L. COUAILHâG
i quelqncfoifi, vers les dix heures du matin, vous avez fl.lné du côté de la rue du Faubourg- Poissonnière (cela pcQl arriver à tout le monde), vous avez incontcstahlemenl rencontré, ,, entre les rues Kicher ^'^ et de rÉchîquier, un bataillon de jeunes §1les appartenant à la itte-menu dont a parlé le bon la Fontaine. — les coudes serrés au corps, l'air empressé, le 'ent, toutes portant sous le bras un solfège de he ou un volume dépareillé du répertoire de la (-Française, elles se dirigeaient vers un édifice itention, dont la porte s'ouvre presque aa coin e Bergère.
vous êtes peut-être souvent demandé ce que poutre ces jeunes Ûlles ; et cependant, si vous aviez rvateur par goût, ou, ce qui est un peu plus ar état; si vous les aviez examinées avec attenit-être quelque signe indicateur fùt-îl vena vous leur position sociale.
liiez- vous? prenez place avec moi sur le trottoir face à rédiûce sans yrétention; dous allons les msemble.
les prenez pour des grisettes? A cette heure les sont a l'atelier, où elles travaillent depuis le r. Pour des demoiselles de la société riche et ? Celles-là sont encore dans leur lit et vont ;e préparer à recevoir à domicile leur professeur maire. Et d'ailleurs, examinez bien It toilette s ces jeunes flUes. Elles sont vêtues de laçon à longtemps les suppositions les plus ingénieu-
ses. Elles n'ont pas le tablier noir, le bonnet coquettement posé et In robe si propre et si gentille d** la grisette; elles sont vêtues de soie et de velours et se pavanent sous un chapeau de paille. Mais la soie est éraillée, mais le velours montre la trame, mais le chapeau de paille sert de|»uis bien longtemps I La pauvreté perce i travers tou' cela! Pourquoi cette pauvreté ne se contente-t-elle pas du tartan et de la simple indienne ? Dans quel but s'épuise-t-cllc en efforts malheureux pour prendre les dehors de l'aisance?
Vous jetez votre langue aux chiens, comme dit énergiquement le proverbe populaire. Eh bien I... je vais d'un seul mot trancher lu difGculté.
Toutes ces jeunes Gllcs sont des élèves du Conservatoire, et elles vont prendre leur leçon de tous les jours dans rétablissement lyrico-comiiue que nous avons devant les yeux.
Vous comprenez tout maintenant... Vous comprenez cette promenade matinale ; vous comprenez ces solfèges et ces brochures ; vous comprenez surtout cette toilette de juste milieu entre l'élégance riche et rélêgance pauvre, cette misère de tenue, ce mauvais goût forcé d'accoutrement? Presque toutes ces jeunes filles appartiennent a ces familles intermédiaires qui ne sont pas encore bien classées dans la société : anciens comédiens, pein- In s, musiciens, compositeurs, sculpteurs, enfin toute }à grande bohème des artistes médiocres; toun ci*ux qui, sur les planches, ou l'archet ou le ciseau à la main, ont eu juste assez de capacité pour assurer leur existence de tous les jours, mais pas assez de talent pour se conquérir un nom et une fortune. Ces parents-lé, qui souvent dans leur vie ont, par position, coudoyé les grandes existences, sont orgueilleux comme des parvenus, et ne peuvent se décider à revenir franchement au peuple, du sein duquel ils sont sortis. Ils rougiraient de fiiir« de leurs filles d*honnêtes ouvrières; il fkat absolument
L'ÉLÈVE DU ^.ONSERVATOnW.
If Quelles soieDt irliï^tes. Un oe coosolte ni leurs éîtposi*^ ùoDt d1 leurs goùU. Il faul ab^soiameot qu^elles soient urdiiles. Connue si lei arlbles, à I exempîe des notaires, de^ hiii££Îers, des apothicaires et des gardes du eommercej forma lent une corîtoratîon dans laquelle II fût loisible aux frères de Irausmf Ure leur pUce à leurs «ti< fanU ou ifauls drutt* — Cela tous eiplique pourquoi nos ihéâlrei soDt infestés de îàûi de iBédloenté hérédi* tairei.
Il faudrait une langue de fer et des poumons d'airain pour faire le dénombremenl de cette armée en jupons, pour en dire les variétés oombreuaes, pour en signaler les individus, |Hïur en esquisser les phynîoiioinief . Aussi je déclare d'avance ne me dévouer qu*à une partie de cette tâche p Si je ne i 'accomplis pas tout entière, vous TOUS en prendrci a notre hononible éditeur, qui me crie, LU kïut d'uD certain nombre de pages pleines : « 2V n'trof poi pfiM foifi; * ou plutét vous pourrez en icenser la paresse et rineipéKeuce 4e mou pîncem.
Suivez 'moi bien.
Cetle demoiselle au pas maje^^tueux et à la tète romaînement ponéc, qui s'avance de notre côté, et que sa mère suit à trois pai» de distance, se. nomme Berminie Souniot. Et le est née d*uoe flùte de t'orchestre de TGpéni* Comme dès sa première enfance elle avait des airs fort dédaigneui et traitait de haut en has tout ce qui rapprochait, on jugea qu*eUe était éminemment propre à ta tragédie. Elle fut placée au Conservatoire, ft changea dés lors son nom vulgaire de Jeun nette pour le nom plus cornélien d'Uerminie, — Qerminîe est toute radieuî^e de sa grandeur future. Elle jt-tte sur notre pauvre monde des regards de pitié» et semble vivre avec les bérns et les princesses de la Melpowne antique. Son père, It flâte, et sa mère, ancienne mercière du passnge des Panoramas, et aujourd huî buraliste de première closse au théâtre r^yalde rO[iéra' Comique, sont en admiration devant elle. lU respectent comme des ordres souverains les moindres volontés d Uermînie. Il lui sufBtde froncer le sourcil pour faire trembler toute la maison. — Son père, la flûte, a coulitnie de dire en jouant aux dominos •u café Min/rve :
^ 1 Voisin Mignot, vous av es entendu ce matin Herminie..* Eein l comme elle a déclamé son monologue U,. Quel €^il et quel nez! Ah ! si cite avait vécu du temps de ce fareeurdeBacine, bien sûr qu'il ne se serait pas aco* quiné â la Champmesté, >
Qerminie est toujours en dehors de la vie réelle ; elle affecte d*étre âb?^rbée par l'art. On vient lui dire que la table est servie, et elle répond en roulant de ^s yeux î
Seigneur I ditii cet aveu d^ouillé d'irlifiee,
|'iim€ i voir qae du moLm voua tous rendiez juAtice*
< Herminte, îl est deux heures, veux-tu faire on tour ■ui Tuileries avec ta cousine FihochonT ■
Herminle s^ocrie en posant une main inr ion cœur et en élevant l'autre vers le ciel ;
Oui, voiu Titmes, perfide j Et eei iiiêm«i fureun iftie toua m« d^îgtiex, Cei bru i|ue diti« le »nf vûui avei tui bai^néi, Cei ïâorta, cette Lcsbos, cci cendre r^ cctre flamme, Sont lea traits dont Famoor i'i gnvé dioj votre Ime.
m Elle e^t folle T dit la cousine Fibochon. -- Haiii non, cousine, reprend la mère SouJïlot ; tous ni ïoyei pas qu^elle eO. en plein ÛAmlmpiraiiom. m
De
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an. Il I plq. parce fi*3 a «
épaïsfie ifui rappelle eeUe 4a elle permet de ne Imwcr pd|É et de rtmasser son ér^BliîlpM arrive de le laisser tombai mm tragique est une Tierge §mt^ bommages des aiortels*
Hermlnie ra en some dm recherchée fier le femîUe Éi celle de ' dccoinpteor de peyivp éugedeta maboo- Ce motéi ■ance sar le pûpnleticwi que les comédiens préjugé, U s a fit que Tes coulisses potir élre nistes mêmes, le exempts de la fa et la rue du Temple ]« détails sur ces heure se couche H Théodorine nel-elle ée teau du Mamoir é^ mange^-tl eomine toirt h les entr*actee nieilf nudiell et des glaces ^î loi mmà w UvréeT
On comprend 1*4 nie dans ces gne. Lorsqu'elle ches sont sus] est accueillie frayés ^ metlênt à misérîeorde* Maïs, 1 sent à jouer une joiel Les parties d*< conversations 1^ pliu ialj cueillis sur \m genoux dei leur prenne plus rantaisie la maison. On conpe le ailoa rerft la salle» !*autre oraftié le li placée sur des chaires rampliem se drape dans son cliâle frupdi^ ordinaire, M. HïciieDDeeiit doiM sa perruque blonde* Il plof é de la caisse d'am^
de Si vie a l'on^hestre de le
natiqne d'art théâtral, et mm pim
o*avoir jamais pn^ peodAiit se F
naissance avec un seul eriiste bureau depuis huit heures de !
du soir; puis venait le messieurs de la Comédie nul moyen de n[ tait le diminclke; mils M. extraordinaire li consacrait ses loistn frêle roseau a ta malit, les puis Saint^Miur jusqu'à comme M, Midionnetu, lier de pouvoir se méW loi appelé à donner la réplique à respéranee de la * ^ jour la gloire, ^tjleolldelït
de décl*<n*lum \