‹ Les Francais peints par eux-mêmesChapitre 124 sur 269 · C-uliinour, etc., etc · texte numérisé non relu

C-uliinour, etc., etc

, M.iluré son îrrand âîîe, Cadamour est recherché par

I t.'i'S liN arlislos. Invitez-le à si' rendre chez vous, il vous

' répondra par une lellre semblable à la suivante :

I « Moufiieur,

f Je suisl bien f.îchcz de vous re fuser mais tout le rc.iiil dcdOs soîiLrc est prie et la moliez du moi de jen- \ic7. jeis rpian 2! sîsi peut vous con venire dapres cèlent la Nuu^ pouvez chi>ire car dicut mcrsi je ne suis pas sent

ouTn^l eon

pard

bit»

Après CadmMr, le ramwskr , qvVKi appelle w^ qo'aocoD gosier frûçaû a*a ym noncer son nom. Il estpemqner.i veud des pommades, et possède dl| cootre les maoi d'jeaz ec les di ' péehe pas d'avoir les pieds ( tubercules. Heureas homme.' Si 1 des lovalidcs : fl se console < plus poser que trés-raremeut i a gâté ses contours, nais il lui re légère qui manie le rasoir et le | dextérité. Ce n'est plus Hercule, ■

Qnant à Dubosc, qui pose def«npi n*a rien perdu de ses facultés pliiiitial mes irréprochables, il a été compfiaàpipÉ replâtrages mythologiques de rwîmtiÉJ presque toutes les productions kitniHmèl velle. Vertueux fils, sous l'Empire iffarii soutenir ses parents, et son cvqtntefi corne d'abondance. Homme nagé, ictpa masser dix-huit cents Trancs de reste :■■ plaçait à la caisse d'épargne bîea i^rsa cette institution philanthropique, qaTliiiP le pont des Arts , qu'il met de celé topa francs dont on le gratifie, sans jaMi «■ seule, qu'il ne dîne point é défantéeiMi son tailleur en gros sous.

L'économie est une qualité si nre Ash que ces assertions nous semblent éifiDlst plupart n'ont pour banquiers que leivR^ des barrières, et déposent dans les gùpii qu'ils ont gagnés durant la semaine. Oa m autre exemple d'ordre et de vie rê;idi«:c surnommé beau dentelé, maître scicvéeii fort et carré, qui enlève des poids de dii des tabourets en équilibre sur an petit ■ qu'il terrasserait un ours, pour pea ^'a \ et une muselière à l'animal. Céreatclâ M. Influes, avant que le chef de l'école 6 volontairement exilé à Rome.

A ce propos, nous dirons que tous kspà modèle de prédilection , qu'ils reffMM ment dans leurs tableaux. Qu'un artîtfe if la rue un homme aux traits mâles clfK^ à la physionomie expressive, i la Wti fùl-ce sous les haillons d'un chiffoaai^. i'i trinera et l'aura bientôt fait passer ée Fat lier. C'est ainsi que Géricanlt recrtfi fxa de madame Saqui le nègre Ja«ef4 . fâ. ■ Domingne à Marseille, et de Maririgri h engas^é dans la troupe acrohaie pevjMVi Le Naufrage de la Mééu$e amcsa w^ télé à Joseph , et ses épaules iHfestf *■ lui ont conservée , malgré ses ofata^ lions. Car pensex-voas que llaiïes. hivi des tropiques, va dcfu »MfA' comme Napoléoa sur U coIssm? ta:^ â coup sa figure s'épsnow. sb ffnmvl* ses dents blar'^*"» étiacriv; 1 as f^*^ secontedesi Dires, 3iiinmpd|ip

LE MODÈLE

1 réchiofle par la chaleur du poéle, il rêve Antilles; au milieu des éroaDations de la le la couleur & Thuile, il respire le parfum ) illusions!

ms delà femme modèle? Jules Janin tous it retracé l'histoire authentique d'une po* \ grande dame , d'une poseuse chaste et vie» pareille a un conte de fée, prouve, ite de fée, que la vertu trouve tôt ou tard • Faut-il opposer la régie générale â cette eption? Faut-il chercher la femme modèle u orné d'un lit de sangle, d'une commode I cuvette fêlée et d'une paire de bottes? La

dans ses transformations sompluaires, liée, tantôt portant manchon et cachemire promenant aux Tuileries , où les foêhioment pour une comtesse? Ce sujet serait

si la femme-modèle l'était moins. O'ail- Qt la reconnaître? Elle ne convient jamais m , elle l'exerce avec hypocrisie : elle est luse, demoiselle de boutique, jamais mopper A sa porte, elle vous crie par le trou ; « Pour qui me prenez-vous» monsieur?

je ne pose pas. » Et pourtant vous la voyes accourir le lendemain, elle vient ches vous sinstaller, bâiller, babiller, croquer des pastilles de menthe et vous expliquer les raisons cachées de sa réponse de la veille; elle vous étale des trésors qu'eussent enviés tontes les déesses de l'antiquité... 0 jeune artiste, r^ardez-les froidement; ne voyex dans votre modèle qu'une gracieuse statue ; n'essayes pas de devenir le Pygmalion de cette blanche Uala* tée, et méditez ce vers proverbial :

Qnidquid id est, timeo Daoaas et dona ferentes.

Gens du monde» ne méprisez point les modèles, ce serait mépriser la force et la beauté physiques. Hélas! ces deux qualités, si estimées jadis, ne mènent plus aujourd'hui celui qui les possède qu'à épouser une veuve un peu mûre {elle né tient pas à la fortune), i être tambour-major, clown au Cirque-Olympique , ou modèle. Nos gouvernants ne sont plus des guerriers de six pieds, portant de lourdes épées; des hommes grêles et chétife régissent l'univers du fond de leur cabinet. La pensée a remplacé l'action, l'intelligence a tué la matière; ce n'est plus Goliath, qui règne, c'est David.

LA LIONNE

Ei:i;];,\"K clinot

iiflcnioïscni* do Vrri-f^HÎl n^fijl dis'hiiîliiiis. vi s'tn

l.nit Jrtli'HÏ .Itllit'v.v, ]y.VA-

I[:î dU :

— Ma clierr Alix ^ tl iM temps que tu le maru-'s, je n*ai nen néglîgé potir ton éducation; tu as CIL les me lIleiîrs maîtres de Paris, et ymla deux ans que jp te mène dans le monde, où je n'éïaiji ^uère aile depuis mon vcuv^iire. J'iii rempli aircc fiàciîtudc tTjus les devoirs d'un bon père, et je vcui couronner Toînvre en rétablissant convenablrmcnl. Tu e^i joiîe, tu !i!i des talents, je le dunue cent mille ùens do doï, et je t'en laisserai le dauble. le plus tard possible* il est vrai ; mai?;, eulln, tu es ma Dite nuiqnc, et lu amas tdutenia furainc, Avce cela lu p(*iuclioisir, el je ncprëtciidiï i^(*ni r ni ton gnûl ni ion iucUnalton, Dans (^uelquêii jûunt, n!)U^ nprindrûn^ cet entretien, el je le demanderai i*i lu as di-^liiii^ué «[nGl]u'un.

Alx. i]iii et-iil d*un caraclcrc franc, ouvert et décide, rû|fj idil rnis^ilaL :

- l'iiiinpifii rinnetlre ne<^ui peut scdireloul de suîte? J'ai d.'].i distingué un jeune homme, M, Armand DureyiK'l.

— Fort Lit'n ! ce eltoii me plaît, tt il rcuuil, je crois, lotîtes tes c^in^Tiiances. Dureync] est lieu nèi aimable et riclic ; son [tère ei^l mon ami ; il m\i gn^né vin^t louis hier soir à récarté; j'irai le voir aujourdliui même, et rafTAire ne souQ'nra sanii doute aucune difQcultè.

Un rnols après, le mariage eut lieu ; le jour des noces, les deux nfjuveaui époux partirent pour la Suisse, à Timproviste, et sans même avertir les grands parents. Cc& sortes d'enlèvements légilîmes étaient alors une mode

ri-cenmicnt emprantéo â I

maiid llurefnot, qui

ïiih du bon |;enn?, aiîr

sa ri-inniG pliitût qti*;! ce '

h lune de mïel tia rcQet û'i

lum. Mil ne fît fïâs la

Uil dire qii*uiie femine devait i

juré de se conrOTmcr aoi i

malrimoniale, et cz n'ca^t |ia« dét le |

aurait commencu â eofreiadre tcii^

^ante. ^lle moiita donc gâiemeiiieic

recevant â la fols udc double

même temps et an ^and plop das lil

cke de U vie canjtigale ei dé la fiel

Dix a as se sont êcouléi dtpms par riiymen dans une rcyuel fut lleutat citée psrraj 1 risîenne, %l aigoard'hoi elle %sti celle élite de merveilleuses que Twl les jïolenniièi élégantes ^ în^tiiEilta 4 i^nant les paîslblei récréa Uoiu de [ le doux empire des grâces dliQ dandyi s la course et se mélw tu | manœuvres du Jockey ^s-Cliik ; i que Ton a turnominéet les £M niaise a U force, i riotrépidilé il à I dûut elles donnent cbaqoe jo«r lai i

La femme libre réclame liMi k$i que les lois et les Toœars oel iétm veut cire admise au parUgeie li| SCS degrés, du gouverrieiQt9l T l'œuvre sociale dam tentée tes I moins ambitieuse: elle ijufune MB 4 des bornes plus étrotles* et, làtmÊàë le poids r*^' '""lirèi et le j nale, elle ne de. oi

facile libmé ne | ir hii

L\ lionm:.

3 fatigues, les allures, les travers, les ridicules 4cesde Thonime clugnnt. Pour toul le reste, elle ande pas mieux que de demeurer ft nimc. Dans tquesde la vie Tashionable seulement, il lui faut ^ises illimitées.

ici l'analyse est insuflQsanle si Ton veut que le

loil complet. Êtes-vous curieux de connaître la lans toutes les nuances de son caractère, dans

détails de son existence publique et privée? Pas- Journée avec madame Durcynel.

BS donc dans ce petit hôtel nouvellement Mli à Ité de la Ghaussée-d*Ântin. Voyez quelle char- Uibitation ! N*admirez-vous pas Télcgance de ce

la noblesse de ce péristyle, le choix de ces a Terdure de ces arbustes exotiques, la grâce de fees? Peu de lionnes sans doute ont une cage aussi Lais, hâtez-vous, il est déjà huit heures, et les «ont diligentes. — 5Iadame Dureynel vient de ce ■*; die sonne sa femme de chambre, qui Taidc

première toilette du matin; ces soins ne pren- "an quart d'heure; puis la lionne congédie la ca- «n lui disant :

les, mademoiselle, et faites venir Job.

«riement de madame Dureynel mérite les bon*

neurs d*uDe description. Il se compose de quatre pièces j décorées dans le style du moyen âge. La chambre à cou* j cher est tendue en damas bleu» et meublée d*un lit & baldaquin, d'un prie-Dieu, de six fauteuils et de deux magnifiques bahuts, le tout en bois d*ébéne admirablement sculpté ; des glaces de Venise, un lustre et des candélabres en cuivre doré, des vases et des coupes d'argent ciselé avec un art infini, et deux tableaux, une Judith de Paul Véroncse, et une Diane ch<UHre$iê d'André del Sarto, com|détent l'ameublement de cette pièce. Le salon est surchargé d'ornements, de meubles, de peintures, de curiosités de toutes sortes ; on dirait une riche boutique de bric-â-brac ; ce que l'on remarque surtout dans cet amas d'oljels divers, ce sont les armes qui tapissent les murs : des lances, des épees, des poignards» des gantelets, des casques, des haches, des murions, des cottes de mailles, tout un attirail de guerre, l'équipe* ment complet de dix chevaliers Le boudoir et la salle de bain ont la même physionomie gothique, sévère et martiale. Rien n'est plus étrange que le désordre d'une jolie femme au milieu de ces insignes guerriers et de ces formid kblcs reliques du temps passé : — une écharpe de dentelle suspendue à un fer de lance, —un frais chapeau de satin rose accroche à un pommeau de rapière, — une

v^l^fiH-^-ji^-r -:

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LA LIONNE

EIJGK^K GUINOT

nitrnialscil** dt! Vcrr.^uîl nfpiii iJi^^tiiiliTns, tt son enli lî'ilfliis U*mnijilt*iLi* tnit JriEi Hs^itiîHkvsJi.rîS- — 3Ï3 clim^ Mm , il p^l temps que lu te ma- Hiis , je n*nî rien iiél^liga pour ton éducalii^in; tu as eu les mclltours m a [1res de P:irîs, cL roîlà deux ans que je le ititMie dnnïi k moude, où je ti'è'u-i\% ^uùre allé dcptib lumi veuvage. J\iî rcm|kli avec eiaciltuje lous les devoirs d'un bon fûrc, et je veux cùiironner l'œuvre eu rélablîssiinl convenaLlfmetil. Tu e.^ jolie, Lu a:; des talents, je le doutie cent mille ècus do dot, et je t'en laisserai le don Me, le plus lard possible, il est vrai ; mab, enfln, Lu ca nm fille unique^ et lu auriis tonte ma furlune. Avec celi In peux clmUir. cl je ne préteiidt ;^t*m r ni ton g'iùl ni Lon iucitnallon, D:ins «iiielques jourîï, nous re|irrndrous cet enlrcticit, et je te demanderai si tu aiï dï:^liu<;ué qnelin'un.

Al:ï. i|ni lUail d'un caractère franc, ouverLet décidé, ri;^.ti Pilil »iu!^sitiJt :

- l'((ur«pif»i n-mellre cpqui pcutsedsrelouldc fullc? J'ai dtj:i dLsilugué un jeune homme, M. Armani Duroynd.

— Fort bîin! ce ciioiî me plaît, et il réunit, je crois, toute!! le:^ couvenances. Dureyncl esl bien né, aimable et ricke ; son père est mon ami ; il m'a f^ai^ni; vingt louis hier soir à récarlcî j'irai le voir aujourd'hui même, et TafTaire ne soufrira um doute aucune difûculté.

Un mois après, le mariage eut Heu ; le jour des noces, les deui nonveani époux parlireul pour la Suis^^ûj a Timprovifle, et sans même avertir les grands parents. Ces sortes d'euléTements légitimes étaient alors uùt modo

r*-cemmcnl emprunlé^ i mnuà llurcyno], qui ^e t<iq«aft4 kth du bon E^enre, aurait fTitoMlillI sa rctjimc plulut qii*â C€ tOTifili la lune de nuel uu reflet dl lion. Alix ne fit p^% la moimlrBl Ini dire qniine rcmme dcraît s juré de se couronner aux matrimoniale, ot es nV^t pas déi îe| aurait corn m en eu a eufreiadresetip xantc. Elle m^nta donc gatemeiit ca rcrevant A h fois une double tiititl même temps et «u graiid galop diat le l eice de la vie conjugale et de fa ni f

Uix ans se itont ikoulés depaù parrbymeu dans une carriért b rcynel fut bicntût cilé^ parmi les dniaisl rîsienne, et aujourd'hui elle Ifir cette élite de Rieryeilleuses que t'a les solennités élégantes; iD&lif^UciJ ^nant les paisibles récréa tians de kar i le doux empire des grâces dlacréUi dandys â la course et se mêler aai | manœuvres du Jocke^VClub^ nrâe i]ue Ton a lurDomméci let £loiym^ mi^l^c à la for&e, â rjntrêpidili «t i dont elles donnent eh.ique jirar UM dt |

La femme libre réclame tous la ri que les lois et les niŒurs {wl réisv veut être admUe au partage âa k| ses de gros, du gouTememcnt dua i

l'œuvre sociale dans tout» s

moins ambitieusV^ elle eufScrai ait \ des bornes plus étroites, et.

Le poids des a Ha ires el le i naïf*, elle ne demande, on hd\% Uberié de parti * 1«

LA lio.nm:

itigues, les allures, les travers, les ridicules (S de rhonime élégant. Pour tout le reste, elle le pas mieux que de demeurer fanmc. Dans es de la vie fashionable seulement, il lui faut ses illimitées.

l'analyse est insuflQsantc si Ton veut que le l complet. Êtes- vous curieux de connaître la s toutes les nuances de son caractère, dans lails de son existence publique cl privée? Pasimée avec madame Durcynel.

donc dans ce petit hôtel nouvellement L,1li a de la Ghaussée-d*Ântin. Voyez quelle charitalion! N'admirez-vous pas Télcgance de ce noblesse de ce péristyle, le choix de ces erdure de ces arbustes exotiques, la grAce de ? Peu de lionnes sans doute ont une cage aussi , hàtez-vous, il est déjà huit heures, et les it diligentes. — Madame Dureynel vient de ce Aie sonne sa femme de chambre, qui Taidc emiére toilette du matin ; ces soins ne prenquart d'heure; puis la lionne congédie la calui disant :

, mademoiselle, et faites venir Job.

Bment de madame Dureynel mérite les hon*

neurs d'une description. Il se compose de quatre pièces décorées dans le style du moyen âge. La chambre à coucher est tendue en damas bleu, et meublée d'un lit A baldaquin, d'un prie-Dieu, de six fauteuils et de deux magnifiques bahuts, le tout en bois d'ébéne admirablement sculpté ; des glaces de Venise, un lustre et des candélabres en cuivre doré, des vases et des coupes d'argent ciselé avec un art infini, et deux tableaux, une Judith de Paul Vérouèse, et une Diane ch<usere$iê d'André del Sarto. complètent l'ameublement de cette pièce. Le salon est surchargé d'ornements, de meubles, de peintures, de curiosités de toutes sortes ; on dirait une riche boutique de bric-d-brac ; ce que l'on remarque surtout dans cet amas d'oSjets divers, ce sont les armes qui tapissent les murs : des lances, des éppes, des poignards» des gantelets, des casques, des haches, des morions, des cottes de mailles, tout un attirail de guerre, l'équipement complet de dix chevaliers Le boudoir et la salle de bain ont la même physionomie gothique, sévère et martiale. Rien n'est plus étrange que le désordre d'une jolie femme au milieu de ces insignes guerriers et de ces formid tbles reliques du temps passé : — une écharpe de dentelle suspendue â un fer de lance, —an frais chapeau de satin rose accroche à un pommeau de rapière, — une

LA LIONNE

ombrelk jetée sur ttn iKiuçlier, — ûts souliers mignciiis blUlml mr les cuksarts énormeit d^un capital ne de ion»qtieDetiï.

A TOtr la lionoé dans son négligé du matin, on pour* rail aisément commettre une jfrave erreur » et U prendre pour uu joli jeune homme de dîi«sept ans, tout aussi Men que pour une femme de Ttngt-liult. Le aostume est d*una ambiguïté complète. Madame [)ureyûel porte une robe de chambre de cadiemîre vert, doulïlée dévoie rouge, large, flottante et tombant jusqu'à ses pieds chaussés de vastes pantoufles turques; une travate de fou* lard entoure son cou ; un bonnet de Tclours noir couvre f a tf te et ne laissa échapper de chaque cdlé qu'une seule boucle de cheveux. Ainsi vêtue, elle passe dans son boudoir, et elle se livre d'abord à U lecture des journaux, — non pas de ceK feuUles légères et frivoles cons-i; crées â la mode, i la littérature et aux théâtres, ^> mais le Journal diâ harai, le Journal dei chaneurij et deux nu trois journaux politiques trés-iîéneux, trcs-graves, qu^elle parcourt d*un bout a l*aulfe, afin d'être au courant de toutes choses.

Madame Dtireynel est interrompue dans cette lecture întéreisante par Job, qui se rend à ses ordres. Job est le groom de la lionne,

— Comment Pemhroeke se porte4-il ce matin ? demande madame Dureynel. Je compte le monter aujourd'hui; tenez'le prêt î vous me suivrez sur Fenelta... ïlaiatenant voici une lettre et un rouleau de vingt-cinq louîs qu'il faut porter tout de suite chez M. Arthur de Sareuil ; tous lui remettrez cela à luî-mémei entendez-

TOUS, lob?

*— Faudra4-!l demander un reçu ?

— Quelle sottise !.,• Vous passerez ensuite chez mon chapelier, ^ t vous lui direz qu'il faut absolument que j'aie à midi mon chapeau de Cûstor ^ri;;. Dépéchez- vous.

— Madame n*a«i-elle pas d'ordres a donner pour Fantichambre ? Madame recevra-t-elle ce matin?

— Quelqu'un s>sl-il déjà présente?

^ Le sellier de madame atlend qu^elle soit vitsible.

— Pour son mémoire ? Ces j^ens-là sont tous les mêmes ; toujours pressés d'arj^ent t Après lui, ce sont les autres ï... Vous dire* à Joseph que je n'y suis pas ce matin pour les gens d'aHâires ; j*attends du monde à déjeu* ner, et je ne tcux pas être déranfjée.

Job ac retire, et la lionne, restée seulep se livre A quelques reflexions sérieuses.

Il faut pourtant, se dit-elle, que je me débarrasse de mes créanciers. Aulrcfois, quand ces gens-lâ se permettaient dVtrt indiscrets, on les faisait jeter â la porte, ei quoliuefoiis même par Li fenêtre. C'était un bon lemps ponr les personnes de qualité ! Aujourd'hui c'est différent : payer est le seul moyen de ne pas être imiiortuné ; et, comme on est toujours oblij^é d'en finir par U, le mieux est de s'acquitter le plus tôt possible... Voyons : ce qnr je dois à Crémieui, â Verdicr, à ma marchande de modes, au tailleur, au sellier ^ â ma lingére et à mon armiiri*ir s*élève â vingt mille francs environ. Je comptais sur la chance des courses pour ra'aider k combler cet arriéré; mai^, au contraire, J'ai été d'un malheur inouï dans tous mes paris. Maintenant il n'y a plus que deux partis â prendre : faire d&s économies, et ce serait bien long et bien difficile ; ou vendre un coupon de rentes, ce qui est plus sûr et plus espédilif.

Dii hcnrcs sonnent sur ces entrefaites, et Joseph, le valet de chambre, vient aimonccr â madame Ûureynel que son maître d'armes est la, it demande si elle prendra lefon ce matin.

L'escrime a été recommandée â madame Dureynel

par soa tcdmftlM^iil

ne eoi c»^fnifliR,i

on i« es le emâôt, là I

d ; us ae M

laii loriane dans te Imii \ I lous les exenciees mascaliis; Tm un passe- lemps satoLûre i la aail des moavemeiits et aa ééré dame Dureyuel, quJ sd^ii TÎra sans doute jamais de aoo I duel avec une rîrale cio ime < dft-OQ, de grandes dames et i rancten régime; mais elle gymnastique qui lui a Ole s«s autres iocommodllés frivoles i aux femmelettes el aux mijav

-- KoQ, répond madame I ma leçon auyounl'biti : tf^ coQfives. Faites servir leiéjt—r.

Les couvives de muffiiir INrm aes plus tntimes eioies, IMI { pellCf ses plus ctiéres i madame de Primcvitle mains à la maîtresse ât màsm^^imè

— Je TOUS ai averties <]nt cai véritab!cdéjêiiEtcr de gim^m\iifkàf un pi té de faie gras, et i plcp j es péri? qjn*^ a'tnti gne frappé déplace.

^ On se met i ta^fe, um Itf]^ Iriéii les bapl^les sepré^eiiteoC sooflif jjded'un cluipoii Irulîe el de # importance. Les trois lîtinisesi nière à kou tenir i^onzKur dt leir MV-ri un appétit vrahnenl lénnia. ITefl-tl ] qu'elles aient Itesotii de pf€iidre des 1 au train d'une vie |»la!iie d'adîfié, i 4'ei^rcice ? Tout en faisant fa fifent gaiement, TÎvement, et i fate comme des femmet Tulgaît»;!

ît n*est pas dit que Ton doif e reaoo léges et à toutes les faiblesses do seicfai mer par ses qualités, et pins eoeorc fvi défauts* On a beau vouloir chasser le i gîe toujours quelque part et se révdf ' — La lionne a beau se métacnorpboNrl reste femme par raboudance de k ] Intre les trois amies, h eontcn rement sur les choses i la mode, et hl pas plus exclue de Teûtretiai ^*ék i des dévotes ou chei des ku-èfaét.

— Que dit-on de nouvesnT imirii neL — Vraiment, les propos varteetpesl temps î nous ne sommes potoUatpasf ^on du scandale! — Avei^Toas In Is T lîalzacT — Je ne lis jamali de nm

moi* — Le vicomte de L a do

gris? ~ Non. Il Ta perdo i la II plus grmà bonheur qui lui aoît m menti perdre un cheval qui lii i francs, tu appelles cela da boebeor dis-tu ? Il lui en coàtait plus de ea ce qui fait qu il a joué a %m pîrl| pour son cheval d'un tmoar^ftep ment opiniâtre; U aeceptail et il | des paris énormes ; le cbeval T Hes défaîtes n*atléraieut en ries la I vicomte avait conçue de eeita i

LA UONNE.

il afeuglement lui a enlevé quatre ou cinq mille m moins d*un an. — Je ne le croyais pas assez n* MOT aoatenir une aussi mauvaise chance. — Avezotenda Mario lundi dernier? Il a chanté comme un -* Et le ballet nouveau? — Il serait parfait si nous ; te danseurs ; car de beaux danseurs sont indis- !il«s dans un ballet, quoi qu*en disent nos amis du ir*g«Clab, qui ne voudraient voir que des femmes à 1. — Madame B.... a-t-elle reparu? — Non, c*est Wpoir tenace. Elle regrette le temps où les fem-

Sndonnées allaient pleurer aux Carmélites ; mais roDs plus de couvents à cet usage, et c'est fâ* \ car rien n*est plus embarrassant qu'une douleur 'faut garder û domicile. — Pourquoi n'imite- t-el le taadame d*A..., qui ne porte jamais que pendant Imirt le deuil d*une trahison? — L'habitude est si ia ea eonsolallons ! —A propos de madame d'A..., rare que le petit Roland est complètement ruiné. — «•t-îl devenir? — U se fera maquignon. — Non, entreprendre un voyage scientiGque en Californie; n oncle académicien qui lui a promis de le faire re- ' savant et de lui ouvrir les portes de l'Institut. — lomroage I il excellait au $teeple<hase, — N*a-t-il I un cheval tué sous lui ? — Oui, Mtutapha, au bue Kernok, mort d'une attaque d'apoplexie foull6 en traversant la Biévre dans une course au clo- ■— U y eut même un procès a ce sujet; le capitaine idait retirer son enjeu, et tous les geiUletnen riders es pour Mustapha soutenaient que les paris devaient BDulés. — Cela me parait juste; l'apoplexie est un ihement de force majeure. — Cependant le comité idé le contraire. — En es-tu bien sûre, ma chère ville? — A telles enseignes que j'ai perdu cin- I louis dans cette affaire. J'avais parié pour Mustaontre miss Ànnelte. — A jeu égal? — Non, simntre triple. — C'était bien la proportion. — Tu n'es igours aussi malheureuse. Combien as-tu gagné a illy? — Trois cents louis ; c'est Alfred qui avait armes paris. — 11 s'y entend bien î — C'est le plus able spéculateur du turf, -^ Va toi, Durcynel, com- :e traitent les chances du sport? — Mal. Je tenais e mes pertes, mais cela devenait si effrayant, que cbiré la feuille. Hier encore, d la petite course de ;e-Maillot, j'ai perdu vingt-cinq louis contre M. de t, et je viens de les lui envoyer. Si cela dure, je iirrai plus tenir. La semaine dcrniôro, j'ai été oblismprunter mille écus à Armand. — Ton mari? coip- 66 porte-t-il? le verrons-nous aujourd'hui? —Je ■ ; il y a vingt-quatre heures que nous ne nous somsncontrés, cl je ne suis pas allée chez lui ce malin Bcrétion. Armand est mon meilleur ami, un garçon ant que j'aime de toule mou âme, et que pour rien ode je ne voudrais contrarier; mais cnlin je suis sa j et, dans ma position, il est des choses que je ne as savoir oflîciellement. — Tu as raison ; l'amilié ^le a ses délicatesses, et lu les comprends à mer- — - Oui, ma chère belle, tes sentiments sont irrébles, et tes déjeuners sont comme tes sentiments. ras*nous faire é présent? — Si vous voulez, nous LU tir aux pigeons à Tivoli, puis au bois ; il y a une particulière, vous le savez, entre Mariette et Léo* — Oui, nos chevaux de selle nous attendent i Le d'Auteuil ; nous irons les prendre en calèche. ait une heure; les lionnes se rendent ù Tivoli. les notabilités de la fashion sont réunies au tir; le Labile de la bande abat vingt- cinq pigeons sur coups. Des paris considérables sont engagés. Ma- Dureynel, dont l'adresse est connue, se met de la

partie; elle prend la carabine d'une main sûre, elle ajuste le but avec une rare aisance, le coup part, et le pigeon tombe. On applaudit, et la lionne est plus fiére de celte prouesse qu'elle ne le serait de la plus brillante conquête.

— Au bois maintenant ! * La calèche vole; à la porte d'Auteuil, les trois amies montent à cheval et arrivent au galop sur le terrain de la course. Lionnes et dandys s'abordent en se serrant cordialement la main, i la manière anglaise.

— Voulez- vous votre revanche? demande M. de Sareuil à madame Dureynel.

— Volontiers. Pour qui pariez- vous?

— Pour Mariette, Trente louis contre vingt-cinq.

— Vous n'êtes pas maladroit! Changeons : vous, Lé' por«{{o à vingt-cinq, et moi, Mariette à trente?... Si vous \Aïieièi Mariette, mettez quarante louis contre mes vingtcinq. Je viens de voir les paris de ces messieurs, ils sont engagés sur ce pied.

— Pas tous; il y en a même qui se sont faits au pair; mais enGn je veux vous prouver que je suis beau joueur. Va pour quarante !

Le signal est donné, les deux chevaux partent, Lcporello arrive le premier au but, mais une difficulté s'èlove sur un accident de In course. Les parieurs soulicnncnt chaudement leurs intérêts; M. de Sareuil est sans ménagement dans la discussion, et madame Dureynel se défend comme une lionne; de part cl d'autre on échange de vives paroles, et, jusqu'à ce que Icjujjjement soil prononcé, les cavaliers ne veulent rien céder aux dames, car ici il s'agit d'argent et non de coniplimcnls. Si quel((uc merveilleux de l'ancien temps, èlranger aux mœurs de la haute fashion moderne, assistait à ce singulier débat, il ne manquerait pas de s'écrier : — Vieille chevalerie française! aimable retenue du beau sexe! quètes-vous devenues?

Cependant les arbitres se prononcent en faveur de LéporellOy et madame Dureynel se relire, furieuse ol maudissant ses juges en style cavalier. Les trois lionnes ont décidé qu'elles ne se quitteraient pas de la journée.— Ou aller? se demandent-elles en sortant du bois de Boulogne. — A l'école de natation.

Nous avons aujourd'hui et depuis peu, à Paris, des établissements nautiques consacrés aux dames : les mœurs de l'époque exigeaient cette innovation. Les lionnes nagent comme des c^irpes. Voyez madame Dureynel, vêtue de son costume marin. Ses pieds nus ioulenl vaillamment les planches raboteuses et les nattes grossières du bateau; elle monte lestement au sommet d'une échelle en disant : « Je vais donner une iêtcl » On fail cercle, et la lionne s'élanco dans l'eau la tète la première, avec une vi;4iienr et une adresse qui provoquent les ap|)laudissemeuls des spectatrices ; pendant une heure enlièrc elle fuit la coupe^ \di planche et le plongeon, tantôt suivant le lil de l'eau, et tantôt remontant le courant, sans que ce pénible cxcrcice épuise ses forces.

Après le bain, madame Dureynel et ses amies vont dîner; puis elles se rendent à rO)iéra dans tout le luxo d'une toilette brillante et excentrique; les lionnes tiennent surtout à ne pas être vêtues comme les autres merveilleuses; elles recherchent les étoffes bizarres et les formes étranges; leur audace naturelle se montre daas leurs ajustements; elles ont le mérite d'inventer sans cesse et de beaucoup oser, et, par ce moyen, elles sont sûres de se faire toujours remarquer.

Pendant un entr'acte de Robert le Diable, Jules de Rouvray, jeune dandy de dix-huit ans, cousin de madame Dureynel, vient saluer les lionnes dans leur loge. Jules

LA LIONNE

est doué d*iinc figare fort îutcressaDte, et il regarde m cousine d*iin air tendre et langoureux. Au lever du rideau, il sort de la logo, et madame d€ PrimevîHe se met à plaisanter ngrênblcmenl £ur sa tîmidUé el sa gaucherie.

— Pas si timide! dit madame Dureynel en riant. Te^* nez, voici un billet qu'il m'a glisser forl adr^ilement^ ma foi! Une dcclaralion, rien que celai Lî^e^l Commejit trouvez-vous le slyle? Pauvre garçan 1 que veul-il que je fasse de sa passion? Il s'adrc^ï^e bien mal l

Jules en eflet ne conui'^U pas le cœur des linnues; il ne snil pns qu'elles font peti de c^is de Taniour, et qu'il est bien difficile de leur p]^uri\ â moiasi d'être prince ou d'avoir les plus beaux chevaux de Paris.

Avant la un du spectacle, les trois lionnes quittent rOpcra et vont achever la soirée chcï b baronne de B,.., qui reçoit le mercredi. Madame Dtireynel, qui aime tous les jeux, entre à la bouillolte, et engage son argent avec une rorc inlrépidilê; la firtunc favorise d'abord son audace; puis, par un revers subit, k lionne est décavui^ d'un seul coup.

Au momcnl où madame Dtireyiid subissait cette injure du hasard, son mari se prcsenle devant elle*

— Ah ! vous voilà, dit gaiement la lionne; j^étais bien sûre de vous rencontrer icî^ et j'en suis charmée, car j\iî a vous parler.

— Je vous écoute. Mais d'abord d[tes*Tnoi, ma chëre amie, si vous vous êtes bien diverlie aujourd'hui? Je comptais vous voir au bois : il tn*a été impEJssible d'y aller... Une maudite aflain- de Bourse !... Figurez- voik que les chemins de fer onl encfire baissé ce soir 1 Eliczvous à l'Opéra ?

— Oui, tt j'y ai reçu celte lillre.

M. Dureynel prend la IcUrc de Jules, la lit, et la rend à sa femme avec le plus beau sa ni^- froid du monde en lui disant :

— Eh bien ! que «''hIcz-vûus ^ue j*y fasse ? ce sont des

détails qui tous rcgardwtf ci éwt ji rtpi^ me mêler.

— Vous a^ez rj}^<Mi, ei jiMîil me dérendre loute seule; 4 €au|i impûrluoé de d fois U s'agit d*iin cas partJcalkr:

et je ne voudrais pas le déiespÉt

— Je ne comprends pas.

— Parlons rsison. ie oe de Jules; je sais que rauiiée i lége, il êtai l fort épris d'uDu i à qui TOUS vous intéressez, ^in, vous Icï voyez, abuse de i droite et de gaucbe, et o'aftiilpi maîtresse, il veul gai^ner le mmmà nemi est dangereux ; il faet i parle pai eu femme jaloose; foeai bien pour avoir ceUe idée; j amitié prutieole et dévouée. Un [ ruinez pour celte Imia; roasaroMl vre un bon conseil 1 Ooiltei*li; &il5l petit cousin. Vous egiret tîiisîeifc^ii parent.

-^ Vralmeotr si cela tous bit f^é£.\ pas mieux ; aussi hwn je comiiifsrâjf seusc. Demain je mènerai iules/.

— ^ C'est bien, mon amîr je suis i

Et madame Dureyoel se remet i h 1 reste jusqu'à deux heures du m«tis.

Un jour suiXil pour connailre sa liil lendemain elle recommence à pei frai qui dure jusqu'à ce qfte leieo|ifliil rarrélcr.

A quarante ans, madama DtfifiiJ monde brillant el agité. Que le sort de la lionne devenue litflltfbeau sujet de fable pour tu uin ht

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