LE GARDE DU COMSIERCS
de cet état, petit vieillard qui borne l'œuvre de son ministère à les acconipnj^ner dnns toutes kurs courses, à les assister dnns toutes leurs arrestations.
Une fois entré dans le Gacre, où sont venus prrndre place avec vous le garde du commerce et ses trois praticiens , vous êtes drjâ à moitié prisonnier, la première porte de Thôtel de Clichy s'est refermée sur vous. Encore un moment, les délinilives formalités de votre incarcération seront terminées, et tout sera dit. Ainsi profilez de ce dernier moment de liberté qui vous reste, dite? un suprême adieu à la vie parisienne, aux indolentes fl.ineries sur le boulevard de Gand, aux joyeux diners chez le restaurateur que vous alTeclionnez. Vous obtiendrez du garde du commerce d«^ finir joyeusement votre journée, â la cliarg(> d*avoir lui et h s siens pour compagnons inséparables de votre diner et de vos courses, et d*abord d être conduit en référé.
La formalité du référé consiste à être amené au Palais de Justice devant le président du tribunal civil; là, si vous avez des objections à élever contre votre arrestation, vous êtes admis à le.s exposer, et le président y fait droit ou les rejette; sinon votre visite au Palais de Justice se borne à demander un certain temps de répit avant d être écroué à la maison pour dettes. Au moyen de cette autorisation, il vous reste quatre et môme cinq heures de quasi-liberté que vous pouvez employer, toujours escorté de votre fidèle garde, à faire des démarches pour obtenir de votre créancier votre élargissement, ou à porter votre dernier toast d'homme libre.
Mais ces derniers instants passent vite ; cinq heures approchent , et cinq .\z;-.res est !e terme fatal des plus longs délois ; passé ce moment , en maison qui se respecte, 1 hôtel de la Dette ne reçoit plus de pensionnaires. Alors vous remontez dans votre fiacre , la voiture s'ébranle et bientôt s'arrêie devant le n° 48 d<» la rue de Clichy, sur lequel s'agite le drapeau administratif qui indi(|ue que vous êtes devant une maison de l'État. A votre aspect les portes s'ouvrent, et surtout se referment; vous ( ntendez un bruit de grilles, de verrous, vous respiriez une odeur de captivité , vous êtes entouré d'une armée de geôliers qui VdUs mesure des yeux et prend votre sign.tlenient. V<»tre garde du commerce n'a plus qu'un dei nier service à vous rendre, celui de dresser proc •s-verl)al de votre arrestation , d'écrire votre nom sur le grand livre des prisonniers pour dettes, et enfin de \oiis délivrer votre certificat d'écrou; cette formalité remplie, il vous fait ses adieux, vous êtes enterré.
M.iis ce sont là les arrestations faciles, les arrestations pour lesquelles le garde du commerce dédaigne de mettre au jour les gramls moyens d'adresse et de ruse que le ciel lui a d<''p;Tiis lorsqu'il lui a dit : Iste eris, tu sens garde du commerce. Notre officier civil alfecte un souverain dédain pour ces sortes d'affaires, qu'il traite, comme on dit, du haut de sa grandeur. Mais vienne une affaire importante et dilïicile , vienne le dossier d un débiteur récalcitrant, dont on renomme l'habileté û mettre eu défaut toutes les poursuites , «î échapper à toutes les reelhTches véritable proléc insaisiss«ii»le qu'on rencontre |i.irtout le dimanche et les jours fériés , et qu'on ne voit les autres jours nulle part qu'aux Tuileries, parce que les Tuileries sont lieu de refugi-, homme introuvable, sans demi ure fixe ft.irce (|u'il les a toutes, voilà bien ce qu'il faut au garde du commerce. Plus la difficulté est grande, plus il y a de péril à courir, plus l'émulation du garde du commeice est excitée. Son honneur est on jeu, car lui aussi travaille pour ce quelque chose d'ind-fiuissalde qu'il appelle honneur; tel de ses confrères a mis trois mois pour opérer une arrestation du mémo genre
qne celle qui lai ert eoilBi;i| considération n*^fan44ifm èûiif en moitié moins de taqs?Gik^ elle sera répétée per Im la} d'habileté sera éuUie. sa npM clamée, et le sonTcnirésMi les annalei et archives ée la c idées, peul-il j avoir rien ait merce? Il j a quelques i laissé échapper une importialei il comptait, et dont il s'était ^ conclue, ne voulot pas sarrimij déshonneur et se brûla la cerrék
Le garde du commerce ( exécution ne s'appartient plas.l qui réclame ses soins. Le joarii que, la nuit il n'en dort pas, oiiii une longue insomnie, il eo rfHB fois il a dft à on songe un bgsi ses projets.
Les moyens que le garde à b pour arriver â un débiteur i outre un grand fonds de rjotûfm encore une grande connaissusèi vidu qu'il doit arrêter.
S'agitril d'un jeune homme c reux de plaisirs et de danse. Ic| tend patiemment la saison éa \ débiteur se sera laissé aller i m frémissante des masques caUiMiàil| sard, une jeune Camargo à h I ~ aux gestes empressés. Tiendra le h pas, se lancer à aa suite daeskplifi' de sa conquête, le jeune bouacéi est accepté après quelques iaituti. J matin, l'amoureux en e»teoconiii ' bien quitter un vilain masqaeqâi des traits adorés, c 11 faut donc iob i ▼oix qui va droit à l'âme de l'im»
stant le masque tombe, la ceifihRi dénoue et laisse voir une antre euiiiî sont brodées deux baguettes ea i auxquels on n'avait pas encoRfDf et entourent l'amoureux , qui le *m^\ de ce qui lui arrive qu'en eoteniHlkif~^ arrête, » proféré par la boncbc à ne du commerce.
S'agit-il d'une de nos eélébriléii res, toujours a la recherche da I des fantaisies de grand wi une fortune d'un mois detiifau,M< ces moments d'opulence qne t payées , le garde dn ciomiw moyen d'arriver jusqu'à liûild'fl garde sa porte. Affublé de l'hall i modts il se présentera, eo i d'écus, sous le prétexte d'acfaivrfl écrivain met la demièra Bah, tf f^M avec une si grande impatianee Ha^if^ mée pour un homme qni m compagnie, et qnelqnei vers la rue de Clichy et i asile qui lui pcrmeUn T commencée.
^aujourd'hui groa < demain pauvre vieillwd porte ; tour é tonrj qu'il n'a vu i spjub I