‹ Les Francais peints par eux-mêmesChapitre 146 sur 269 · L'AGENT DE CHAM · texte numérisé non relu

L'AGENT DE CHAM

FRËDËniC SOULIË

Us parts qvl

efk-ts publics 1

livhl

ûld lin âe ces lypûs de notre époque qui prêparâût de bien belles phrases déclamatoires mt Ubériux À venir, contre le désordre et la barbarie de notre sîétie. Ua homme viendra, quelque Aleiis Monteil, ou quelque Dupin, ou quelque Isambert du vingt-siiième Hieck, qui rouillera dans les annales vermoulues de nos iribunauï et d^ns nos livres, dont deuît ou trois exemplaires auront échap]>é âu pilon et non pas à l*oubli» et il y recherchera les lois qui nou:! rt'gis&àieni et Inexistence sociale qu'elie» avaient organiser

Apres la dcscrijiLiou de Inus les métiers utiles, après avoir ûp]iroraiidi en quoi consistait Tindustrie des fruitiers, des fripiers, ût% rcuilletouisles, des charcu-^ tiers, etc. etc., il arrivira uecessnirement à Tagent de chanfre, et, au moyen de quHqucs arlicles de la loi qui défiiiiâiieut srs attributions et en marquent sévèrement les limites, il croira d^^bord savoir quelle était cette espèce de crie ur public des dettes de l'Elat et de notaire ad tiQc pour la vente el l'acliat dr cette dette.

Il hU|qiosera que, quelques joueurs acharnés ayant pris cette âvUè pour tapis vert de leurs paris, oû avait voulu

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queceshûmmetp coquiu ■ratifia investis par onlonoaiice wapAêiâ h oepusaent |hs lenir 1«s eÉttofi il applaudira à la sig« nonrefi peines a^ei téwèrcM^ d'ilre I0 de marchés qui ne repoMMtptt réels. Cela lui ex|)1if|Mn m 1 cet article du Code, qui cûmé fraudulcui tout agent de €àa^ que l*af eut de changa qui M Jequel il esl institué ne peot fi capital pour acheier ima men^fim f auti^e valeur publique, il fifeatacU confiés, Jlvre le Utre et pcrfoil M '^ de son opéralîoD. Voilé rém li|al il n en a pas d'autre, A l'oa eMi^ puisse pas mener â la billile, Mak| Tarent ïntenuédiaire aDcnarii peut être que par des epànil ou dérendues par la loi, q« Cependant, à foi^oe de vres, et mioie dïuM lei 1 compuUakur troufom de de change, et vem q<et« ■ rangées comme eeUe di 16 nouvelles rerh^rr^^ couverte m di

I/AGtNT DE ClIAXlE

i*en présence de celte loi écrite, TexistencB change D*a été autre chose qu*un démenti aé à la loi, que le but pour lequel il a été t que Taccessoire fort minime de l'ensem- Tations, et que, s*il voulait bien faire queli lui était permis, il faisait surtout ce qui du.

rez pas ce que c'est que Tinfatigablc ardeur r de livres morts ou d'archives, lorsqu'il d'un fait extraordinaire. Arrivé à ce point Brte, le résurrectionnisle littéraire ou lé- *a de nouveaux rensci^^nemcnts sur une réte de toute une classe contre la loi domiapulsera les archives des tribunaux et des , pour y découvrir les nombreux procès et lions qui auront été prononcées; il y pas- , les nuits, et, enûn, il Gnira par découvrir lire où un agent de change a été condamné mtaut du pari dont il avait engagé les en- ) perdant refusait de solder, mais cela sans t>le fut puni, ni de prison, ni d*amende, ni . 11 trouvera peut-être quelques sévères paées par M. le président Séguier contre la i du jtu de la Bourse, et Tinsolent mépris compagnie pour la loi qui la régit.

De ceci il résultera plusieurs choses fort originales : la première, que ce bon bénédictin des temps futurs prenant la chose au sérieux, il n'est pas douteux qu'il ne fasse de ce fameux premier président un très-grand homme de robe, un de ces illustres magistrats sévères et clairvoyants qui ont résisté de tout leur pouvoir à la corruption de leur époque et au désordre qui s'était introduit dans l'état social. M. Séguier sera proclamé un grand homme. Une autre chose non moins originale, c'est qu'on se figurera que celte terrible compagnie des agents de change n'avait pu acquérir une aussi insultante impunité qu'en achetant par des monceaux d'or le silence des magistrats et des ministres ; et il sera établi pour les temps futurs que cette formidable association de brigands tenait la loi captive dans ses cofTres, grâce à la vénalité des magistrats.

Gela arrivera absolument comme je vous le dis; je puis vous le certifier, moi qui ai eu quelquefois à vérifier et a contrôler les recherches de nos antiquaires et qui sais comment ils raisonnent L'histoire de M. Dulaure, ce mauvais livre et cette mauvaise tction, n'est pas faite autrement.

On ne s'imaginera pas que cela ail pu être ainsi tout simplement, par le seul fait que cela était; non qa'il ne demeure très*eitraordiiiaire qa'une classe de citoyens, &

L'AGENT DE CHAlfGE.

une époque quelconque, ail vrcii eu oppoi^ltion fcrmelle

avec b loi, mais e a ce sens qu*il D*y aura eu u? brigands dorés ligués conlre elle, m mîiiîsires. m mAgistraU venûm k celle ligue d'ur : ce Gi>ra tout bounemenl un pelil mal qui o commencé f îir presque rien, et qui a gBgué sans que personne y prit garde, sans qu'il fùl besoin que les coupables fussent délemiinés comme des Ri* ^Mn ninAldini, ou que les m.igîhlmts fussent Kkhes m vendus comme des sbires napolitains ou des soldats du pape.

Non, quoi que doive en penser Ta venir, l'agent de change n'est pas un de ces héros malfaisants qui dominent In société par la puissance de leur criminelle audace : il est comme il est parce qu'on ne Tinquiéte pas, et surtout parce qu'il est l'agent actif de la passion qui nous domine, le jeu. Voilà tout.

A cela prés, l'agentde change est un homme comme tous les autres, quanta ses qualités morales ou immorales : bon père, bon époux, bon citoyen, il achète un remplaçant à son fils quand il est astreint à In conscription, il donne une loge aux Italiens à sa femme, et fait très-cavalièrement son service d^officier d état-major de la garde nationale. A ces qualités il en joint d'autres qui le mettent tout à fait au niveau des honnôtes gens . il entretient volontiers quelque fille de l'Opéra, joue gros jeu, s'imagine qu'il a de beaux chevaux, mène bien un tilbury et méprise souverainement les gens de lettres. Somme toute, c'est un très-excellent homme, qui n'est pas plus méchant, pas plus vicieux que vous, que moi, que tout le monde.

Cependant, au milieu do co monde dont il fait partie, il a ses nuances qui le distinguent, qui le personnalisent et qui en font le type particulier que nous voulons Ucher de vous faire connaître.

Si vous entrez dans un salon où vous savez qu'il y a des agents de change, et que vous remarquiez un homme de mine simple, qui s'écnrle ])our vous laisser passer, qui se tient paisiblement dans un coin, qui cause bas, et qui écoute avec plaisir un violon qui joue ou une femme qui chante, un homme modeste enfin, passez, ce n'est pas un agent de change- Si vous voyez plus loin quelque figure à la physionomie expressive, à l'allure un peu débraillée, qui parle avec facilité et action, qui se démène plus qu'il ne faut pour persua<ler ses auditeurs, et dont la pensée rayonne dans la parole et dans le regard, un homme chaud et éloffucut, passez, ce n'est pas un agent de change. Si vous trouvez dans un angle obscur de quelque salon retiré un, personnage au maintien railleur, entouré de quelques femmes sur le retour ou laides, qui devisent avec lui, un homme qui sème la conversation de mots fins, de plaisanteries êléirantcs, de rélicences spirituelles, passez, ce n'est p.is un agent de change. Celui qui vous répond complai.samment quand vous l'intorrogez, ce n'est point un agent de change. Cet homme ([ui joue cl qui gagne sans d''*dain, ou qui perd sans faste, ce n'est pas un agent de change.

Mais si, en passant pur une porte, vous avcztrouvénn homme roide, empesé, planté là comme une borne, et qui vous a fait obstacle durant dix minutes sans daigner s'apercevoir qu'il vous gc^ne; si vous avez aperçu un homme à mine assurée, qui parle haut pendant qu'on fait de la musique; si vous voyez qu'il toi>e avec pitié quoique amateur passionné qui lui adresse un chut modeste; si vous apercevez un homme portant beau dans sa cravate, comme un cheval normand, un homme qui lais^^e tomber dans une discussion cinq ou six mots qui lui semblent un arrêt sans appel; si vous remarquez un dandy déjà ventru, le dos appuyé à la cheminée du grand

salon, el perlant k Il soirée, pour loi €i son banquet, ^i

Îierles d*ord'uiiei| t tâMe de jeu od mue, iott qa*il ïe £ êtes poarsum | ir i s'empare le pti» qt les saloos, de toal qae vout cherchex de change.

Ce n*e«t pat cepi bélître, malotru, n mais c'est quelque i menl content de sa prit. Cet homme, qi c*es( celui d*étre ag

Et pourquoi cela'

Le foici :

En général, cet 1 reçu une asicez boni sot 'ûî absolument doit toujours le pai dans le monde et il Taristncrate do jour est si près de son « était commis, hier il dont il est le maître bon jeune homme devait sa charge et q sait, il s'amusait, il 4 et était fâché de pen une jolie petite mait dait, tout au plus le scènes de TAmbign riait à la volonté do un hcimme, aujonrd*l rible qui pèse sur toi fait pour loi et poi mante.

La gaieté légère homme dont la fortai et rélourdene, à celi pftani de tant de elle prit, an spéculateur < les pensées légères, i tre mieux que persoo tiques anxquels son < de pareilles préoccop homme de cabinet, tla ciété de sa caisse et d supporter; mais, depi posé partout en homn c'est un état que le hai stine : alors il arrive affaires, et c'est ce qi pillon & ailes de pion montrer. II veut allia toute la désioTolture < à la fois splendide m garde le décorum d toutes ses dépenses. I un pays avec nnecord une aubre contrée; c*« ap|ielle nos dandys. ■ jours; c'est enfin arc c'est an travaillear di sont endurcis et race

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