‹ Les Francais peints par eux-mêmesChapitre 111 sur 269 · CHARLES ROUGET · texte numérisé non relu

CHARLES ROUGET

ouïe créature du sexe féminin qui consncre humblement la moilié de sa vie à élever proprement ses enfants, qui mesure elle-même, ayant de le mettre en des mains étrangères. le calicot destiné au remplacement futur des vieilles chemises de son sei- It naitre, qui possède à fond la théorie di; la e groseille et de la marmelade d'abricot, qui se .eralt comme une énormilé tres-condamnable de iprimer une seule ligne, prose ou vers, signée de a, dans un journal quel qu'il soit, et qui regar- Qteur du présent article comme un sacrilège, ou moins comme un être fort dungenux; toute dÎ8-je, qui réunit en elle les qualités trop rares, |iie nous venons d'énumércr ici, peut a bon droit, innaire aidant, se gloriflcr du titre pompeusement I de femme de ménage.

oe o'est point de ct Uc-ci qu'il s*agit. heures ont successivement sonné à toutes les I environnantes; Paris se réveille. Le mouvele bruit, circonscrits jusqu*alors dans les quarintains, vont éclater bientôt. Quelques rares piémblables aux rau du bon la Fontaine, se hasarils sur le pavé désert. Des ouvriers se rendant é taux, s'arrêtent aux angles des rues pour allumer le 00 éteindre, si faire se peut, cette soif ardente il dés Taurore les ouvriers de Paris. Le quartier 9 la rue se peuple et s*émeut, les maisons sileo* d endormies s'éveillent insensiblement, la porte fait entendre un bftillement prolongé, les fené* Kottvrent leurs volets comme des paupières alour-

dies. Dans un instant la vie circulera dans ce corps de pierre. I^a laitière matinale a déjà repris ses vases de cuivre et ses cafetières de fe^blanc ; le commissionnaire sourit de l'œil à ses préparatifs de dôpart, et le garçon épicier, debout sur sa porte, le nez et le tablier retroussés, regardant tout d'un air goguenard et bon enfant, c<»mpléte par sa présence la physionomie de Paris à sept hi ures du malin.

Mais voici venir une femme : au milieu de celte blême population en cornette et en casaquin, en jupons courts et en mouchoirs chiffonnés, déshabillé de femmes de chambre et de bonnes d'enfants, débraillé matinal de la domesticité, cette femme est une anomalie, elle fait tache. Sa Ogure calme et reposée, son œil clair, sa démarche dégagée, tout annonce qu'elle est déjà levée depuis longtemps. Sa toilette est irréprochahlo ; l'observateur le plus rigide, le moraliste le plus scrupuleux, ne trouveraient rion à reprendre à son ajustement, au point de vue de la décence et de la sévérité. Jamais bonnet de mousseline fanée ne fut plus symétriquement posé sur cheveux plus problématiques. Jamais fichu ne fut mieux joint, jamais guimpe ne fut plus inflexible. Rien dans la tournure, dans le visage, ou dans les vêtements de cette femme ne laisse transpirer le plus petit indice de passion ou de vie accidentée.

S'il est vrai que le visage conserve quelque empreinte des affections de Tàme, des tendances de Tesprit; si les blessures intérieures ouvrent une plaie visible, si la vie déteint au dehors, si le cœur de l'homme, semblable A ces vases d'airain dans lesquels les négociants de Srayrne ou de Constantinople renferment les essences d'Orient, laisse toujours arriver à nos sens quelque émanation fugitive du parfum le mieux concentré; en un root, si chacun porte en soi le cachet indélébile de sa profession, de ses habitudes, de ses vertus ou de ses vices, nous ne saurons trop quel nng assigner k cette femme» quels

LA FEMME DE MÉlf AGB.

sûtiveDirs évoquer à sâ vue, quels rantômes faire surgir autour d'elle*

VoyeiOa : elle est seule ; elle marclie dius la rue d'uD pAi tranquillef maïs réglé. Bien n*aDU0Dce qu'elle i^em-^ presse. Ce n'est point Kouvrièrê qiii ^ê rend au traviîl journalier ï elle n'a rien de reUfonterie ntulïue de la femipe de chambre ; elle passe sans répondre au sourire imitai donl chaque apparition nouvelle est saluée : elle n'est pas du quartier, car elle semble ne cou naître per^ sûnoe. Elle sente est vêtue parmi ces quelques femmes couvertes I peine du vêtement delà nuit; son regard est calme et sans voile» tandis que chacun «lutour d'elle semble en guerre ouverte avec le sommeiK Quelle estelle donc? Son visage, empreinte utêe, n'otTre à l'analyse aucun signe satllaut; son costume ressemble, a bien peu de chose près, au costume habituel de la Temme du peuple. Elle 4 pourtant dans sou arrangement plus d'uniformiié que la bonne, moins d'opulence que h bouttquière, plus de sévérité que la grisette. Elle est propre, mais d*uue propreté fmide et triste a voir. £h bien l cette femme» qui n>^t ni bourgeoise ni commerçante, ni cuîminière, ni grise tte ; cette femme, quia moins de cin^ quante ans. et plus de trente» eotle femme qui ne sourit pas au commérage matinal des gazetiers en jupons, cette femme, que le concierge vîgîhut d'une maison de {% impie apparence salue à son entrée d'un bonjour affable et d'uo g%$te amical, c'est la femme de ménage.

La femme de ménage est une création toute paristenne. S*îl en e liste ailleurs qu'à Paris, c'e>t que rien au monde ne i^urait empêcher Teiportation. La femme de ménage est eu province ce que sont nos livres en Belgique i des éditions contrefaites. G^est à Parl^, â Paris seulement, pays de ressources et de subterfuges, 5*il en fut, que la femme de ménage i tu poindre son aurore. La femme de ménage est la domestique de ceui qui ne sont pas asseï riches pour eu avoir d'auire^;, et f as as^ei pauvres pour s'en psser. Servitude au rabais, domesLicité bâtarde, qui lui vend sa vie en détail, qui luî donne jarfob toutes les douleurs de l'esclavage çans qu'elle en ail ks profits, qui lui lait changer de maître, et d'humeur, et de traviuij â chaque instant de la jeuroée . Pauvre femme, que Ton dit travailler i la tâcbe, ou que l'on prend à l'heure» û l'on vent, tout comme l'on prendrait un fiacre l

FuQ caractère trtstt, miis facile, la femme de me* nage, surtout dans ses iuslants de repos, oiïre une douce image de la nèsignation pieu.*^ et du i^ardon des offenses. C^oique mariée le plus souvent, sa vie s'écoule ^litaire au milieu du monde, et ses joura pleins d'umertume s'tn vont côtoyant les eii^tenees heureuses ou gaîes p<>ur le service desquelles Dieu l'a fiit naître. Quand h femme de ménage n'est pas mariée, cV^t qu'elle ne l'est i lu^ : elle est veuve, yallei pas croire p^iur cela qu'elle lit changé dêconditioa : cette perte de l'objet de ses affections* comme on dit aujourd'hui, n'inllue en rien sur sa vie, le mariage n'étant pour elle qu'un veuvage anticipé. Mariée fort jeune, comme ou se marie dans le peuple, elle n'a fait que changer d'esclavage; elle i quitté le toit pster> nel, où elle Aait proposée' à la girde des enfants et aux s^'ini de la maison, pour preut&e. Sà^us Tempire d'un ép ui brutal et gros^^ier. le collii^r de force de la dômesticité ; les premiers jours de son union n'oat p<^int en de miel pour ses lèvres; les tîeurs dont on avait pire son sein se sont flétries avant la in du jour sous T baleine avinée de son épgu2> Et alors a coinm*'ncé pour elle ceHe t^iefice toute de misère, de déboires et de privatii34s, qu'elle traîne comme une lonrde chaîne jn^u^aa jonr où il pUira à Dieu de U délivrer de ce f^r^au. G>m-

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grir les oatiirels les pins d drames polgoants et sombra k ii^ ] honte joneol parfois miiwm sarde; si tous A¥Î«x soindé di rifuii deur de ces abtmes oà U feitM mC les soggestioDS de la mism eclclii TU à quel degré d'abmlissenieiill peut précipiter titi faoniine* eiT hi aussi, alors tous eompreodrici 1 deur et d*héroljnie m liriez dans ees rîd»

larmes et de ^^urageasa i^édgwti^ d'une respactneoBc piiîé jianr ceii' :

surmontant les &ihlé^s€S de seii corps comme elle a dovnpté son Im, fesston ingrate, ae plia é os i cieu sèment sa TÎe e&tra um m néant, qui la Tota et la hmU Hwmi tant plus exîgeaiit qu^elle act pfail

J'ai entendu quelque part, éoi h I çile, ce dicton po|iiilaîre asq[aelffl du patois ajoutait eaeora «naoi^

< Si une merlache litTcnirit iani.Aii riit. B

C'est surtout â la fcmi est applicable. En effet, aeioB kt^iJ]!

riable des ménagea imimiIib joue un rôle actif, mom wmmi il fait deux parts de aa ^ria c'est^^ire ches le i plus de cabarets son ivresse on à bittre :

ménage sont baimes par Icvr ^hI;!^ excepUoD â cette wé^e, elte i

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il n*j i gam qu'elle aeale fB w émi misères ; ft TÎe eâ ansai ciaiiM ~ fichn. el pent-étie ■'aarak^je ^mm pi un mot de lonl eect* si le i^aC «â^l m'avait &it reaeofiirer ita js^ i dont je vous rairriiiadi ai toal é j

Courageuse par étal, gratkate | nome par nécessîté cl aoèee fm de ménage est sans caa»ciil la pta| serviteurs. L'hahitnda de aev «^^v ^^i ri^es a donné â la pUs»e ; si le plos son tek te de tristesse f«i las lavaalâM;f*<^ 7 rence li plus cmple^ veuille poor mi bdanl lèvres, vous readrs ts^mimÊÊMÊ # 1 essaye de disiipo^ te dis adre vos desnises] cupations et ioa$ 1 insînoanle et ] solide de son gréa 1 vécu, el!e a '

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