‹ Les Francais peints par eux-mêmesChapitre 125 sur 269 · LA SŒUR DE CHARITÉ · texte numérisé non relu

LA SŒUR DE CHARITÉ

L UOUX

ceur de charité! quel beau nom d inscrire en lêle de noire sujet, cl que de religions éteintes ce nom réveille dans les Ames! Mnis j\^\ qu'est-ce qu*une sœur?

qu'est-ce que la charité? Nous avons des charités de toutes les sortes, de toutes les professions, de tous les t de toutes les bourses; nous avons surtout une de bon goût : d'honnêtes gens font l'aumône «i les trés-parées, qui la demandent une fois pour li la demandent toujours. On danse pour les pau- Dt pis pour les innocents qui ont la bélise de mouttendant! On dit notre siècle égoïste; erreur : il rilàble. N'avons-nous pas la dame palronnesse, :e des billets de bal ( prix : 20 francs) pour les I? la quêteuse de paroisse, qui promène son audans toutes les églises de bonne compagnie, qui te un regard ou un sourire au proflt des pauvres? le qui a ses pauvres ou celle qui en reçoit de ain? h dame de charité, qui inspecte une salle qui tient un bureau de bienfaisance, qui protège déjeunes détenus et administre des hôpitaux dans mne de son mari ? Et il y a encore des gens qui lanquer de tout, des malheureux qui s'obstinent t point secourus, quand il est difBcile, pour ne ( impossible» de trouver une femme du très-grand qui ne se pare avec joie de ses plus beaux dialour secourir son prochain, qui n'accorde i Tinune valse à grand orchestre et qui ne fasse nn K>ur abolir le fléau de la mendicité ! Le cœur peut ;• faiblesses dont od goérit par la déTOtioo, et de

tout temps on a racheté le ciel par d'abondantes aumônes. Le ciel est aujourd'hui le prix d'une contredanse ou d'un galop. La femme est si belle en faisant l'aumône à la lueur des bougies î en déracinant de nos cœurs celui de nos penchants qui résume les sept péchés capitaux, régoïsme, par le charme tout-puissant d'un bal masqué!

Un rôle qui sied encore à toutes les jolies femmes, c*esl celui de sœur de charité. Malheureusement, après avoir étudié en leurs personnes charitables et chrétiennes tous les sentiments enthousiastes, toute la philosophie évangélique de Fénelon et de saint François de Sales, toutes les transformations de la bienfaisance, du dévouement, du bienfait, de l'aumône, de la religion qui se traduit en sympathie, de la sympathie qui se traduit en religion, il reste encore une chose à peindre : la sœur de (iiarité.

La sœur de charité est un de ces types qui, pour les heureux du siècle, n'existent que par induction. Elle nous fuit, nous l'évitons. 11 y a tant de distance d'un palais à un hôpital ! Il faut être pauvre, malade, ou résu* mer comme poète ces deux positions sociales pour comprendre la sœur de charité. Nommer la sœur de charité, c'est présenter une personniGcation de la douleur, une des faces les plus sombres, les plus tristement sérieuses de notre société; c'est nommer la principale héroïne d*un drame lugubre et qui ne manque pas de morts aa dénoûment.

Et pourtant ce drame se renouvelle chaque jour pour elle ; car la sœur de charité est à demeure là où les malades eux-mêmes ne sont que de transition ; c'est Téternelle comparse du trépas ; TElectre gémissante de tous les Orestes qui ont rencontré au monde les tortures de la misère, bien plus communes que celles du remords.

Dans la vie même, dans la vie élégante et aisée, qnaod le cœur se dessèche et s'ossifie, quand Thomme perd ses cheveax et ses illusions, en sent qu'il y a deux

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