X. — JEAN DE VAUZELLES
de l'opère vostre in lingua francese ancora io per le mie vi facessi fede dei buon desiderio suo verso di voi, e parebbemi averlo fatto a bastanza se da poi il ritorno mio di Francia io non m'avedessi non essere a pena venuto a mezzo il corso del voler suo ; perché cgli, per una sua de li tre del présente, molto mi strigne, corne quelle che si pensa per amarvi e riverirvi, perô ch'io vi sia grato, che di continue soleciti la recordazione di lui apresso di voi, imponendomi vi scriva che Ambrogio vostro \ il quale a questi giorni mandasti in Francia a la serenissima regina di Navara con uno vostro nuovo parte di Nosira Donna *, avesse fatto capo a lui nel passar suo per Leone, Gli aria molto facilitata et aperta la via a detta regina sua padrona, e di più rimessolo su la posta per ritrovare la smarrita proniessa de li settecento scudi fattavi a Nizza da Sua Maestà Cristianissima ^ Ne che per questo non restera ove egli vegga che Topera sua vi sia giovevole d'impiegarla con lutte le sue forze. Per le quali cose mi pare Io possiate judicare non men vostro che ogni qualumque altro che ben vostro sia, e me ancora vostrissimo per l'aflfezzione e riverenza che di voi ogn'or mi cresce maggiore. Perô se stimerele che questo meriti mi legniate in vostra buona grazia, vi prego et facciate. La
* Ambrogio Eusebi, homme de confiance de l'Arétin, avait été envoyé par lui à Nice en 1538, afin d'obtenir, aussi bien du pape que des souverains rivaux, quelque témoignage de bienveillance sous forme de beaux deniers comptants ; ce serait alors que François I»*" aurait promis 600 écus. On possède d'Ambrogio une curieuse lettre datée de Nice le 12 avril 1538, dans laquelle il parle de Taccueil flatteur qu'il a reçu du roi {Lettere scritte a P. Aretino, 1532, II, p. 24; réimpression, II, i, p. 39.) Il revint en France en 1539, et, comme on le verra plus loin, l'Arétin l'y renvoya au commencement de 1540. Il obtint alors 300 écus du roi et 200 du cardinal de Lorraine; mais le cardinal Gaddi l'attira dans sa maison, le fit jouer et le dépouilla de son argent (voyez une curieuse lettre adressée au duc de Ferrare par ses agents Galeazzo Tassoni et Sacrati, en date d'Amiens, 21 février 1540, lettre citée par Al. Luzio. Un Pronostico satirico di Pietro AretinOy 1900, p. 133). En 1541, Ambrogio porta des lettres de son maître au roi Henri VIII d'Angleterre et à lord Thomas Cromwell, puis il passa en Espagne (on a de lui une lettre datée de Séville, le 10 septembre 1540, dans les Lettere scritte a P. Aretino, 1552, II, p. 26; réimpression, II, i, p. 41). Un peu plus tard, il est en Amérique, au Paraguay (ibid., II, p. 28; réimpression, II, I, p. 44).
* La Vita di Maria Vergine. Venetia, 1539. In-8. (British Muséum. 218. f. 11 (1).)
^ Voy. la note 1 ci-dessus.
136 X. — JEAN DE VAUZELLES
{çrazia et pace di Cristo sia sempre con voi. In Firenze, il giorno XIIII di fcbraro MDXXXIX.
« Di V. S.
« Bartolomeo Panciatichi *. »
Quelques jours plus tard s'achevait l'impression d'un premier ouvrage de l'Arétin ; en voici le titre et la description :
Trois Liures || De l'Humanité || de lesuchrist : || éiuinement descripte, & au vif re- 1| présentée par Pierre Aretin Italien, || Nouuellement traduictz || en François. || 1539 || Auec priuileige pour Ul ans. — [A la p. 358 :] Melchior & Gaspar Trechsel frères finirent \\ d'imprimer ce Hure a Lyon le premier \\ iour de Mars, M. D. XXXIX. [n-8 de 8 fï. lim., 358 pp. et 1 f.
Le litre porte la marque des frères Trechsel (Silvestre, n» 337).
Au y» du titre est un extrait du privilège accordé pour trois ans auxdits imprimeurs. La date n'en est pas rapportée.
Les ff. 2-4 contiennent TépUre dédicatoire de l'Arétin « Au grand conte Maximian Stampe ».
Les 3 ff. qui suivent sont occupés par une épître dédicatoire dont voici quelques extraits :
» A la royne de Navarre tresauguste félicité » D*un vray zèle,
» Le catalogue de celle tant heroïcque noblesse par l'Arétin cy après en son proesme ironiquement de redondans epithettes canonizée, desquelz il sçait oindre et picquer, n'a semblé a mon vray zèle eslre recevable sans l'adjunction de vostre tant célébré nom, la saincteté duquel eut illustré son livre de VHumanité de Christ, princesse des humaines, de plus pertinente décoration que les incroyables louanges prestées a maintz princes l'a mys en avant, plus pour les inciter aux vertus qu'il leur preste que pour les en affermer possesseurs. Et si l'Arctin n'eut esté en ce plus ignorant que la mesme ignorance, on qu'il eut eu telle principaulté au bien dire, comme au mesdire il est l'archimesdisant, il ne vous eut pas obmise ; mais eussiez esté chef de la sacrosainte letanie, comme celle qui lousjours avez es sainctz Escriptz pris voz pccu-
* Lettere scritte a P. Aretirw, 1552, II, p. 57 ; éd. de 1874, II, i, p. 91.