‹ Les Français italianisants au XVIe siècleChapitre 51 sur 67 · X. — Jean bE Vau^eLLeS l5Ô · texte numérisé non relu

X. — Jean bE Vau^eLLeS l5Ô

A la p. 4 commencent les Ryme in versi :

lingua, indarno eran le parole....

A la p. 15 est une épître de Pietro Arelino « Al christianissimo Sire », écrite à Venise, s. d.

Les Ternali in gloria de la reina di Francia commencent à la p. 17 :

Mentre con humiltà guardo et contemplo.... *

Nous ignorons quel accueil Pietro Aretino fit à Timpression de Jean de Tournes. C'est un volume des plus modestes, entièrement dépourvu des ornements qui rendent si séduisantes la plupart des productions du maître lyonnais : on sent que le typographe n'a pas eu le temps de déployer son art 2.

Ici s'arrêtent les documents qui nous ont permis de suivre les relations de Jean de Vauzelles avec Pietro Aretino. Notre auteur vivait encore en 1552, année où il soutint un procès contre le chanoine Pierre Peyron ^. Les vers qu'il écrivit en l'honneur à Louise Labé, vers qui ne furent imprimés qu'en 1555 *, sont probablement antérieurs à cette date. Nous ne savons rien des dernières années du prieur, qui, au dire de ses biographes, paraît s'être éteint vers 1557. En 1559, le prieuré de Montrottier appartenait à Jean Scève ^

* Biblioth. Marcienne à Venise, n» 47911.

* Dans une lettre datée du mois d'août 1551, TArétin parle du volume qui venait d'être imprimé en France {LelterCy 1609, VI, fol. 7, v°).

' Voy. sur ce procès la note de Ludovic de Vauzelles, Notice sur Mathieu de Vauzelles, p. 25.

* Voy. ci-dessus, p. 126.

^ Goujct, Bibliothèque françoise, XI, p. 451.

162 Xt. — JEAN DE TOURNÉS

sédons des épîtres dédicatoires ou des avant-propos; et qui auraient eu ainsi le droit de figurer dans notre galerie des italianisants. Nous n'avons pas cru devoir relever ces pièces qui n'ont guère d'importance pour riiistoire littéraire, tandis qu'il nous a paru indispensable de dire quelques mots d'un grand imprimeur et d'un grand libraire de Lyon, qui ont tous deux cultivé les lettres italiennes, et dont les éditions ont eu beaucoup de vogue des deux côtés des Alpes; nous voulons parler de Jean de Tournes et de Guillaume Roville.

Jean de Tournes peut être considéré comme le plus habile imprimeur que Lyon ait produit à l'époque de sa splendeur artisti-

blement originaire du Jura; d'Eustache Hébert, qui exerce à Turin en 1520; de Philippe Fayot, iTnprinr)eur ou correcteur à Milan en 1521; de Jean Berruyer, imprimeur à Savone en 1524; de Bernard Du Mont du Chat, qui signe un livre à Turin vers 1525; de Vincent Vaugris, ou Valgrisio, originaire du Lyonnais, qui imprime à Venise de 1529 à 1569 au moins, et dont un descendant, Feiice Valgrisio, exerce en 1587 et 1588; de Gilbert Néhou, qui fonde une typographie à Bari en 1535; de Jean Bouilhat, Henri Des Champs et Antoine Hucher, qui exercent à Ferrare en 1538 et 1539, et dont le premier et le der* nier restent associés jusqu'en 1558; dAntoine Gardane, qui compose de la musique et qui imprime à Venise de 1538 à 1569, et dont un descendant, Alessandro Gardano, possède un atelier à Rome de 1583 à 1591 au moins, tandis qu'un autre, Angelo, reste à Venise, où on le rencontre de 1581 à 1589; d'Antoine Blanc, qui imprime à Turin vers 1545, puis se fixe à Lyon; d'Antoine Barré, qui est, comme Gardane,. musicien et imprimeur, et qui est établi à Rome de 1555 à 1560 au moins; de Georges Marescot, qui passe en Italie, vers 1543 (en 1598, il dit dans une épître française qui précède VOrazione al christianissimo Enrico quarto, de Scipione Ammirato, qu'il a quitté la France depuis quarante-cinq ans), et qui possède un atelier à Florence depuis 1565 au moins jusqu'en 1600, laissant après lui Cristofano Marescotti et les héritiers de ce dernier; enfin de Pierre de Huchin, ou Dehuchin, Parisien, qui, au moment où deux membres de sa famille acquièrent le bourgeoisie de Genève (Claude en 1562, et Jean en 1567), passe à Venise, où nous le trouvons sous le nom de Dehuchino, ou Deuchino, de 1573 à 1575, et OÙ son descendant, Evangelista, d'abord établi à Trévise (1597-1602), reprend sa succession jusqu'en 1627.

Il faut peut-être citer aussi Antoine Ravot, qui imprime à Turin en 1518, associé avec Niccolô de Benedictis, en 1520, associé avec Eustache Hébert, puis seul jusqu'en 1531, et Pierre Ravot, qui paraît avoir été le successeur dAntoine. Tous deux pourraient bien avoir été parents du Claude Ravot que l'on trouve à Paris en 1558, puis à Lyon,

que. Ses productions feront toujours l'admiration des gens de goût et mériteront toujours d'être recherchées par les amateurs, tant pour l'élégance des caractères que pour l'heureuse disposition du texte, la beauté des figures qui l'accompagnent, la netteté du tirage et le choix du papier. Nous n'avons pas le projet d'écrire ici l'histoire de ^e grand artiste, ni même de lui consacrer une notice développée; nous y sommes d'autant moins porté que notre cher et savant ami Alfred Cartier a entrepris de rédiger des annales de l'imprimerie Tournésienne qui seront certainement dignes du sujet, et que M. Julien Baudrier, qui s'est généreusement dépouillé en faveur du bibliographe genevois d'une foule de renseignements précieux, devra tôt ou lard consacrer aux de Tournes d'importants articles de sa Bibliographie lyonnaise. Nous nous bornerons donc à dire quelques mots des études et des publications italiennes du célèbre imprimeur.

Jean de Tournes, entré vers 15.S2 chez Sébastien Gryphius comme simple compagnon, avait été immédiatement occupé à la composition des Opère de Luigi Alamanni ; il était déjà sans doute quelque peu initié à la langue italienne; aussi put-il goûter le charme des œuvres du poète florentin. Il y puisa l'amour de l'idiome toscan et il garda cet amour toute sa vie. Une épître à Maurice Scève dont l'imprimeur a fait précéder, en 1545, son édition des œuvres de Pétrarque, nous donne sur ce point des détails très curieux et très précis, en même temps qu'elle nous fait connaître une mystification dont le roi François 1" et divers autres personnages paraissent avoir été victimes. On trouvera plus loin (p. 167) le texte de cette pièce.

Après avoir imprimé les œuvres de Pétrarque et de Dante, Jean de Tournes semble s'être assuré le service d'un correcteur italien capable de revoir les textes qu'il reproduisait ou de traduire des livres latins ou français. En 1550, cet office était rempli par Paolo Pinzio, qui mit en italien un ouvrage d'Antoine Du Moulin, et que nous ne connaissons que par cette seule publication K

Jean de Tournes eut ensuite auprès de lui un écrivain protes-

* Voy. ci-après, p. 174, le n*» 4 de la bibliographie.

tant qui n'est connu que sous le pseudonyme de Massimo Teofilo. Ce fut ce Teofilo qui établit le texte du Nuovo Testamenio imprimé par un anonyme à Lyon en 1551 et reproduit par Jean de Tournes en 1556. Quel était ce personnage? On serait tenté de l'identifier avec le célèbre prédicateur Gio. Luigi Pascali, que Ton sait s'être occupé de traductions bibliques. .

Il y a pourtant celte difficulté que Massimo Teofilo se qualifie Florentin, tandis que Pascali était originaire de Coni ; mais il faut peut-être voir dans cette qualification une simple supercherie destinée à dérouter les recherches*. Gio. Luigi Pascali fut admis le 10 décembre 1555, à la bourgeoisie de Genève ^. Apres avoir résidé quelque temps à Genève ou à Lausanne, il commit l'imprudence d'aller prêcher en Calabre; il fut saisi par les agents de l'Inquisition, emprisonné à Cosenza, puis à Naples, et brûlé à Rome, comme « iuterano perfido », le 15 septembre 1560 3.

On peut penser aussi à identifier Massimo Teofilo avec un religieux florentin qui vivait à Lyon, frère Teofilo Fedini, de l'ordre de saint Dominique. Ce Fedini est connu pour avoir publié un Brève Discorso sopra VOralione dominicale (Lyone, Sebastiano di Honorali, 1559, in-8) *. Avait-il adhéré aux idées nouvelles ? La chose est possible; mais nous ne savons rien à cet égard. Quelques années plus tard, frère Teofilo était rentré en Italie, où il publiait Vlnstitutione del huomo chrisiiano, trattata sopra Vesposiiione del Salmo 448 (Firenze, G. Marescotti, 1566, in-8) \ puis des Discorsi spirituali sopra il Giardino de' peccatori nella esposizione de* VII Salmi penitenziali (Vinegia,

^ Pascali s'étudiait peut-être à écrire le beau langage florentin ; mais on ne peut faire sur ce point que des suppositions. Il ne faut pas confondre le futur martyr avec le poète Lodovico Pascale, de Cattaro, qui, en 1549, publiait des Rime volgari.el adressait à Pietro Aretino un sonnet des plus élogieux {Lettere di P. Aretino, 1609, VI, fol. 133 v^).

* Il est appelé alors « hon. Jehan Loys Pascal, filz de Anthoenne, de Piedmont »>. Il est taxé à 12 écus, 1 s*. Voy. Le Livre des bourgeois (Genève. 1897, in-8}, p. 247.

* Voy. J. Crespin, Histoire des martyrs, 1597, in- fol., fol. 506-515, et Domenico Orano, Liberi Pensatori bruciati in Roma dal XVI al XVIII secolo (Roma, 1904, in-8), p. 10.

* Baudrier, Bibliographie lyonnaise, IV, p. 177. » Biblioth. nat., D. 34783.

Giolito, 1567, in-8) * et la traduction italienne de la Summa sanciorum sacramentorum du P. Francesco de Veiloria, 1576 2.

De 1544 à 1556, Damiano Maraffi dirige les presses italiennes de Jean de Tournes. Ce Damiano était Florentin; il était probablement le frère du Bartolommeo Maraffi, qui traduisit en italien le Trésor de vertu de Pierre Tredehau (1555, 1583) et le Petit traité de Arnalte et Lucenda, de Diego de San Pedro (1555, 1570, 1581). Tout ce que nous savons de lui, c'est qu'il avait eu pour élève, à Nizza délia Paglia, le poète Giuliano Goselini, né en 1525, mort en 1587 ^ Trois volumes seulement portent son nom : les Figure del Vecchio Testamento et les Figure del Nuovo Testamento, accompagnées par lui de vers italiens et précédées de son portrait (1554), et la traduction italienne des Prodigia de Julius Obsequens et de Poiydore Virgile (1554); mais il est certain que Damiano avait préparé d'autres publications. Comme nous l'a fait remarquer notre ami Alfred Cartier, le privilège, en date du 15 juillet 1555, qui accompagne le volume intitulé Suétone Tranquille, de la vie des XII Césars, traduit par George de La Boutiere, Autunois (Lion, par Jan de Tournes, 1556, in-4), mentionne, avec plusieurs autres ouvrages, Les Illustracions de Gaule en langue italienne par Damian Maraffy, Florentin. Ainsi l'auteur florentiu avait traduit le traité de Jean Le Maire; mais sa traduction ne semble pas avoir jamais été imprimée. Peut-être mourut-il avant d'avoir pu y mettre la dernière main.

En 1558 et 1559, c'est Gabriel Simeoni qui attache son nom aux impressions italiennes de Jean de Tournes. L'écrivain florentin, qui essayait de tout et qui voyait toujours la fortune lui échapper, avait publié pour Guillaume Roville en 1555 la traduction du Discours sur la castrametation et discipline militaire des anciens Romains, de Guillaume Du ChonI; cela ne l'empocha

* S. Bon^i, Annali.

* Somma dei santi Sagramenti del P. Francesco de Vettoria, dominicano, tradotla di latine in volgare dal P. TeoHlo Fedini, dei medesimo ordine. In Fiorenzay nella stamperia di Giorgio Marescotii, 1576. In-8. (Biblioth. Ghigi, à Rome.)

' Rime del S. Giuliano Goselini, 1588, in-12, fol. 8 v».

pas de donner à son concurrent, en 1558, Vlllustratione degli epitaffi et medaglie antiche et l'édition française intitulée Les illustres Observations antiques du seigneur Gabriel Symeon; puis, en 1559, La Vita et Mctamorfoseo d'Ovidio figurato. Dans le cours de la môme année 1559, Simeoni rentra chez Rovillc.

Jean de Tournes mourut en 1564. Il avait été marié quatre fois. Sa quatrième femme, Françoise Berthal, était veuve, en premières noces, du libraire Gilles Huguetan, qui avait exercé à Paris, puis à Lyon, et, en secondes noces, de Jacques Myca. Françoise avait eu de Huguetan trois tilles, et de Myca une fille; elle testa le 10 septembre 1560, alors qu'elle était enceinte d'un fils *. Jean eut pour successeur son fils Jean II, né en 1539. Celui-ci fut, comme son père, un zélé calviniste. Il réimprima les ouvrages qui avaient précédemment paru dans l'officine paternelle; mais ce fut un simple marchand et non plus un artiste. Le 10 novembre 1585, Jean II fut autorisé à établir une Imprimerie à Genève; il y acquit le droit de bourgeoisie le 19 avril 1596, fut élu en 1604 membre du conseil des CC, et mourut en 1615. Nous avons ajouté à la liste des éditions italiennes de Jean I" les quelques volumes exécutés par Jean II.

Ouvrages italiens imprimés par Jean I^*^ de Tournes.

I. Il II Petrarca. || if/fet"'; Il ^^ ^«o^^> Il ^^^ Giouan di Tournes, Il M. D. XXXXV (1545). In-16 de 400 pp. et 8 fï., car. ital.

Le titre est orné d'un médaiUon contenant le portrait de Pétrarque.

Les pp. 3-8 contiennent une épître dédicatoire que nous reproduisons, en y ajoutant les variantes de le réimpression de 1550 :

* Communication de M. Alfred Cartier. — Cf. Baudrier, Bibliographie lyonnaise, I, pp. 151, 409. '

« A non men virtuoso che dotto M. Mauritio Scaeva, Giovan di Tournes, suo affettionatissimo S.

« Già dodeci anni * sono e più ', signor mio, che da prima cominciai ' a pratticar ♦ nella casa dil S. Gryphio *, e dal principio fui un di quelii compositori, che s'aiutorno a comporre insu la slampa le divine opère di messer Luigi Alamanni, gentilhuomo tanto honorato in Francia quante celebrato in Italia ; la quai cosa ml mosse non solamente ad aprezar •, ma ancora ad amar e a compiacermi molto in questa lingua toscana, di modo qu'alhora dissegnai di continuer in questo volgare, como ' le mie facultà vi si ofteriranno. Or, havend'io fato lagliar questi caratteri et altri propri per stampar poeti e altre opère da piacer ', subito mi venne nella memoria baver visto il Petrarcha stampato assai

.* Édition de 1550 : Già sedeci anni.

* Le tome I" des Opère toscane de Luigi Alamanni est daté, sur le titre, de 1531, et, à la fm, de 1S32; le tome II est daté de 1533.

^ Impr. commiciai.

* 1550 pratticare.

* 1550 di M. Sebastiano Gritio.

Sébastian Greif, dit Gryphius, probablement fils de Michel, était né à Reutlingen en Souabe vers 1493.11 s'établit tout jeune à Lyon, comme imprimeur. La plus ancienne de ses productions actuellement connues, les Commentaria in Decretalium libros de N. Todeschi, dit le Panormitain, est datée de 1524, mais fait allusion à des publications antérieures. Gryphius travailla beaucoup pour l'Italie, où ses productions sont encore aujourd'hui beaucoup plus répandues qu'en France. Il fut naturalisé en novembre 1532. {Cat. des actes de François /«^ VI, n»» 20486, 20801). Sébastien mourut le 7 septembre 1556. Son épita.phe, détruite pendant la Révolution, portait qu'il avait épousé une veuve, Françoise Mermct, dont il n'avait pas eu d'enfant. Antoine Gryphius qui lui succéda était donc son neveu, ou son lils naturel. François Gryphius, qui s'établit à Paris, paraît avoir été son frère (M. Pellechet, Notes sur les livres liturgiques des diocèses d'Autun, Chalon et Mdcon^ 1883, p. 83, n. 3). Ajoutons que Giovanni Gritfio, imprimeur à Venise de 1547 à 1565 au moins, Alessandro Grifflo, qui lui succéda et que nous rencontrons en 1585, et Cristoforo Griifio, imprimeur à Padoue de 1563 à 1571 au moins, devaient être les cousins de Sébastien.

* 1550 apprezar.

' 1550 come.

* 1550 da piacere. — L'édition des œuvres de Pétrarque donnée par J. de Tournes est effectivement imprimée avec un joli caractère italique, très net et qui paraît tout neuf.

Quand Luigi Alamanni avait voulu faire imprimer ses œuvres sur le sol français, les imprimeurs lyonnais n'avaient peut-être plus les lettres italiques qui avaient été employées pour les contrefaçons aldines; le

fnistamente in picciol volume, cosa, certo, che m'è parsa non men injuriosa * al poeta che fastidiosa ai lettori ; perô mi son messo insu questo a exercilarmi * in questa lingua da nostri hoggi lanto estimala, massimamente nella corte del nostro gran syre '. Et perché mi ricordo haver inteso da molli valenli huomini et degni di fede che V. S. fu un di quelli che ritrovomo il sepulchro * di madonna Laura, ne volsi saper la verità da lei; il che (si come la gentilezza del voslro spirto ^ in queslo e in tutte altre cose si dimostra affettionatissimo) mi narrasli distesamente, ciô ô che, nell' anno del aboccamenlo di papa Clémente *, rilrovandosi V. S. nei studij ui Avignone, dove havendo slretta amicitia con un messer Gieronymo Mannelli ^ gentilhuomo Horentino, ai prieghi suoi ^ e continue soUecitationi d'un M. Bontempo, vicario del card. di Medeci, alhora arcivescovo ^ d'Avignone, doppo haver cercato tutti i battisleri di " castalli e luoghi circonvicini, e non ne rilrovando nova che si confacesse al vero, vi mettesti da cercare tutte le sépulture antiche, e conlinuando in cos\ lodevole faticha, neir convento di S. Francesco, nella capella di S. Croce, la prima a man dritla, fondala da quelli di Sadonc, trovasli una pietra grande senza alcune lettere, ne altro di sopra, salvo duoi certi scudi d'arme, guasti pe'l tempo, pur si vedeva una rosa insu la testa d'i " scudi; e informandovene da reliigiosi di chi fusse e non ne sapendo cavar alcuna verità, il R. vicario, présente, la fece aprire, deve non si ritrovô da prima che terra con minute ossa, e apresso " di una macella intera, una scatola di piombo chiusa

poète s'était fait donner par le roi, le 30 novembre 1531, la somme relativement énorme de 1.500 l. t. pour envoyer quérir à Venise des « fers », c'est-à-dire des poinçons ou des matrices, pour imprimer ses vers. (Cimber et Danjou Archives curieuses f l'« série, III, p. 85.)

* 1550 ingiuriosa.

* 1550 essercitarmi.

^ 1550 sire.

* 1550 sepolcro.

* 1550 del vostro divin spirto.

* François h^ se rendant à Marseille, arriva dans la ville d'Avignon le 29 août 1533, et s'y arrêta une quinzaine de jours.

' Probablement Girolamo Mannelli de Rocca Contrada, à qui son oncle Angelo Colocci céda en 1546 Tévêché de Nocera. (Tiraboschi, Storia délia letter. ital, VU (1809-1812), p. 1350.

* 1545 sue.

® 1530 archivescovo. — Il s'agit du cardinalIppolitode'Medici,m.en 1535. »o 1550 de.

1* 1550 de gli.

*' 1545 aprezzo.

con un lilo cl'erame, la quai subito aprisli et trovasti una membrana piegata e sigillala di sopra di cera verde, con una midaglia * di bronzo, senz' altra figura che d'una donna piccolissima da una banda solo, e da l'altra nulla; la quai donna con ambe le mani faceva visla d'aprirsi la veste insu'l petto, e d'intorno erano quatro lettre solamenle : M. L. M. I. * quai' ognun' s'ingegnô di voler cxporre, e accade che V. S. vi andô più d'apresso ' non ch'ella volessi assicurar *, che cossi fusse, pur cossi * Tcxplicô : Madonna Laura Morta Jace; e, aperla la carta, si trovô dcntro un sonetto difficile a légère, perché le lettere che si ritrovavano su i pieghi erano dall' antiquité sfassate *. Pur, como ' ella vi fu data nelle mani per provar se la potrcsti légère, compitamente V. S. la lesse, opponendola al lume del sole, et ne cavô il doppio, del quale non ho voluto privar qui il letlore, ma l'ho apposto con le arme et coir epilaphio del re Christianissimo, il quai, inlesa la nova di questo, andando aboccarsi con Clemenle in Marsiglia, la volse veder, et perô, il dl di Nostra Donna di settembrc, doppo le vespere uditte. Sua M. fece levar la pietra e cavar la scatola e lesse il sonetto. Essa S. M. ne fece un epitaphio qui solto scritto, del quale V. S. ne fece un epigramma in Iode di S. M. « e di madonna Laura tal che s'io l'havessi havuto nelle mani, non havrei temuto di farvi dispiacer di stamparlo qui. Ma io so che V. S. è cossi « discretta che non vuole dar nome a l'istessa " Iode, come mi dicesti, et che basta assai et meritevolmente che la verilà stîa cossi, ben ch ' il testimonio del R. card. Sadolctto, il quai venue di Carpentraso, dove si stava, a vederla, fusse '* sol sufficiente a acquetar quei commentatori che ogni giorno s'afifaticano il cervello a ricercar d'onde madonna Laura fusse 'S oltra ch'il Pelrarcha medesimo ne faccia assai fede nelle sue Egloghe latine, dove nominandola Galathea, dimostra assai a chi vuol veder accortamente ch'ella fu sepulta *' nella chiesa

* 1550 midaiglia.

* 1545 M. L M. L ' 1545 aprezzo.

* 1550 assicurare.

* 1550 cosi.

* 1550 cancellate.

' 1550 come.

« 1545 di sua S. M.

* 1550 cosi.

*o 1545 l'istesse.

" 1550 fosse.

" 1550 sepolla.

d'i * Cordelieri, dove ella fu ritrovata. Et perché queste prove mi bastanno assai per chi crede la verilà e per non volermi afatichar più oltre a assicurar chi non crede a se stesso, ve Iho stampato et dedicato, corne a colui ch'ii mérita, si per la fatiga che n'havete preso, si per poterne dar quaique voita più ampio teslimonio nelie vostre divinissime opère. Et con questo pregharô V. S. l'accettî da quel cuore il quai vi è più diuoto che mai. Da Lione, al di XXV. d'agosto M. D. XLV. »

Nous n'avons guère besoin de dire que toute cette histoire inventée par quelque Italien dont Maurice Scève fut la dupe, n'eut d'autre but que de mystifier le roi François l«% qui visita pieusement le tombeau de Laure et lui composa même une épitaphe française. Jean de Tournes a fait suivre son épîlre du sonnet que l'on disait avoir été trouvé dans le tombeau.

Voici cette pièce qui a dû être composée par quelque italien d'Avignon, sinon par Scève lui-même :

Questo è il sonetto ritrovato net sepulchro di madonna Laura in questo modo :

Qui riposan quel caste et felice ossa Di quella aima gentile e sola in terra.

Aspro e dur sasso, hor ben teco hai sottera El vero honor, la fama e beltà scossa.

Morte ha del verde lauro suelta e smossa Frcsca radice e il primo di mia guerra Di quatri lustri e più s'ancor non erra Mio pensier tristo, e l'chiude in pocca fossa.

Felice planta in borgo d'Avignone

Nacque e mori, e qui con ella giace

La pcnna, el stil, Tinchiostro e la ragione.

delicati mcmbri, o vivace face !

• Ch'ancor mi cuoggi e struggi in genochione, Chiascun pregi il signor t'accetli in pace !

« i5o0 de.

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