‹ Les Français italianisants au XVIe siècleChapitre 32 sur 67 · X. — JEAN DE VAUZELLES · texte numérisé non relu

X. — JEAN DE VAUZELLES

La pièce est écrite en prose et en vers. En voici le début ; Si pour pleurer, gémir ou fondre en larmes.... *.

Bien que la muse de Jean de Vauzelles fût peu brillante, il se plaisait à rimer sur les sujets les plus divers. Lorsque Marot mit à la mode les blasons en publiant Tépigramme du beau Télin, Jean fut du nombre des poètes qui suivirent son exemple. H composa pour sa part le Blason des cheveulx et le Blason de la Mort, Les deux pièces ne sont accompagnées d'aucun nom dans le recueil qui suit les éditions de VHecatomphile de Léon Battista Alberti imprimées par un anonyme en 1536 2, par François Juste à Lyon en 1537, et par Pierre Sergent à Parrs en 1539 ^; mais elles sont signées « Vauzelles » dans les éditions séparées des Blasons anatomiques publiées par Charles L'Angelier, à Paris, en 1543, in-16 *, et 1550, in-16 ^ Le Blason de la Mort se terminant par la devise D'un vray zèle, l'attribution à notre auteur ne peut faire l'objet d'aucun doute. Le Blason des Cheveulx n'est accompagné d'aucune devise, et M. Ludovic de Vauzelles le croit l'œuvre de Mathieu plutôt que de Jean ^; mais il ne peut alléguer aucune raison sérieuse. M. Georges Guifïrey fait honneur de cette composition à Macé ou Mathieu de Vaucelles, libraire au Mans, qui prit part à la querelle de Marot et de Sagon sous le nom du « poëte champeslre », mais il est évident qu'il n'a pas étudié la question et se. prononce au hasard.

Les Blasons offrent cet intérêt qu'ils nous montrent Jean de Vauzelles prenant part à une joule poétique dans laquelle se ren-

^ La devise Sub umbra alarum tuarum se retrouve, en 1539, dans les Trois Livres de l'humanité de Jesuchrist. Voy. w-après.

2 Cat. Guyotde Villeneuve, 1901, n» 652.

3 Voy. Cat. Rothschild, I, n^ 803.

* Cat. Guyotde Villeneuve, 1901, n^ 655; Cat. Pichon.

* Cat. Rothschild, I, n» 810.

* Revue du Lyonnais, 4877, III, p. 432. — En raison de celte attribution, le critique intitule son article ; Poésies de Matthieu et de Jehan de Vauzelles. En réalité, on ne connaît aucun vers de Mathieu.

Œuvres de Maroty III, p. 401. — La Croix du 3Jaine nous apprend que ce Macé de Vaucelles naquit le 18 janvier 1507 et mourut le l»"* janvier 1378,

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contraient les poètes les plus célèbres du temps. Il était lié avec tout ce que Lyon possédait d'hommes distingués et de lettrés.

Un de ces lettrés était Thumaniste italien Orlensio Lando, personnage singulier dont presque toutes les œuvres sont un tissu de paradoxes *. Celui-ci parle avec admiration du beau style latin de Jean de Vauzelles et de sa parfaite connaissance de la langue italienne. Voici comment il s'exprime : « Legi ego nonnulla quae clarissimus vir Jo. Vosellus, Montis Troterii regulus, legenda dédit : ne vivam si quid purius aut candidius scribi possit. Est praelerea ingenio pangendis carminibus amabili, liberalibus doctrinis sacràque disciplina instructus. In ethruscis literis tanto.s habet processus ut ethruscam nationem conturbarit, quo fit ut in spcm veniam plura praestaturum suo thealro quae polliceatur 2. »

Estienne Dolet, qui défendait lourdement Cicéron, tandis qu'Ortensio l'attaquait en badinant, partageait d'ailleurs son admiration pour les Vauzelles.

A la fin de l'épître dédicatoire à Guillaume Scève jointe au Dialogus de Imitatione Ciceroniana, épître datée de Paris le 9 novembre 1534, Estienne Dolet ^ fait en quelques mots un bel éloge des frères de Vauzelles :

« Voselliis tuis, viris humanissimis et literatorum amantissimis, Furnerioque nostro, amico suavissimo, salutem a me plurimam velim dicas. »

Jean Visagier, ou Vulteius, unissait de même les trois frères dans ses louanges *.

^ Voy. Ireneo Saifiesi, Il cinquecentista Ortensio Lando (Pistoia, fratelli Bracali, 1893, in-8).

' Cicero reoocatus (Lugduni, apud Seb. Gryphium, 1534, in-8), p. 75. — Cité par L. de Vauzelles.

^ Stephani Doleti Dialogus de Imitatione Ciceroniana, adversus Desiderium Erasmum Roterodamum pro Christôphoro Lonqolio (Lugduni, apud Seb. Gryphium, 1535, in-4o), p. 7. (BibJ. nat,, Rés. X. 1903.)

* Ad très Vauxellios fratres.

Très fratres celeberrimi optimorum, Très vita et genio et pares amore,

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