‹ Les Francais peints par eux-mêmesChapitre 151 sur 269 · A. LE CLERC · texte numérisé non relu

A. LE CLERC

i Tart du comédien disparaissait jamais de la surface do la terre , si jamais on mettait en doute son utilité, ou si, faute d acteurs ou faute de pièces, on venait à le délaisser comme une vieille charte qui a fait son temps, on serait toujours sûr de le retrouver dans VAme de d*officiers publics qu'on appelle le garde

toute humilité que je ne sais à quelle époque er la Uorissante instilulion de la conlrninlc aais, ma faible érudition n'ayant rien rennbiable dans les vieilles monarchies ou réla Grèce et de Rome, j*ai pensé que notre », notre civilisation, comme on dit aujouravoirtoul l'honneur de celle déconverle, a 3 ne nous vienne directement de quelques perboréenncs, ce qui ne sérail pas impose que j'ignore complètement. Quoi qu'il en assé dans nos lois , et elle fait le fond de ides de la législation commerciale, que nos i codes aient eu lesprit de l'inventer , ou slui de TadoptOT. Il ne viendra à la pensée de

contester l'importance et rutilité de cette nt les résultats sont de mettre au pouvoir re d'un créancier l'honneur, la liberté, la heureux trompé dans ses opérations de com- II, par suite de ces revers, n'a pu payer une

200 francs Dans cette pri»n, que la prérnellede l'Etat entretient dans un des quarés de Paris et dans toutes les villes du

royaume, et qu'elle ouvre obligeamment devant toute requête d'escompteur et d'usurier, le malheureux qu'atteint la contrainte par corps se verra enlever les dernières chances qui lui restaient de faire face à ses affaires; celle captivité à laquelle le condamne un jugement du tribunal de commerce, en le forçant de faire trêve â ses occupations, lui ravira ses ressources dernières, elle le mettra dans l'impo^^sibilité de pourvoir à l'éducation de ses enfants, aux besoins de sa famille; elle le réduira au déses])oir, elle le fera mourir peut-être : mais qu'est cela en présence des graves intérêt^; de satisfaction que le créancier a droit d'exiger .' Un débiteur compte-t-il encore parmi les membres de la famille humaine? peut-il réclamer comme un autre sa part d'air el de soleil ? et doit-on, quand il y a des créanciers dans le monde, penser à autre chose qu'a donner à ces derniers les moyens de torturer et d'emprisonner ceux qui, par le seul fait d'une lettre de commerce en souITrance, ont cessé d'êlre hommes pour devenir prisonniers? C'est la do la juste et digne morale; et décidément c'est bien à nos législateurs qu'il faut faire honneur de l'invention de la contrainte par corps, qui elle-même a amené l'invention de la resp<'Ctable classe d#s gardes du commerce. Le garde du commerce est à la législation commerciale ce que le gendarme est â la législation criminelle. Tous deux ont pour fonctions d'assurer l'exécution d'une certaine pénalité. La seule diiférence qui existe entre ces deux ofGciers publics, c'«st (pie l'un exerce sur le simple mandat du procureur du roi. ou même de son propre mouvement, tandis qu'au garde du commerce il faut un arrêt en bonne forme, un jugement de prise de corps bien et dûment prononcé et signifié, au bas duquel on lise la phrase sacramentelle : Mandons et ordonnims â tMS officiers de la force publique de veiller à son exécution, d'y prêter main-forte lorsqu'ils en seront lôgale* ment requis. Toutes les mioutieusetiormalités qui pré-

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