‹ Les Francais peints par eux-mêmesChapitre 158 sur 269 · I.E MviTu:-: uiv r'Àysiox · texte numérisé non relu

I.E MviTu:-: uiv r'Àysiox

— - \Mï*^'*«^

préfère les qualités aimables à'nm compapTie aîix rus* tîqties habitudes d'une servante ne fera jamais tortuoe; U n'aura m^ine jamais la croix.

Madame Moisson se réserve aussi la dtrectînn de la lingerie. Son orgueil de ménagère »e complaît â étaler, dans leurs cumpnrliments de sapin, les irousseaui numérotés. Fûur [uL rendre justice^ la blancheur du linge ïi'a rien d'équivoque, el les repriseit ne sont pas trop apparentes. Mais nous sommes obligés de convenir qtie dans chaque trousseau il manque régulièrement dcui ou trois serviettrs. Gomme les parents ne peuvent nousLiter le déUcit qu*â la sortie àv relève, ï\ est fAcile de le mettre sur te compte de t*étourderîe naturelle au jeune â^e, ou bien de llmputer aux ravages du temps, plus desirucfcur encore qu'un écolier,

11 i^ntre ainsi dans h discipline de la maison de prélever orficiellemeut sur chaque trousseau, lors du départ d*iiû êièvcp une paire de draps pour le service de rioflrmerie. Or cette InOrmirie eM toutn nominale; car, dans lé cas de maladie grave » la mamnn reprend toujours son euranl chez elle, elpour les indispositions légères, Técotier reste toujours a la lingerie, ou on Tabreuve d'une ttKAne de bourrache et de cbiendent^ qui lui Élit bien vile rejçrelter le réfectoire.

Il n'y a pas dn réclamation â élever contre cette contribution indirecte ^ui pèse mr les djrmps^ c^'esl une con-

dition énoncée dans lefif&i|iNMél eomme les lois : tout le monde ««

Quoi qu'il rn sotc, c«t irtkk té M port pour maiJame Ifois.^on FiJkâii serve puur Itf^ oma$ de liii|i II f paysnunes; aussi en a^l dlepivlli générations : c'est un gcn mitif. Au lieu de ca«seite, Mil slon pour le li«^su de lin émm i ^ stotei^me superbe lorsqu'on vieil ie i îniprév*u d un élevé, Âui ttp^Mi pose celte pui^^nte coiiioUlMi^«r paire de draps de plus* »

Le prospectus de M, Mal»

ampoulées mr U notirntttif éi lipf Mais dnoii sa maison leeof^cslBili mdl encore ; ei c^pendast set i' dortoir*^ tncombrés : c'e^l qo'il i fe* • des fanlai'^ies et des espnetii avec une rare habUeté. !fitl otc cîsiou le degré do (^mpUèittKt «*•* toujours lémolgner a TeaiM fi^ * plus adroitement rendit tttmfM^^\ élève dont nu auire ne linrail^K ccia tient à m vividté; ill eric santé ; s il est pres^nix, ak \

LE MAITRE DE PENSION

coufre les fantes graves d'un voile complai- L'vee sévérité contre les peccadilles, met en carenses dispositions, fait sortir en relief les ETectionne la mère ; et celle-ci se retire flére ft fils, fiére d'avoir pour lui un tel mentor. ■ nstmctioa de ses élèves, c'est ce dont '"occupe le moins. Il a un moyen sûr d'obsés classiques» qui font de si nombreuses B quatre-vingt-six départements. Consultant

la liste des lauréats au concours général, K^nseîgnements sur la position sociale des z, dont la fortune est humble sont aussitôt S ; il leur propose de recueillir leur Ûls

dioi sa maison, c C'est une règle, dit-il, ^Bf de pourvoir à Téducation des enfants -sitants. » Il voile ainsi sa spéculation sous snnent. 11 est rare que cette oflTre soit reje- »^4irents eux-mêmes, mentant à leur con- "Vioadent qu'ils obéissent à l'impulsion géi itre. tandis qu*i vrai dire ils font marchancafant. C*est une nouvelle espace de traite,

déjeunes âmes, où tout ce qu'il y a de pur «nce est livré en échange d'une maigre pi- ^ns équivoques. Ainsi l'innocente gloire

académiques devient une chaîne pour le dateur : on exploite ses succès, on escompte :9, comme l'esclave romain, il livre i son ^s fruits matériels de ses travaux. Grâce a m dirigé, l'institution Moisson figure avec

luttes universitaires. Aussi l'habile négoaque jamais de parcourir tous les ans le e renouveler les provisions intellectuelles r lui une double source de profits. Les en- IX du pauvre travaillent â sa réputation ; les ;>és du riche assurent sa fortune, e tout le monde que dans une pension la des prix n'est qu'un partage à peu près égal 5s qui tombent sur tous les fronts. M. Moistrop bien son métier pour ne pas se conduire B antique et $olennel. Depuis le philosophe fu'é l'enfant qui bégaye les premières lettres, •pelés, tous sont élus. Cette flatterie est si e mensonge si patent, qu'on s'étonne qu'ils ut éclairer les plus aveugles, se renouveler piDÎâtreté périodique. Eh bien I on a tort de n a tort surtout d'en faire un crime au maitre C*est encore là pour lui une nécessité fatale. de mère, que dis je? il n'y a pas de père e au maitre le défaut de succès de son fils : lui créer un succès. 11 n'y a pas de père qui eur dans le triomphe de son fils : il pourra adre de la multiplicité des prix, mais ceux dans sa famille lui semblent tous honnête- K. C'est ainsi que les décorés du ruban rouge le gémir sur la prostitution de la croix, jetée ir des gens sans mérite, et il ne leur vient oosée que le reproche puisse retomber sur

n sait tout cela, et M. 5Ioisson se garderait dre un élève par pur dévouement pour la ime pas les abstractions : cela ne rapporte lime pas les faiblesses, il les accepte et en I rapporte beaucoup.

il s'efforce de mettre dans cette cérémonie consciencieuse, qui ajoute aux illusions ma* y apporte aussi une certaine pompe destinée *éclal des triomphes. Les couvre-pieds rouges âroulent en tentures improvisées dans le ré-

fectoire débarrassé de ses tables. Des guirlandes de lierre retombent en festons sur les murs, dont la couleur douteuse et les taches mal eflacées sont dissimulées â peine par des dessins des artistes les plus éminents de la pension et les pages d'écriture des plus habiles calligraphes. Un tapis antique recouvre des gradins échofaudés à la hâte, au haut desquels se dresse une longue table, surchargée de livres et de couronnes. Au centre, sont rangés trois fauteuils en velours d'Utrecht : l'un est destiné au mentor qui va distribuer les faveurs, les deux autres au curé de la paroisse et au maire de l'arrondissement. M. Moisson a pour principe d'être toujours dans de bons rapports avec les autorités spirituelle et temporelle.

C'est donc accompagné du représentant de 1 Eglise et du foadionnaire municipal, appuyé sur l'autel et le trône, que M. Moisson fait son entrée Son pas est grave, sa figuro radieuse, son regard illuminé : on dirait qu'il y a dans cette tête un monde de pensées. 11 monte lentement les gradins, offre d'un air modeste le fauteuil â ses deux augustes hôtes, et se pose d'un air méditatif, le jarret tendu, le ventre proéminent, la tête haute. Silence! il va parler, c Jeunes élèves ! ( Ici, première pause solermeUe, qui tient en émoi tout l'auditoire.) 11 a donc enfin lui ce beau jour qui doit servir de terme et de récompense â vos travaux. (Deuxième pause solennelle,) Qu'il m'est doux de proclamer ici les noms glorieux des jeunes lauréats que mes leçons ont appelés à la victoire! Triomphes touchants, luttes pacifiques, où les rivaux sont des frères, où vainqueurs et vaincus se confondent dans une mutuelle affection! » (Troisième pause solennelle.)

Nous ne pouvons suivre M. Moisson dans tous les développements de sa rhétorique. Mais, si .«ion discours n'est pas une œuvre littéraire d'un grand mérite, c'est du moins une œuvre industrielle très-remarquable. Toutes les tendres allocutions qui doivent agir sur les fibros maternelles, toutes les pompeuses apostrophes qui doivent chatouiller les vanités paternelles, sont par lui tour à tour habilement employées. Sa voix se plie aux modulations les plus diverses, tantôt douce et chantante lorsqu'il célèbre les joies de sa famille, tantôt vibrant comme les éclats d'une trompette, lorsqu'il proclame la gloire des buréats. Enfin, après avoir rapporté le fameux mot du maréchal de Villars, il termine par ces paroles, péroraison stéréotypée de toutes ses harangues ofHcielles: c Accourez donc, jeunes athlètes, aimables champions de la science : venez recevoir le prix de vos généreux efforts. Il vous est permis sans doute de vous enorgueillir de vos précoces victoires; mais, parmi les vainqueurs, nul n'aura de plus justes sujets d'orgueil que celui qui va les couronner. »

A ces mots un tonnerre d'applaudissements part de tous les coins de la salle; les mamans agitent leurs mouchoirs, et le bruit ne cesse que pour recommencer après chaque lom proclamé, jusqu'à ce que tous aient été proclamés et tous applaudis. Alors M. Moisson se dérobe avec modestie va empressements de toutes ces dupes volontaires, qui s'eitasient sur les mérites d'une pension où tous les écoliers sont des écoliers d'élite.

11 y a dans les années de M. Moisson un autre jour d'éloquence et de somptuosité : c'est le jour de sa fête. Son patron est cHui de la grande majorité de la classe moyenne, saint Jean, le saint le plus fêté, sans conteste, de tout le paradis.

Quelques semaines avant le bienheureux anniversaire, le principal maitre d'étude, que Ton décore du titre d'inspecteur, fait écrire aux élèves une circulaire, qui commence toujours à peu prés en ces termes :

LE MAITRE DE PEKSION

f Ma cbère mamati,

■ Coin me nous voulons ménager une surprîie à notre bon maître, etc^ »

La lellre est écrile de (ircrérertce aui mères. |Hin:e qu^elïes se laissent plus réellement toucher par ces ania* bîlités de commande qui simulent la reconnaissance. Le père^ de sôd cote, tient à honneur de ne pas donner moms qu*un antre; àé sorte que la faus.se sendbiUté des femmes, combinée avec la vanité puérile des maris, éfé^re rapidement la somme qui doit formuler U reconnaïssnnce.

Comme c'est rînspccteur qui est le conGdont de la surprise, c*esl lui qui est le percepteur de In contribulion; c'est lui aussi qui se chnrge de clioisîr le cadeau destiné À représenter les sentiments réunis des élèves. Mais, comme on le pense bien, il a soin de consulter M, Moisson. Or M. Moisson a les goûts solides, et d habitude il désigne quelque pièce d*argenterie, qui n'ôte que peu rie chose â la valeur du capital monétaire^. C'est ainsi que, par une longue suite de surprises habilement combinées, r industriel de renseignement s'est acquis, sans bourse délier, ui>e riche vai<ïSolte qui aurait fait envie à plus d'un grand seigneur, larsqu*il y eu avait. Mais en homme modeste, M, Moisson ne met au jour ces trésors que dans les cérémonies d'apparat, lorsqu'il convie â un diner so* lennel le proviseur du collège et autres oniders imircr- £Î ta ires, dont il a besoin pour appuyer ses succès»

Le jour de TolTrande venu, les écoliers, qui savent qu'on leur reserve aussi la surprise â'ifti congé , endos* sent des le malin leurs vêtements du dimanche, et, Im^ médiatement après le déjeuner, rangés en bataille. Tinspecteur en tète, ib entrent au pas de charge dans le sa^ ' Ion de leur direcleurp qui, par nn singulier hasard, s'y trouve en grande tenue. l\. Moisson prend sou oir d'étonnement annuel et de bonhomie périodique. Enfîn^ quand toute la troupe est rangée en cercle, la pièce d'argenterie est déposée sur le guéridne, et le plus habits des rbétoriciens Uébîle une pièce de vers latins â l'usage des bons maîtres, A mesure que se prolonge la harangue virgiHcnnc, l'cnsotion du mentor redouble; sa poilrioe se gonQe j il promène des jeui attendris sur les élèves et la vaiiiselle pinte, a Mes amis, s'écrie-t<il après que rorateur a Tait silence, mes chers amis, mon cœur est trop plein pour que je puisse répondre dignement â* cette attention délicate j û peu attendue et si peu méri

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loi «r 11 I

tée* le r moîgaer * ■ Une dear, si une fieur

TOUS. » Puis,

nîr dîner av«c

Boulogne.

Il ne faut pfts corps M* Moissem mît}

d'un restau rt leur

matin. Dès U Teille, les ftsMil

la charcuterie a ronnil j

ques poulets ét>qae& connpléieMV

Bientôl on se met en mnttt i qui les assiettes, qui la niaée, JU. Moisson rachète sur lii 1 tout proSt>

Il faut assurément itot le \ joies faciles de F en ra née pow l ànn dîner sur rherbe Ifali on passe son temps â taire li (^ disputer sa ration aux coléoflnl trop patriarcal* Mais, pour ksi est un bonheur. Toujonn leurs repas, ils se sentent I puissants â force de bniit« Lesi largement de ces jûuîssaoGCsi de paroles.

Au dessert. M* HotisoD Icsri locution; après s*élre appla^îi jour, il s'escuse modestement m ki « ToutefoïâSp ajoQte-l4ly lorsfaejii Ggures heureuaea qo*aiiim«Dt tej réte de famille^ il m'est

1 Forsia «t Ikae olipi i

Bepiiis longtemps M* 1 E(^ patientes déceptions, meubles. Il est devenu ble. tl se promet bien, qan se faire nommer dépalé, et i France, lorsqu'il sera livf sien. Alors il se réterre d« i berté de renseignement, lai et de faire entendre atit ml ■or la tyrannie do la i

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LE PRÉCEPTE

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