LE GARDE MI COMMERCE
eux, homme de robe oa homme d*épée, nerce apparaît soas tous les habits, s'af* costumes i jeane ou vieux selon Tocca- Picard, Gascon , il a Ttige de tous ses OQS les idiomes, parle toutes les langues. s rasé, le plus adroit, le plus complet pdsse rencontrer.
adoDt les plus curieuses, et qui révèle Nmrcei et la puissance de leurs espéd'un cocher de cabriolet contre lequel D^temps un jugement de prise de corps, ma à se soustraire jusque-lé â toutes les
m, le garde du commerce avait mospendu ses poursuites, lorsqu'un jour, le ses expéditions, notre officier public triomphalement sur son siège, à quel- Le foire descendre de sa voiture et Farae, c*eût été ameuter la foule, qui n*est rendre fait et cause pour les gardes du
prend-il un autre parti : il s'élance avec iciens dans le premier cabriolet qu'il Dt que son autre acolyte court au cocher irréter, lui jette dix francs, et lui dési-
qui s*éloiguait avec vitesse : « Pour y si TOUS parvenez à la rattraper, b Le B faire place à ce riche inconnu ; de la gourmande son cheval, qui part de son ; on traverse le boulevard , on longe la )C, enfin, vis-à-vis le n^ 48 de la rue de i saute sur les rênes, et, les tirant à lui, an du cheval. Quelques secondes après, \ierré à la prison pour dettes.
d*une arrestation simple est de cent ' en rapporte huit. Un garde du com-
merce bien posé, et qui aurait fait ses preuves, pourrait arriver â un revenu annuel de six ou huit mille francs. Heureusement pour lui , le casuel vient tripler et mémo quadrupler cette somme. Il est tel créancier qui , pour activer les poursuites du garde du commerce, Tintéresse pour un cinquième ou un sixième dans sa dette. On cite l'arrestation d'un riche fournisseur qui a été payée le prix énorme de dix mille francs. On dit même, mais nous prévenons que nous nous faisons l'écho de ce bruit sans y ajouter la moindre croyance, que le débiteur concourt parfois à grossir le chiffre de son revenu , et qu*â un certain prix il obtient que son arrestation soit diiïérée d*un temps plus ou moins long, ou, mieux encore, il achète un délai qui lui permet de passer en Belgique ou à Londres.
La liste civile annuelle du garde du commerce finit, au moyen de tous ces petits crédits supplémentaires, par être assex ronde pour lui permettre d'avoir un cheval et un cabriolet , dans lequel les dimanches et les jours fériés il va se pavaner aux Champs-Elysées et au bois de Boulogne, puissance invisible pour tous comme le bravo de Veuise. Après deux ou trois ans d'exercice, il achète, sur ses économies, une maison de campagne. Après dix ans, il a cent mille écus de fortune placés sur l'Etat, il vend sa charge de vingt à cinquante mille francs; il habite le Marais et marie sa fille au limonadier qui lui fait sa partie de piquet. Son fils , s'il en a un , est de droit avocat.
Retiré des affaires , le garde du commerce n'est plus reconnaissable; cette finesse, cette malice inépuisable, celte énergie dont il nous a donné tant de preuves, l'ont complètement abandonné; pendant dix ans de sa vie il a joué un rôle de comédien et il a possédé au suprême degré les qualités de ce rôle; mais tout en lui a fini avec la pièce.
MHMÀ'J
Paris. Imp. dt Edouard Blot, me Stint-Louis. la.
Ai.1
LE MAITRE DE PEN
ELIAS REGNàDLT
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i ûWq nînce des rms a sulii titen des assauts.
SinifTerl bii^ii à^s tmmithtiiiu^, dL'Voréblcn dei unliM^^p^, el pourUDl* ik'knu eQCûre, lUiiî- H*i>iu* gauveroe loo-
p rigide aux deslbétt dt* 1 -ireuirp CVt que, iiii1^rèti>u£ ses dêfauli.
If ^y^iome noîfvrsiiaîre [\ir lis iîi*r:iTïl* iiluimtîds de* ^T»tèm€S qm ; hï \id iAr^ c^*ïicîïm>uc\\ U vérité sur rinté-
ii'i r i^€^ i^i UM -;]s «<l «nhtvïfti^. Le colî«fé«t : le V î-^ dua ïke. U ['tn^îiiui «a e$l it tofr
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c'est Tîne : ne pis dUemme entre la vit d fcl et c^^t ainsi qtte les mh nécessaires les pensioBii des pensions-
L'éiliieatïfMi «st na ifti ne smnil entt dcpidiv il i lions abax]4ooiié ammm n j tailite renime. U plupart l« i coniMcrer teim enfali ■Ifiiieelïe dont Mm aei poDf f oaremer ceUt pnpiilil signature du mari, seloo la diUoitiaB i IsDltA un iiie«b1« qs'alliil qa'cllaar' yntdt iu€ tào^ immîM m ^^m jcMxer a la poupée. Oo cwfnd qnVtles appdl^ii des plaida leurs iti thà eoll^; mi «4 foite de lAioùts Hmi ' Que d» Hstrlctlofis eî1«s 1i«r fffûpriéfiÉ ! Que de i EDcsmi liwin rnerv^sf i de lettTsi
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LE MAITRE DE PENSION
*^ dainroyant, et vons êtes aveugle. Adorez ' f iniiiqae telle est Votre fantaLsie; vouez-leur "^Mliqne, encensez-vous dans votre image; ^s dans le temple de Téducation, vous HJàmi^ qne des sacrilèges, vous n*y proféreriez net.
I proTinciaux, quelques bourgeois de la
> choisissenl aussi la pension par des mo-
B. ils s'imaginent» les bonnes gens» quils
rqae le prix brut de la pension. Biais il
dgets de famille, ainsi que dans les bud*
L le chapitre des dépenses extraordinaires,
el complémentaires; et la pension î
Zîrwtre dans la classe des mêmes illusioDS
vement â bon marché.
R la vie du maître de pension un moment
l*est lorsqu'il voit entrer dans son salon un
plaisant par la main un petit garçon de dix
Si pourtant, avant de posséder ce nouveau
avant d^joutcr une tête à son troupeau,
9U commentaires et d*împertinenles disser-
contraint de subir ! Aujourd'hui que la
e la réforme s'attaque â tous les anachro-
M vieilles institutions, il n'est certes pas
l'esprit novateur veuille s'introduire dans
*est même par là que toute bonne réforme
cer. Mais ce qu'il y a d'étrange» c'est que
Am partisans acharnés du statu jfiio polili-
iDl des airs de rénovateurs dans les détails
uestique. Le défenseur immobile du Juste-
la grande famille sodale se fait révolution-
1 petite feuille, d'autant plus opiniâtre dans
--r qu'il y apporte moins de logique.
^:3ialeurs sans principes sont pour le maître
«JBS clients les plus désespérants. On les ren-
'^ «t parmi les médecins et les avocats; leur
=3agucuse attaque sans pitié les plus graves
= Monsieur, s'écrie l'un d'eux , l'éducation
î est un contre-sens dans notre siècle. A
K. , je vous le demande, le grec et le latin,
se des jésuites? Les sciences naturelles,
»a sciences naturelles doivent former la base
rmne éducation.» C<-tte apostrophe est suivie
% harangue physiologique, que l'instituteur se
•'^ interrompre; car une des vertus de sa pro-
ft« ne jamais avoir d'esprit mal à propos. Le
A€ : « Surtout, monsieur, point de bigoterie,
% préceptes étroits qui obscurcissent l'esprit
• D'abord, je n'entends pas que mon fils aille
• ce n'est pas la peine qu'il revienne sur ses Je m'en rapporte â vous pour lui infliger des
débarrassé de cet esprit fort, le maitre de ^it la visite d'une pieuse mère, qui vient s'a« lui parce que les collèges lui paraissent des religion ; elle espère rencontrer dans une in- •articulière les saintes traditions qui s'effauelqucs rayons de la foi exilée des collèges. C le maitre de pension obligé d'afficher aumotion qu'il avait tout à l'heure montré d'iu-
II trouve des paroles onctueuses, cite à proje texte de l'Évangile, déplore la corruption cl gagne un pensionnaire de plus.
Q passe sa vie, tiraillée en sens contraires, ar les idées les plus opposées, et les acceptant ur n'en faire triompher aucune. Tous les prcressent i lui, et il les caresse ; toutes les vaniposent leurs lois, et il s'humilie devant elles;
toutes les faiblesses l'invoquent, et il leur promet son appui : ne l'accusez point d'hypocrisie : c'est la condition de son existence, c'est la loi de son être; c'est le chemin de sa vie, dont il ne peut s'écarter sans tomber dans un précipice. Que parlez- vous de vérité? Pour lui, la vérité serait un suicide.
Plus il compte d'élèves, plus il a de transactions i subir, de caprices à ménager, de passions à caresser. Son abnégation morale doit être en raison directe de sa recette, sa recette en raison inverse de sa probité.
On comprend aisi'ment qu'au milieu de toutes les exigences qui l'oppriment il ne peut y avoir dans les études ai ordre ni unité. Gomme la pension a été préférée pcHir ne pas subir les lois du collège, chacun apporte d la pension sa loi particulière. Il y a des élèves qui sortent tous les quinze jours, d'autres toutes les semaines; Ton sortie samedi soir, l'autre le dimanche itatin, l'un avant la messe, l'autre après la messe. L'un apprend le grec et le latin, l'autre le latin sans le grec ; l'nn n'étudie que les langues vivantes, l'autre que les sciences naturelles; l'un suit la méthode Jacotot, l'antre la Inéthode Robertson, un trobième ne suit aucune mé* thode; c'est son père qui l'entend ainsi. L'anarchie est imposée au maitre, et le maître accepte l'anarchie et s'en désola ; et les élèves acceptent l'anarchie et s'en •musent. Anarchie dans les études, anarchie dans la discipline, anarchie dans les mœurs. Ceux qui veulent kitter contra ces nécessités entrent dans une voie terrible de fatigues et de combats. Beaucoup y succombent : quelques-uns, et ce sont de rares exceptions, en triomphent; le plus grand nombre accepte le joug et s'en trouve bien. Mais nul n'a mieux profité de son inaltérable dévouement aux pères de fomille que l'honnête H. Moisson.
M. Bloisson est un homme de cinquante ans, gros et rabougri, vif et sémillant malgré sa rotondité, remuant et loquace malgré ses prétentions à la dignité. Ses petits yeux brillants roulent sans cesse dans leur orbite, comme s'il était toujours en présence d'une bande d'écoliers indisciplinés. On voit qu'il est accoutumé à multiplier ses regards. Dans toute son allure, il y a un mélange de hauteur et de servilité, d'humilité et d'orgueil, qui témoigne que sa vie est un composé de ces deux éléments. Biais ils sont distribués à doses si égales, qu'on ne saurait dire si c'est en obéissant qu'il apprit à commander, ou en commandant qu'il apprit â obéir
A côté de lui fleurit, dans toute la béatitude d'une union bien assortie, madame Moisson, gardienne jalouse des clefs de la cave, dragon vigilant qui protège les farineux classiques contre les déprédations des domestiques et des écoliers. C'est elle qui manipule l'abondance, distribue les rations de pain, et découpe les viandes en surfaces égales, mais non sans se rappeler la définition géométrique de la surface : < C'est ce qui a longueur sans épaisseur, b
Madame Moisson paraît rarement au salon : c'est le gnrde-manger qui est son tem))lc, la cuisine son sanctuaire. C'est là qu'elle reçoit les hommages des mères prcvoyai)Jtes qui veulent étudier l'hygiène culinaire de la pension. Elle leur montre avec orgueil le bouillon surchargé de caramel, et se vante de n'y pas mettre d'oignon brûlé. Elle surveille avec une inquiète sévéïilé tous les mouvements des domestiques, leur dispute un moment de loisir, met la main à tout, tire profit de tout, et se glorifie^ con sans raison, d'être la clef de voûte de l'établissement. Pour qu'un maitre de pension réussisse, il faut qu'il se pourvoie d'une femme qui ne craigne ni l'odeur du charbon ni les taches de graisse. Celui qui
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LE MAITRE DE PENSION
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c Comme nom voulons ménager une «arpriiÊ i notre banmai^» etc. »
La lettre est écrîte de prêféFence aux mérei, |iarce qu'elles se laiï^seot plus f;ict1eineiit toucher par ces amabilités de commande qui sîm nient U reconnaîssinee. Le père, de sûa côté, tient â hooneur de ne pis donner moÎDs qu^aiî autre; de sorte t^ue la fausse sensibilité des femmesi cam binée arec la vanité pnerîle des maris» éféve rapidement la somme qui doit Tonnuler td recon* Daiisance.
Comme c'est riospeclenr qui est le conildc&l de la surprîie, c'est lui qui est le percepteur de la contribution; c'est lui aussi qui se charge de choisir le cadeau âe^tîné à représenter tes sentiments réunis des élèves. Mais, comiue on le pense Heo, il a soin de consulter M. Mois* soD. Or H. Moisson a les goûts solidesi et d'habUudt il désigne qnelque pièce d'argenterie, qui u*àlt que pou de chose à k valeur du Cfipital monétaire. C'est amsi que, par une langue suite de <;ur prises habilement combinées, rîndustriel de l'enseignement s'est acquis, sans bourse délier, nne riche vaisselle qui aurait fait envie â plus d'un grand seî teneur, lorsqu'il f en avait. Mais en homme modeste, M. Moisson ne met au jour ces trésors que dans les cérémonies d'apparat, lorsqu'il convie à un dîner solennel le proviseur du collège et autres ofliciers unirersitaires, dont il a besoin pour appuyer ses succès.
Le jour de l'offrande venu, les écoliers» qui lavent qu'ion leur réserve aussi la surprifïéd*iiïi congé» ^ndossent dès le raaiin leuri; vêtements du dimanche, et, imm éd laie ment après le déjeuner, rangés en balaille, I1n^ specteur en tête, ils entrent au pas de charge dans le sa - * Ion de leur directeur» qui, par un singulier hasard, s*^ trouve en grande tenue* M. Moisson prend son air d'étonnement annuel et de bonhomie périodique. Enlîn, quand toute la troupe ef^t rangée en cercle, la pièce d'argcnterîe est dépoi^ce sur le guêridfHi, et le plus habile des rhéloriciens débile une pièce de vers latins a l'usage des bons maîtres. A mesure que se prolonge la harangue TirgilîcnnCi lemotion du mentor redouble ^ sa poitrine se gonfle; il promène des ycui attendris sur le^ élèves et la vaisselle plate, m Mes amis, s'écrte-t-il après que rorateur a fait silence, mes chers amis, mon cœur est trop plein pour que je puisse répondre dignement â* celte attention délicate , si peu attendue et si pen méri^
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Il ne faat pêê iXtÊt corpt H. Moittoiiilti d'un resUnntear : a matïQ. Dés U vdlle* I la charcuterie afotm qiies |M>ti1ets éliqncft
Bientôt on ie met ea qui les assieltes, qnt k 1 H, Hotssoii l'Achèto war lo I tout i»roSt.
Il fini asmrémeiit ifpfflii joïes faciles de Tenbiicefiivl a un diner sur rherke. Mali on p.isse sou temps i Uv I disputer sa r&tion aux trop pntrï^rcal. Mais, p est un bonheur. TouJAitfsi leurs repas» ils iesenteoll puissants à fot^e de bruîL Idl jsrgemeQi de ces joaû de paroles.
Au dessot, M « Mois locution; après s^élre appMîi jour, il i'excuse modesKooC »!
t Toutefob, ajout&-t^t, I figures heureuses qu'aniBMtl fête de famille, il m'est povi^
€ Foraan et hmt ald
Depuis longtemps V* set patientes déceptions.
meubles, tl est deveatt i
ble* Il se promet ,
se Taire nommer député^il^ France, lorsqu*il sîon. Alors il se réserre de < bertc de Tenseignementg ta i et de faire entendre aux i •ur k ijrannie de le i
ïim^
" ^-^It-^^-^Tr-^Ll i£
LE PRÉCEPTE