus loin la lettre de Bartolommeo Panciatichi en date du l»»- mai 1539.

^ Rabelais, éd. Jannet, VII, p. xliv.

^ Jean Barril était en relations avec Marguerite d'Angouléme, pour qui il fit imprimer une édition des Enseignemens composée par Anne de Beaujeu pour sa fille Suzanne de Bourbon. L'exemplaire de ce très précieux livre qui a figuré en 1894 à la vente dos livres de M. le comte de Lignerolles (Cat., I, n" 519) fait aujourd'hui partie de la bibliothèque James de Rothschild.

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