‹ Les Francais peints par eux-mêmesChapitre 121 sur 269 · MADAME ANGELOT · texte numérisé non relu

MADAME ANGELOT

st-ce possible? qui Faurait pensé? et que faut-il faire maintenant? disait presque â voix basse et â ellemême une belle jeune femme plongée dans une inquiétude nonchalante ; puis ses grands yeux bleus se levaient sans que sa personne gracieuse et paisible fit aucun mouvement, regards s'attachaient sur une glace si bien placée, s réfléchissait des pieds jusqu'à la tête la belle rêqui ne pouvait éviter de s*y retrouver tout en-

I resta quelques instants silencieuse et attentive, liant ce visage régulier, ces traits délicats, ces nomtours, dont rien n'avait encore altéré la fraîcheur; xicles blondes, soyeuses et abondantes s'échapd'un léger bonnet du malin jeté sur sa jolie tète, pour la couvrir que pour Torner; les rubans res- Itants au hasard n'étaient là que pour attester la ence qui avait présidé à Farrangement matinal; néce habile qui doit toujours rendre assex belle pour lemble impossible que la plus brillante toilette ajouter quelque chose à la beauté, rquoi donc y a-t-il aujourd'hui, dans toute cette femme d'ordinaire si iiére, si imposante, si maîd*elle-méme, de ses paroles» de ses mouvements les regards , un mol abandon plein de découragent de soucis? Est-ce une coquetterie nouvelle ? Étulle une plus gracieuse et plus ravissante expression? cette suave indolence, cette vague rêverie, sont pprét; aucun art n'a présidé a cette pose pleine de B, et cette puissance de séduction que la jeune

femme possède en ce moment à son insu vient de ce qu'elle l'ignore, de ce qu'elle a oublié cette fois de penser à elle-même, et que ses mouvements comme son immobilité, tout est naturel, tant son Ame agitée par le plus grand intérêt de sa vie est entièrement concentrée sur l'objet de son inquiétude secrète; oui, toute la personne d'£mma, de cette vive et brillante comtesse de Mardlly, dont la mode avait fait sa divinité favorite, est en ce moment triste, distraite, découragée, à demi couchée dans une causeuse de velours bleu, d'où ses cheveux d'un blond doré, et son teint si délicat, si blanc et si doux, se détachent admirablement ; et sa tête est légèrement inclinée, comme si le poids de graves et profondes pensées, trop lourd à porter pour sa faiblesse, l*enlrainait malgré elle; une de ses mains, blanches, longues et flexibles, est tombée mollement à ses côtés, et se perd dans les plis multipliés du long peignoir de cachemire blanc qui l'enveloppe jusqu'aux pieds, et qu'une torsade blanche, nouée au bas de sa taille svelte, retient seulement pour attester la délicatesse de cette taille élégante, dont les contours se devinent à peine dans l'immense ampleur de sa robe : si l'autre main n'a pas suivi cette pente naturelle, c'est qu'involontairement elle s'est trouvée arrêtée po^ une imperceptible chaîne d'or que la belle rêveuse avait passée à son cou quelques instants auparavant, par un mouvement machinal, sans doute» car elle n'a pas jeté les yeux sur la petite montre que supporte cette chaîne et que ses doigts ont retenue et tiennent encore sans but et sans projet. Le cadran de la montre, celui des pendules, eussent vainement frappé les regards de la comtesse, elle n'eût rieo vu. Que lui importait Theure? Elle ne peul rappeler ni un souvenir, ni une espérance qui fasse battre son cœur. Emma n'a jamais aimé qu'elle seule au monde, et dans ce moment, absorbée par une idée, il n'y a plus de jours, plus d'heures, plus rien qui marque le

UNE FEMME A U MODE

temps pour cIIp, la vie est tout enlicre dans ce qui Toccjipc. l/eiin)v)rlLM*, iriomphcr, tout csl là, le reste n'existe plus.

Kilo ost toujours immobile, mais sa pensée s*échappc encor.' iu.;l;,ré elle de ses lèvres; ses paroles trahissent li. ancre'. M'.i ra;4ilc, et sos yeux interrogent avec anxiété le niir-ir. c^vSi lont involontaire de ses craintes cachées. *< Ai-j'î ^l'^no, dit-elle, perdu quelque chose de cette ho; lit-' fj-ron admirait? Un changement inaperçu par mes r«'i:nnls tî ouhlés a-l-il enlevé la puissance à ce visage qui cli.uni.'il? Ai-je oublié dans ma toilette cet art d'être élt'iî.iiitc avec assez de bizarrerie pour attirer les yeux, SUIS n) procher de coite singularité qui peut toucher au ridicnliî? Il ne s'agit pas pour moi d'être bien, mais d'elle nii.Mix; d'être jolie, mais d'être la plus jolie; d'être rein.-!r.|iié.^, mais d'être seule remarquable, car il vaudrait mieux êlre au premier rang dans un village qu*au srcoiid dans Paris. » Emma ne put s'empêcher de sourit o eu parodiant ainsi un célèbre bon mot, et d'ajouter : « 0 li, César avait raison... il fut le plus grand parce qu'il fut W plus ambitieux, et l'ambition.c'estlacoquetteriedes h:minies, voilà tout. » Et le regard de la belle ambilicMis»' avait l'air orgueilleux d'un conquérant sûr de reprriiiiro à main armée la puissance qu'on a osé lui dis- ]»nlcr. Tiiis, pour accroître sans doute son courage en se rapprlaiil ses droits incontestables au pouvoir qu'elle veul rp>saisîr, Emma continua :

a (Jiie de sacrifices n'ai-jepas faits? que de soins n'aij«' pas pris pour assurer mes succès et conserver ma place de f.iiimo à la mode, dans un temps où la gloire est si capricÏMise tt les jdaces si difficiles à garder? 11 m'a fallu autant d habileté que de bonheur, autant d'adresse f|ne «liî Ito.uilé, autant de calculs que de chances favorables ! Si j'avais écoulé parfois mon plaisir, mon caprice, mou ca'ur, je risfjuais tout. Celle puissance est comme les aiiire<, enviée, disputée, attaquée chaque jour, caria ripiitalion et le pouvoir d'une femme à la mode sont, comme la réputation cl le pouvoir d'un homme d'État, à lo'.il moment remis ( n (jucstion et en danger.

a Madame de Mérinville n'a-t-elle pas, raunée dernière, occupé les salons pendant toute une semaine par son imposante beauté? Heureusement elle était si peu spirituelle, qu'à la première réunion assez intime pour permettre la conversation j'ai pu sans peine mettre en relief sa bêtise et détruire ainsi son empire, car nulle part on ne régne longtemps sans esprit.

a La dt'licale ligure de lady Morton aurait bien pu captiver aussi la capricieuse attention du monde, mais ses toiloilos étaient si bizarres, que leur singularité approchait trop du mauvais goût; elles étaient exceniriqueSj il est vrai, mais sans grâces : la simplicité de ma parure auprès d'elle lit ressortir le ridicule de la sienne. En France, on ne plail qu'un moment avec le mauvais goût.

« (Juant à la brillante duchesse de Romillac. c'était vraiment une redoutable rivale. Son rang, sa fortune, son iclat dans ce pays des vanités auraient pu triompher. Ils occupèrent d'elle pendant un mois, mais elle eut l'imprudence de se compromettre avec le bel Edouard d'Arcy, cl, pour une fonmie à la mode, qui doit mettre au nombre de ses armes les plus dangereuses des espérances adroitement ex|)loilécs dans l'intérêt de sa puissance, aimer réellement, c'est abdiquer.

« .Mon pouvoir s'augmenta de tout l'éclat de mes rivales déin'mécs. Je croyais avoir échappé à tous les dangers, et, continua Emma avec une expression de tristesse et d'amertume, c'est elle! c'est Alix de Verneuil, une femme de province, une parente que j'accueille, que j'installe chez moi, quand, après deux ans de veuvage,

elle veut visiter Paris; — elle, moins pitit |bt • h tant, moins élégante, moÎDS occupée lane:: t & de plaire, c'est elle qui fixe miinteaui ie «^i tous! »

La belle comtesse retombe après c«s»>^|i morne abattement. Pour la première fl>Lv -j- -^J ricusement de perdre sa puissance, elts-s peut arriver un moment ou elle ai^isicn^ femme à la mode. Jusque-là, tllei^ùrlement identiGé à sa personne, que b^^^v^r ] le lui ravir. N'être plus la première ç-- >' ai. vre?Gar, depuis le jour où Emmas*êu;c'z9 faveur inexplicable, coprîcicuse, frirer^i • même temps, qui donne le sceptre k.\J avait été changée ! Plus d'amitié !... U lurent plus à ses yeux que des nvales: >*-xu théâtre où elle jouait constamment u:r --h \ sirs, une occasion de se montrer.' Sa 'o/bt.: DÎ le chaste TÔtcment de la fimmen:ô&::! cieuse parure d'une femme aioée, eKJ^i gligence pleine do charme de celle ({ïii«^*i pensor à un autre ! Ce fut d'aboidetat^r: la variété, la magnificence et 1* vUt: paj«e&«^ zarres, des recherches piquantes pour nsiv ment raltention fugitive; enfin Uules kibakn intelligence, toutes les heures de sa joanfiÉr^ sacrées à fixer celte insaisissable pui»sauf,i sible peut-être à définir qu'à conserrer!

Qui pourrait dire en cflet commeot <t f9n| devient une femme à la mode, quels sontlcsi est le but? Est-ce arec Téclat de la bciute.9i voir incontesté de la femme? Kod. carsor^es^ belle passe inaperçue. Est-ce avec resfric, ï invisible qui soumet toutes les autres? Xci^ori il manque à la reine que la mode a dh ~ rang, cette supériorité que l'orgueil i*a l'attire? Non, car la divinité moqaeaseierij connue, et on la vit déserter les palais pMr< de Ninon. Est-ce l'opulence qui Fil mode capricieuse jette parfois nus respect! jusque sur cet or brillant qu'étale i plaifl n'est donc point de moyen certain pour l'if de régie pour la fixer.

Si c'est particulièrement en IftZ^ce^ ce i clusivement à Paris et dans le gnni %« cette plante curieuse et variée, cbaqoe »c4ii| province, chaque ville, grande oo petite, vrilulj que brillante Célimène exerçant uo ' — '^ sur la toilette des femmes qui l'appro des hommes qui Tentourent. Li, ommil unes ont reçu le r61e d'un caprice ii i ont eu le caprice de 8*en emparer, nit !•■' l'ennui et pour user une aciivité dans la vie d'une femme, ou bien poori par l'apparence de l'amour leur < lité, soit aussi parfois pour venger ltm% I de jeune fille que la pauvreté lim hommes dont la vanité cherche b { prend alors sa revanche.

A côté de toutes les favorites de h \ des victimes, femmes nialhalnlei w i rant les chances des usurpaleuis i la puissance sans l'atteindre et \ folle entreprise qu'an ridicule; c règles de ce jeu dangereux, oà i dre, l'on en a si peu à gagner!

Aussi tout fut-il empk>^ par 1 faute de certitude sur ; (

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UNE FEM51E A LA 3I0DE

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point laisser sans les tenter : parents, amîs, forjOat fut sacrifie a cet insatiable désir de briller. La :i*orgueil, régolsmc, ctouiïèrent la sensibilité, la «se et la bonté. Si Emma eût perdu son titre de A la mode, il ne lui serait donc plus rion resté.

pensée s'égarait dans des réflexions infinies. Jallfthlére, voyant une majorité douteuse mettre son

«n péril, ne se jeta dans de plus vastes et plus 1^4868 conjectures sur les causes de la défaite qu*il a du triomphe qu*n espère ; jamais des images Cttves ne vinrent lui présenter un plus grand nomifelioyens de séduction â exercer sur les rebelles, A d*Etat à frapper sur les esprits avides d*événe- C^m de faveurs légères à répandre avec adresse sur

'S-écalcitrants, sans cependant compromettre sa

1^ promenade le matin, au balle soir, comme ils "^m maintenant tous! poursuit Emma. C'est B le comte de Prades ne voit qu'elle, lui si dédait|iie toutes les femmes ont essayé vainement de ^▼cr! lui qui portait partout cet air ennuyé et in- ^t qui excite toujours la coquetterie et la curio- ^Himent ne pas tenter de réussir où toutes ont S ne pas essayer de se faire aimer de qui nVime S ne pas s'efforcer de distraire d'une préoCcupa-

tion qui distrait de tout? C'est une tkhc digne des plus audacieuses; car enlever un homme à Tamour d'une autre femme n'est rien, mais l'enlever â l'amour de luimême ou bien à un souvenir inconnu, triompher d'une rivalité dont on ne peut dire aucun mal, faire une chose impossible enfin, à la bonne heure, on peut s'en donner la peine. C'est un but digne de tenter, et ce but, Alix l'avait atteint sans y penser. Tout le monde remarquait l'attention que lui donnait le comte, elle seule semblait ne pas le remarquer et paraissait même le fuir, ce qui donnait â tous l'envie de la chercher.

Emma restait plongée dans ce labyrinthe de conjectures, car de l'hommage de deux ou trois héros de salon dépend la place que le monde assigne â une femme, et elle avait attiré prés d'elle tous ceux qui disposent ainsi de la faveur de la mode, jusqu'au moment où Alix de Yerneuil, en obtenant toute l'attention de M. de Prades, avait vu se fixer sur elle l'admiration générale.

La jeune rêveuse ne bougeait plus; elle était immobile et tellement préoccupée, que ce fut comme réveillée d'un sommeil profond qu'elle s'écria avec un vif meuve* ment de surprise :

*- Alix l vous Ici !

C'était en effet madame de Yemeuil, brune piquante» i la figure expressive et animée, qui répondit en riant :

UXK FKBIME A U MODE.

— Eh bien ! ne m'attendiez vous pas pour la promenade?

Et ses regards surpris examinaient le négligé d*Kmma, qui annonçait Toubli ou le changement de leur projet.

— Et vous comptiez que j'irais, et vous comptiez sans doute aussi que nous y rencontrerions M. de Prades?

Il y avait un dédain plein d'amertume dans l'expression de la comtesse. Alix ne répondit pas. Emma vit alors madame de Verneuil s'asseoir tranquillement comme quelqu'un renonçant à sortir; il lui prit une violente envie de disputer.

— Puisque vous aimez le monde et les endroits où il se réunit, dit-elle, pourquoi donc avez- vous pris un prétexte hier pour vous dispenser de paraître à la soirée qui avait attiré chez moi ce que Paris offre de plus brillant?

Alix sourit.

Après un moment de silence, la comtesse ajouta avec impatience :

— Dédaignerez-vous donc aussi de me répondre ? Madame de Verneuil resta encore quelques instants

avant de parler; mais les yeux de la comtesse Tinlerrogeaient si vivement, qu'elle unit par dire en riant :

— J'étais souffrante, réellement souffrante, puis...

— Puis?... reprit la comtesse presque avec colère.

— Vous le voulez, Emma, mais ne vous fâchez pas, ré- )K)ndit Alix toujours riante et maligne, je dirai tout. Moi, je ne comprends pas vossalonsâ la mode; le plaisir y ressemble tant à Tennui, que j'ai peur de m'y tromper. La dame du logis réunit, il est vrai, les femmes les plus aimables et les plus jolies, mais pour les placer bien parées et bien ennuyées autour d'un salon comme des portraits de famille. Là, elles écoutent plus ou moins bien de la musique plus ou moins bonne dont elles ne se soucient guère. Pendant ce temps, les hommes de leur connaissance, relégués loin d'elles, dans les pièces voisines ou dans des places où ils ne peuvent les aborder, ne parlent qu'entre eux ou à la maîtresse de la maison ; car l'obligation de faire les honneurs de chez elle, d'accueillir chacun avec quelques paroles de politesse, la met seule parmi les femmes en rapport avec toutes les personnes qui remplissent l'appartement. Elle seule s'amuse, montre de l'esprit, de la gaieté, de la grâce, pendant que les autres femmes, immobiles, ne sont là que pour servir de décoration à la pièce qu'elle joue toute seule au proÛt de sa vanité ; et cette brillante fête où elle les invite ressemble pluôl à un piège qu'elle leur tend qu'à un plaisir qu'elle leur procure. Quant à moi , je fuis les amusements à la mode parce que j'aime à m'amuser.

Emma leva sur Alix des yeux malins; les deux jeunes femmes se regardèrent alors en riant, comme ces augures romains qui ne croyaient plus qu'à deux choses : leur adresse et la sottise des autres. Puis la comtesse dit gaiement, avec cette confiance qu'amène la certitude d'être comprise :

— N'ai-je pas raison , puisque le monde n'admire que ceux qui se moquent de lui?

Biais, continua-t-elle, que fois-jedc plus que les autres? On s'est toujours dispute la place partout. Dès qu'il y eut deux hommes sur la terre, l'un tua l'autre pour rester le premier. Depuis ce temps il n'y a pas eu de triomphe sans victimes. Et quand j'immolerais quelques vanités à la mienne... le grand mal ! Au reste, il y a des femmes qui, en voulant plaire à tous, cherchent encore à régner sans partage sur un seul; et si Alix n'a point paru à ma soirée, c'est peut-être parce qu'un autre n'y devait point paraître , i\jouta la comtesse d'un petit air railleur qui ût dire étourdiment à madame de Verneuil impatientée :

— Si je TaTait to » je ■« icnii i

venir.

Il y eut un moment de sikMt Abaf^i rassée et inqni(^le de sonéloarlerie ~ qu*UD secret existait, et devisa ca i bilité d'en tirer parti.

— Je n*ai nommé personne ! sV il parait que le comte de Pradcialfe votre pensée, que son nom répoili qu'on fait a votre cœur!

— Quelle folie ! dit Alix en cÉui le fuis...

La comtesse reprit : — On uka craint... On ne craint quelqB*H^i amour...

Alix n'écoutait plus, elle s'ébîtk autour de la chambre quelque choMii

Alors Emma, après s*étreplaeéeîÉ la glace de sa toilette, que ses R|^p tous les mouvements d*Alix, d'oa i malicieuse continua ainsi en jonti sa ceinture :

— Le comte de Prades est beat, i qui est rare de notre temps poor ■ I Les gens d'esprit maintenant, aafaièil aux femmes , s*en prenneat au [ société y perd beaucoup d'un c6lé,ai!l grand'chose de l*autre; mais cofa ctf i Aussi, quand il nous reste aa flgure agréable. Dieu sait coome UÊÏt M. de Prades est bien le plus gilé àM'i vrai?

Alix ne repondit pas; la coaleMiipil ter de son silence :

— Accoutumé dés renflance i Ta de la mépriser; habitué aux i les dédaigne; gAtc peut-être par de ptal tiens, il assure qu*il y est insensiUe... Lnh mode ont tant de prétentions mal 1

Alix était toi^ours dans le foad de hd dédaigneux d'Emma la blessa \ rompit vivement :

— On ne reprochera certaineaNtf fur comte de Prades : sa franchise... k T caractère... la vérité de ses diseoors..

Elle s'arrôta, car elle sentit qa'cDe k I pour un homme qu'on fuit. Son aaiec aucune remarque.

— LuL..d'ailleurS9 a prouvé qiUcUite et durable attachement ; el son iadilSRH l'entoure vient de ses regrets pov ce fi^il le sais... moi... il a aimé... Q « belle et digne d'amour.

En ce moment tons les efforts < elle ne pouvait apercevoir le visage d'Ali.' le dos i la glace et se penciuit s« i trouvaient quelques gravures éparm»

Alors Emma continua à parler ds oli et exclusif... s'arrétant quelqaefw. pài Alix, qui répondait quelques mots nnstf Ir^ Dans un moment de silc«ee« la eomltaiBl légèrement sur le moellcax ti d'Alix; et, quand edle-ci, i vures qu'elle avait Tdr ia ment : c Quoil voua ] — iaotT.-» aBasci ment par la taille. ««éUil I — Jepense...Alix...J4 de Prades.

UNE FEMME A LA MODE

• lonrtiint subi(emeot vers le jour par un mou- |ifOloDUire de surprise, laissa voir sa jolie figure jp et troublée, où brillaieot quelques larmes, et ^èt Irtyeor et d*étonneTnent pendant qu*Emma cri de joie : car ce n'était plus une rivale pour tfle» cette femme qu*un regret d*araour faisait

L son amie sur la petite causeuse bleue, la

^ préf d'elle, attira sa confiance par des paroles gOlt df eprés ces mots inutiles, ces phrases ina- ^ cet demi-confidences qui précédent un aveu

: dit enfin :

Hiit mon mariage, il y a quatre ans... aux eaux 'avec ma tante, je connus le comte de Prades. •ix semaines, il ne nous quitta pas... Prés de ï trooTals si heureuse, que je me croyais aimée. %tm reçut ma confidence à la veille du départ; et ténie, le soir, elle parla devant moi, devant lui, *«sie, de liens éternels d'attachement... Que Ma tante voulait connaître les idées du comte. idies répondirent peu à son attente et à la ••• n se moqua des afl*ections sérieuses, des senrrais, prétendit impossible pour lui d*en jamais *f se montra tel qu'il était... indifférent, curieux, r.

I par ses railleries, je n*eus pas Tidée de lui ra notre départ. Le lendemain nous^ quittâmes ■M tante et moi. Mon père m'attendait à Paris

ariage arrangé et convenable; il m'était impos- ' personne , mais j*obéis à mon père , et après j*épousai M. de Verneuil. Je partis

cunpagne alors, et ne voulus plus revenir à ^e craignais de le revoir, lui , car il était trop ' n'avoir pas deviné que je l'aimais. Le ciel

a pas mon mariage, je fus malheureuse; et la M* de Verneuil me laissa libre, mais sans espoir

anr.

Elai deux années avant de revoir Paris , mes paaies anciens amis; j*avais raison, Emma!

partirai demain pour n'y plus revenir.

m la regarda avec attention , la touchante figure

fait une délicieuse expression de tendresse : elle

■eaqae un sentiment qui, même dans ses chagrins,

■dre aussi jolie.

die dit, pensive et comme i elle-même : c Quatre

ans !-- un voyage à Baden î II revînt triste,— n'y retourna jamais, — se troubla même un jour que je parlais de cette époque! — Quand Alix.arriva, — qu'il la revit,— il pftiit, — et ses yeux ne la quittèrent plus. »

S'adressant alors à madame de Verneuil , Emma continua : — Vous a-t-il parlé de votre séjour à Baden... de votre mariage ?

— Jamais, répondit celle-ci ; je ne l'ai vu que dans le monde ..Il m*y cherchait parfois , mais semblait avoir oublié le passé.

Emma se leva vivement, sonna, et demanda au dômes* tique qui entra s*il était venu quelqu'un.

— M. de Prades demande si madame la comtesse peut le recevoir.

— Qu'il entre.

Et au moment où le comte saluait , Emma s'excusa d'être obligée de s'occuper de sa toilette, et, chargeant son amie de la remplacer, elle passa dans la pièce voisine.

— Ah! répétait-elle en s'habillant toute joyeuse, ils sont seuls, et l'amour est encore plus habile que moi !

Quand elle rentra, ils ne l'entendirent point. Alix était assise dans une bergère, près du feu ; le comte, debout, appuyé contre la cheminée. Quoique seuls , ils parlaient si bas, qu'il fallait s'aimer pour s'entendre ainsi.

Un mois après, Emma donnait une de ces fêtes dont Alix avait parlé. Son appartement resplendissait du brillant éclat de tentures et de décorations nouvelles, en même temps que des plus riches toilettes; jamais la réunion ne fut plus nombreuse en célébrités et en illustrations de tout genre; jamais la roaitresse de la maison n'y brilla d'une façon plus éclatante et plus exclusive; personne n'y parla de madame de Verneuil. Mariée la veille au comte de Prades, elle était partie avec lui pour l'Italie. Heureux, ils oubliaient le monde, qui le leur rendait.

La comtesse Emma de Marcilly, rassurée pour quelque temps sur son empire, continua pourtant d'y veiller comme doit le faire tout souverain qui veut garder sa couronne, qu'elle soit d'or ou de fleurs. Régner était sa vie ; aussi n'avons-nous parlé ni de son mari , ni de sa famille, ni de ses amis. Est-ce qu'on a quelque chose qui ressemble à tout cela quand on est une femme à la moie?

LE MAITRE D'ÉTUDES

elgKnk nyon

l nVsl persûTinc, qnrb]iiû iHiiîfînè t|iill suit de h vie tic ^»<:iLsioti, f\m ht' Jcltu avec |jbi!»îr nii re^riril sur ci;l J*tgc otï l'on fnil sa joie d'uiiî! f.rfin/îÉh/n, où un pnmim . une /jrtraïton de sQTlic, sonl des douleurs ^rûigtiantes et de grands snjcU de hrmes ; El n'e>l icrsonue qui ne 8£ prenne à fomht en pensanl à !a erâititL» i|ïiQ lui inspirait ce t^ran iam piiîf.ca dcspùtc injusk, ce tigre al* tiré de pumiionSf (|u*on appella mailrc dVludes.

Le maître d'études! Pauvre homme! Quel e^^t celui d'êDlre no use quî^ sorti du co1U'gt\ n*a senti sa commisération s'éveiller en faveur de cet In fort une pédagogue? Qui ne s'est accusé dinjustîcc en se rappelant les cpitbèles plus ou moins injurieuses dont il nvaltij'ratiilC^cet Ar^us ImpîtoyaUe^ dc[nus L'anliquc dèurnninaLliin de eîiifn de coufj jusqu*â la moderne expression de pion? Quant a moi, je me sens plein de f»Uitr pour lut, et je plains son mtl plus qitc cetui d'un capurd du la garde nationale dans la jouisisancc d^' hou ^^rade.

Si vous ne cti m prenez pas d'où peut venir cette ^ande compassion pour le maître d'ciiijrs. jetez un regard sur sa vie, LavetUc, il s'est coucliê eomnic ks poirles, — eipression commune, maisjnfiteï — comme le coq, il fera entendre le premier dan^ la mai?;oh kou chajit matin al lAlkntf debout! la clurhe (i stmné! Le voîl.î eu fonctions^ su journée commence. Ou &e lûvc. il se lève, on descend, il descend ; on se Uve, on se brosse, il surveille; le mallre d'études e^t censt- avoir fait toutes ces choses avant ses élèves. On entre à Tétude; sa voti glapît le premier 5tf^n»/ de la journée; malheur â qui ]i*aura pis entendu Tavertisscment, malheur â qui dira boiyour i son toisin ^ ou adieu à son Itt tant regrette l

L'imprudent élètt eAt-îl prié bit, I

muer Lef lévrosp le maître d'élola I

reille eiercée» et mesurera m i

doit éprouver jusiqu'Ao soir* hê

n'e4 (dus un homme, et n'ftt |Ibv^

c'est un maître d*études. Gart i

oi^eaui babîUardi, gare à Tom! îi

qui vont s*éeoulcr, il ne fert rîi

vous surveiller, que rêjïéler le

compagne du classique ptnmm

sera sas deux heures, et

DcDï heure* à Kaflikt, cou

sortir rurtivenieot una parole, poar I

Biais écoutez, la cloche MMtiw^ tl i

cloche n*a4-elte pas sur la ne da

le Hiit agir, elle le domme.

quil ait faim: la rêcréatioiip il&Mfrïi

Talr; Télude, U faut qull reoM; le f

plu» avoir envie de dormir ; le ^

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