X. — JEAN DE VAUZELLES i
lieres délectations. Et en cecy ne sçaurois excuser l'Aretin, s'il ne l'avoit expressément faict, tant pour ce qu'en vous n'avoit tache dont il vous peut, comme les aullres, soubz colorées louenges estoquer, et aussi pour laisser lieu de peculiere panégyrique a celluy qui l'Aretine éloquence italienne vous représente en la nostre françoyse. A laquelle entreprise, pour non vous estre du tout serviteur inutile, et voyant la grâce que m'avez faicte en acceptant aultres miens opuscules indignes de vous, ay voulentiers faict essay, comme chevallier de vray zèle, de conquester es voyes inaccessibles de l'Aretin a tout le moins renom de féal truchement, si je ne puys estre si expert que le requeroit Vostre Majesté.... »
Cette épître, à peine intelligible, se termine par la devise de Yauzelles : Sub umbra alarum tuarum *.
Le 8e f. lim. contient, au r«, un Vœu offert au roy par VAretin, et, au v«, un joli bois représentant l'Annonciation.
Le f. final est rempli par la liste des fautes à corriger.
Biblioth. nat., D. 11892. — Biblioth. de l'Arsenal, Th. 4534. — Notre bibliothèque *.
Le même jour, les imprimeurs achevaient un autre volume, destiné à être vendu avec le premier. Par un contraste piquant, le prieur de Montrottier, qui venait de célébrer Tliumanité de Jésus-Christ, y exaltait la divinité de TArétin :
* Les Vauzelles portaient : d'azur à trois demi-vols d'argent, posés deux et un, au chef d'or. Leur devise, tirée du psaume XV, était : Sub umbra alarum tuarum protège noSj ou mieux, en français, avec le jeu de mots : Abriez nous sous voz estes.
* Soixante-cinq ans plus tard, Pierre de Larivey reloucha la traduction de Vauzelles et fit réimprimer l'ouvrage sous son nom, évitant d'en mentionner l'auteur :
L'Humanité de || Nostre Sauueur H lesus Christ : || Traictans de sa diuine & immaculée Conception, || de sa saincte & miraculeuse Natiuité, de sa Vie & || de ses Miracles, de sa Mort, de sa Résurrection, || (Se de son admirable & glorieuse Ascension au || Ciel vers Dieu son Père. || Mise en François, || Par P. Delariuey, Chanoine en l'Eglise || Royale & CoUegialle S. Eslirnne de Troyes. || A T roy es, \\ Par Pierre Cheuillot, l'Imprimeur du Roy \\ Et se vendent \\ A Paris, \\ Chez Gilles Robinoty au Palais, par où on va \\ à la Chancellerie. \\ M. DC. DCIllI (1604]. Il Auec priuilege du Roy pour dix ans. ln-8 de 8 ft. lim., 197 flf. chiftr., 2 ff. pour le Privilège et V Approbation, 1 f. blanc et 6 tf. de Table.
Biblioth. nat., Rés. D. 11893.
138 X. — JEAN DE VAUZELLES
La Passion de || lesnchrist, || vifuement descriple par le Diuin Il engin de Pierre Aretin || [lalien : & || Nouuellement Iraduicle Il en François: || Auec priuilege pour .III. ans. — [A la p. 117, ligne 14 :] Melchior & Gaspar Trechsel frères finirent \\ dimprimer ce Hure a Lyon le premier iour \\ de Mars, M. D. XXXIX. In-8 de 117 pp. et 1 f.
Le litre porte la marque des frères Trechsel (Silvestre, n» 337). Au v« du litre est une épîlre qui commence ainsi :
« A treshaulte et tresillustre princesse, Jane de Navarre, salut d*un vray zèle
» Avec cette audace, entre les vertus la plus regardée de fortune, lustre tresillustre des princesses, avec laquelle tant souvent j'ay importuné la majesté de la royne vostre mère, mesmes luy desdiant le livre de VHumanité de Jesuchrist, m'enhardiray aussi vous présenter sa Passion descriple par l'Arelin, affin que d'un mesme livre, s'il advient qu'il vous soit agréable, naissent deux utiles effectz; c'est qu'en contentant elle et vous, ceste mienne translation, indigne de toutes deux, soit faicle digne pour estre consacrée a tant excellens sacraires de vertus, ainsi que les choses prophanes desdiées es temples sont pour cela saincles et prisées plus que pour leur valeur propre.... »
La p. 7 est occupée par une figure sur bois, qui représente le Christ en croix.
Le f. final contient, au r<>, l'extrait du privilège ; le v» en est blanc.
Biblioth. municipale de Grenoble, F. 19795. (Communication de Magnien, bibliothécaire *.)
La lettre de Vauzelles et les deux ouvrages qu'il avait traduits en français furent remis à Bartolommeo Panciatichi pour être expédiés à Venise ; mais celui-ci prit deux mois pour s'acquitter de la commission. Il envoya le paquet le 1" mai, en y joignant la lettre suivante :
* Brunet dit à tort que La Passion est ordinairement jointe à L'Humanité.