‹ Les Francais peints par eux-mêmesChapitre 159 sur 269 · STANISLAS DAVID · texte numérisé non relu

STANISLAS DAVID

ui, D*en déplaise à TUnivcrsilé, le préceplenr est de fait un membre du grand corps enseignant. Il n*a point pris ses grades dans la chancellerie des salons ministériels, ses capacités n'ont subi aucun con* trôle. Sans titres, sans bonnet, sans hermine, il ignore jusqu'au che- Sorbonne , et ne s'en donne pas moins pour lettres et es sciences. Dix ans et plus d'apte!... tels sont ses droits. Jeté par sa position 3iremîers rangs de la société , à lui appartient Lalement de former cette jeunesse d*éiite qui our commander, donner l'exemple et exercer ^ influence. Le précepteur a pénétré jusque ciison des rois , il s'assied à leur table , parti- Lirs honneurs, se mêle à leurs conseils, fait kxer Paris, et rédige les ordonnances. Là il est s«Dt, décoré, riche et grand seigneur. Le préoyal fait exception à la règle, et se tient à une Lstance du commun des précepteurs : c'est une e Tespèce. Pour bien le juger et saisir ses proil faudrait l'avoir vu de près ; or ces gens-là Ours dans des buissons ardents :à ceux qui peuapproclier, de les peindre; nous ne les conque de nom, et nous préférons, pour type, le ir plébéien , qui se laisse toucher par tout le la nature doit être plus prononcée , ses allures iches.

drement le précepteur est quelque séminariste i; jeune homme sans vocation pour la prêtrise,

il abandonne le cloître, et se trouve. dé]»oiirvu de toute pensée d'avenir, à l'entrée d'une iulinilé do ci ni Tires. Il saisit la plus facile, celle qui n'rn e<t pas r.i:c, mais 4|ui a l'avantage incontestable de lui offrir des ressources immédiates : il devient précepteur.

Rien au monde ne peut égaler sa bonne volonté : c'est un ouvrier consciencieux jus(|u*au scrupule, il fait assurément tout ce qu'il peut. M.ilheureuscmcnl son bngnge scientilique n'est pas très-lourd : de gr.lco . ne lui en voulez pas; il est parfaitement innocent. 11 sait ce qu'on lui a appris : du latin et un peu de grec, un peu de grec et du latin. Le français, c'est à peine s'il le parle. Il ignore absolument l'histoire, ne connaît la géographie que de nom , et croit que les mathémnliquc s sont des sciences creuses et superflues. Il avait jusque-là regardé la chimie comme l'art des sortilèges, et la physique comme le gagne-pain des escamoteurs, ventriloques, saltimbanques, et de tous autres bohémiens et faiseurs de' tours. Et cependant savez-vous ce qu'on attend du précepteur? connaissez-vous sa tâche? Elle est grande, elle est immense I le plus rude académicien reculerait devant une pareille besogne. Il n'y a que le précepteur qui, dans sa simplicité, puisse l'envisager de sang-froid. Je dis iimplieité : oui, le précepteur est simple et très* simple; il en sait tout juste assez pour s'apercevoir qu'il ne sait rien , W tâchera de suppléer à son ignorance par un travail opiniâtre.

On demande en lui un professeur de langues anciennes et vivantes, de musique, de botanique, de dessin, d'histoire naturelle. On veut qu*il remplace tous les donneurs de leçons au cachet, excepté le maître de danse : celui-là est inimitable. La danse a fait de tout temps le désespoir des précepteurs. Que fera-t-il? La nécessité, dit-on, est la mère de l'industrie, mais d'une industrie honnête, s'entend; les circonstances enfantent les hommes capa*

LE PRÉCEPTEUR-

blc^, lUe met donc rraucliemcnl â relu de , décliliïrû h

miisirjue, analyse les lîcurs, prcnurl BufTon, dévore Roi* Un, lit cl relit rûrilhnîdiûïyc de BjïoùI; bref i( défriche ks cltmotils de toutes les sciences, et le voîli universcL Il cnsdi^ne à mesiirû f^nUl apprend, Escell nt nioyeo suivant les plus grands maîtres, qnî conviennent que U niçiUeure moDiiTe de s'intilruîre est d'iw^tmîre les autres. Le pn^cepleur ne tarde pas a en sentir i'cfficacîtè, à en recueillir les tniUs; et» par son louat)Ic arlifiec Jl se r^Lt un petit fond» de eonnnissances qui lui pernieitent de devancer son ékve de quelques pas.

Ce qui Tait du précepteur débutant un être â part, une ciîslence infiniment et dmiloureusemeot eiecnlriqtie, c'est b \h dont il doit vivre, c*est ratmosphùre qn'îl est oblige de respirer. Sans aucune idée des convennoccs , ce p'ruvrc précepteur se trouve tout d coup précipite au milieu d'un momie dont îl ignore jusqu'aui moindres manîtVres, Cïliient choses niaises et frivoles aux yeux de ceui qui Tant éduqué. 11 a bien tu, si vous voulcï, lii Ci fi f lie pi/m fc et honniki mais qu'est-ce qu*nn livre pour ajjprcndrû û devenir aimable, poli, courtois, comphisaut avic délicalessc, sociable sans arfcterie, gai sans cxag«^ ration? Aussi le précepteur au début n'a-t-il d'autre ressource, pour sa lîrer d'embarras, que de pivoler s^ur ce qu'il nomme, dans son langage iiscélii^ue» humililé. Baisser les yem et écouter sans rien dire, deux qualités indispensables chez les reclus de la Grandc-Cbarlrcnse, teiîe sera sa tactique, llu milité incarnée, espèce û*cere homi^ , il ^c tkût à table et au salon comme le dieu Terme sur une grande route.

Avei'vous un ami^ grand seigneur ou épicier châtelain, partisan déclaré de réducalion privée, potir obéir â une convie lion, ou seulement pour ne pas déroger aui us et coutumes de ses aïeux, il prétend à tort ou à raison que son fils soit, comme hii, élevé au foyer palcrneL II s*est muni d^m précepteur friiichement débarqué du se* minaire et portant des certilîeals de bonne conduite^ Madame l'a examiné des pîcds jusqu'à la lèle, s'est informée de son «Ige, de ses goûts i son ex teneur est passable; et plus heurt'Hi que Lamennais, si outrageusement rebuté par la Oere Tori^, en pareille circonstance, notre homme de li lires est retenu au grand rabais. Car, hâtonsnous de le dire a la louange du précepteur, ses intérêts pécuniaires le touchent peu ; l'avarice est assurément son moindre défaut, « Ce qu'il vous plaira, et votre^mitié^dont je me trouverai toujours trop honoré. ■ Peut-on demander de pluj? modestes appointements? Parlant le contrat es^t biinlôl passé t tout se fait verbalement : le précepteur est engagé , c'est une affaire convenue. Pour les habitants du chiteau, il y a tiu tout petit évéocment dansk'ap]iariiiond'uiiprécepteur;maisponrluîcommence une torture qui doit durer plusî^^urs semaines. C'est le premier quart d'heure d'un drame héroT-comique.

Vous vent^E passer six mois â la campagne de votre ami, et vous ^irrivez justement quelques jours apréii l'initallation du précepteur. C'est Theure du diner, la cloche a sonné, tout le monde est :i table, exceptple précepteur et son élé*e. Averti de la présence d'un étranger, il a vite cessé sa cla?îse» dépouillé ses bras des fausses manches qui gciraiillsscnt son unique redingote, et ouvert st Cii?f/((*. La CmtitéL,, Ohf oui, c'est son étude de chaque jour; c'est <îDn code, sa règle de conduite^ son magasin de belles choses. Il réC*"**it »i la manière de se présenter ï il s'étudie, combine mille po^^itions, mille tour» de phrases* Il retarde autant qu'il peut le moment de paraître, car il redoute singulièrement les BgitreN noiivelles, Cepeuda ni son élève l'a lie nd, le presse ^ le laquais, de u foti la plus grosse, lui fait entendre le redoutable

Crwi#«rçt^n tpMtîr-tti j^on »ing se b Iji» fCin mouvement coOToliif, et ] parait enJ^uilc, * cort p41câfeA^ porte , un prcniter salot jeç^'i m i même nature vers le milieo A ai tre, appuyé sur le dossier de la c accentiifs , selon la règle; Ûf RoiiUaïIe le bonjour, et TOUS portes; il croit que c*cjti grdee de ne pas lui rire i comme tme Donvettité; toesl RGS, fous le complîmentex mr u \ n'oublies aucun des petits ficus d sloii . ?ou r le prccep teiir. Il 1 1 TOUS n'aTCs point réponda ai vous êtes resté îndifTérent et ■ santé, c'e^t tout naturel» le boa i teur l c'est-à-dire un tntms dv votre amL FI des insiiulsl

La djime de la malt le précepteur de son fils, el fmV' échantillon de son esprit « W %.

aimables sur son rrtani- Lepimi^ réponse; s'il lui arrïre de Iwicr:

soin de tout son sa?oïr, il appdktai gie pour racberer. fie loi Iules ^1 le mcttres en peine, et votre i d'un OUI oia d on nom prunoncé Ki^

La seule chose qui i objet sur lequel îl con^nlre wm i litép îl lâche de s*j coarontier n :

pie j il attache avec une éptifk m ys^ mac [vieux style) , tient i fourchette de la miu dl damne ses yeux 4 reateri moucherait pas peur un que le précepteur a lK»n appedL Ta déjà accusé du pins Tiiaia telffll parce qiill mange de tout, ttmwmi gloutool * Inr^me ealomDÏe!liclcie| pour un acte de sensualité l'ctf riai poignant martyre; et ne vofn<fiKpi1 refuser, le malheorens! C^Aàmt malhonDèteté â taire. Aprâ le pèle-mèle avec les dim^, aMi d'elles. Le jour ou îl se | ne. il se croira le plus ai place sur !e canapé ses et des f4ul€utls> lui-même. Il se plante en 4 hleau, eu regarde à la tealtfi fVl La gazette est une de ses franÉ au^si volontiers les calûen de 1 cret et qui sait rlrre, il ne se i cercles, ne prend jimait péril hi

ptotk^

quive â pettt brtiit , le

comme la dernière desl

tourné â la cheminée es i

Se croiser tes jambes eti'â

d'une berf ère est nnt inâi

et blAmc hautemenl eomai

du siècle des lumiirau \

théorie, quand il est wêêêê^ i bMI^^

pièce fur le bord de st cW^-IMi^J

mmxi& dans m!*** fietta

gauch il SI ei«ll

Ureiis itempdaMl

tg; —

LE PRÉCEPrKUR.

inr^v.^

I, sans malice aucune, le pauvre garbis» ne lui en voulez pas !

îrauts brillent de précieuses qualités, d'une douceur angélique et d'une rare i-vous que son élève lui fait impreselle-t-il M. Eugène, M. Arthur ou adoue, le cajole , le trouve charmant, a*à la moelle des os; le tout par résinée. C'est vraiment une bonne fore haute lignée qu'un précepteur. 11 est neil leurs termes avec lui. Des congés îs par jour! Jamais de punitions! Le cepteur ne les comporte pas. C'est Icepteur s'adresse: il veut tout obtenir iliments. Je vous défie de lui arracher au désavantage de M. Arthur. M. Ar- I précieux à cultiver; c'est un enfant iS^ntesque ; il promet à la patrie un M. Arthur s'acquitte de ses devoirs . H sait très-bien ses leçons, explique , dessine très-bien , chante très bien, , esttrés-honnéte, très-gentil : rien \\ Réservé à Télève de les démentir

Ainsi, par un beau jour, il vous prend fantaisie de sonder le terrain. Vous pénétrez dans le sanctuaire, c'est-à* dire dans la chambre à coucher du précepteur : c'est là qu'il fait ses études et ses classes. Vous trouvez le maître et l'écolier engagés dans la plus vive discussion : les conversations sont la condition sine qua non de succès pour le précepteur. Le préceptorat peut se traduire par causeries perpétuelles. On y instruit en riant , et queU quefois aussi en dormant. Et ne vous scandalisez pas trop si vous surprenez les deux champions ronflant â qui mieux mieux. Eveillez-les doucement et interrogez. Gardez après cela le résultat de vos investigations pour vous ; surtout n'en dites rien â la mère. Madame n'en» tend pas que son fils soit brusqué. Son précepteur est plein de mansuétude ; il lui convient â ravir.

« Mes enfants ont beaucoup perdu en perdant ce bon M. Morin, me disait un jour madame la baronne de***. C'était un jeune homme soumis, doux et facile à vivre, toujours content, toujours de votre avis. H avait pour eux tous les égards et les ménagements possibles. Et puis de la méthode... ah!... il suivait exactement mes priii* cipes, ne faisait rien sans me demander conseil ; enfio, c'était uo homme tout à lait â sa place. Quel excelleiil caractère! »

LE PRÉCEPTEUR

lest à plaindre* Vous grandisseï comme ^ ou des prisonniers parqués entre quatre 'imrilleu d'une effrayante démoralisation ! » Son Icoptrifa^,. les dévore de l'œil, lui, ces chariitai»'i(fec^leurair lutin, leur habit uniforme» |f»eai hn$ et cet boutons emblématiques. irtl'Je lertmours du précepteur ?..« Décidél^lheiireux est né sous une mauvaise étoile, et ^endrei avec moi que celui de qui relèvent les t|iniiialoes aurait dû rayer de ses lorgesses, à i^fréceptMir, le don fatnl d*aimei^..Mais, hélas ! nOnné hotrement. Sous cet extérieur raboteux |n cœur sensible et tendre ; sons cette enve- Jldeiir et dinnocence brûle un feu dévorant. J Mfré des séductions et des plaisirs du monde, ■riste s'élance avec impétuosité dans les senn«irtf de Tamour.

lut où Ta-t-il? vers qui montent ses aspiralïlo est donc la dame de ces pensées? Ici, pleu- Sm sort, un dieu Ta voué à la plus oveugle fa- "ietl le comble de la dérision !... une atroce pa- ^plice de Tantale !

^des amours du précepteur est toujours une 'Jolie chfltelainc de quinze à seise ans, à qui il \ leçons de botanique et d*histoire. Il ne lui a >t de déclaration, il se contente d'aimer, sans f est payé de retour. Ses amours, du reste, sont tnent platoniques : en adorant la beauté, c'est I quMl ren<Lses hommages. A l^poque de ses I, époqire qui n'est pas la moins critique de

|»récepteur devient sombre et mélancolique. Il tonte sa joie et sa félicité a aller mystérieiisèwoitr, soupirer sous les fenêtres de sa Julie; il à la chasse, n'aime plus que les bois et les Aa lever du soleil, on l'entend pleurer sous le avec le rossignol. On trouve sons son chevet, poches et sur la table, les lettres d'Hélolse et I, ou la Jérusalem délivrée. 11 ne se nourrit de romans; aussi dépmt-il à vue d'œil. Lh cape la plus large place dans ses loisirs, il fait SOT rinconstance, sur l'absence, sur l'indiffér un banc de gazon où elle s'est assise, sur ta sur l'anniversaire de ia naissance, s familles où les mœurs patriarcales se sont 8, on observe, avec le culte religieux dû â la les fêtes des parents et des grands parents. talions du précepteur lui font un devoir de diri- ^rémonies de circonstance. Deux ou trois mois » il met sa verve en campagne à la recherche m lieux communs dits et lus jusqu'à lui. Il fait liments i tous et pour tous. Grande dépense

de style et d'esprit ! C'est une espèce d'oracle qu'on croit devoir indispensablement consulter; il prête a qui les demande des vœux et des souhaits. 1^ fête de la demoiselle a son tour : c'est pour celle-là qu'il s'est préparé I c'est cette Cête qu'il veuttNrésider é lui seul ! Ce jour-là le précepteur est au troisième ciel : il met dans la bouche de son élève un compliment!... sonchef-d*œuvre!... l'expression de ses sentiments ! Gomme les autres il offre son bouquet, au milieu duquel s'épanouissent plusieurs myosotis; comme les autres aussi il peut donner son baisemain. Trop courts instants ! sensations délicieuses, mais trop fugitives! La fête ne reviendra qu*aprcs douze mois révolus, et, en attendant, le dard s^enfonce plus acéré dans la plaie. Ce sont des tourments insupportables. Le délire s'empare du précepteur, qui s'avoue vaincu et demande à mourir. — Dieu est bon, il veut la conversion du pécheur, et non sa mort! —Le ciel prend pitié de sa victime, une inévitable péripétie est imminente.

Le cercle des humanités est parcouru : l'élève sait même empailler les oiseaux et jouer la comédie en petit comité. Arrivent la philosophie et les voyages, complément obligé de toute éducation tant soit peu comme il faut. C'est l'âge d'or du précepteur : le voilà complètement émancipé et hors de toute tutelle. 11 prend son passe-port, s'intitule homms de lbttbes, et voyage à petites journées, comme un secrétaire d'ambassade. En visitant les capitales de l'Europe, il séjourne de préférance à Rome, à Naples ou à Venise, et oublie, l'ingrat! en voyant les belles GUes de rilalie, celle qui n'a jamais songé à lui.

Après avoir parcouru une bonne partie du globe avec le dépôt confié à sa garde, il revient radicalement guéri di* l'amour pour les dames et les demoiselles du grand monde.

Sa mission est accomplie. Il peut être fier des talents ot des vertus, fruit de son enseignement. Il a payé son tribut à la régénération sociale.

Autrefois, «juand il avait perfectionné trois ou quatre éducations, de père en fils, sous le même toit, le précepteur émérite achevait ses jours au milieu de la famille, entouré de respect et d'égards. C'était le temps de la reconnaissance. Aujourd'hui les choses ont changé. Quelque institutrice, sa voisine, rompue comme lui aux habitudes de la vie de château, comme lui chargée de gloire et démérites encore plus que d*écus, lui offre sa main. Elle est musicienne et parle anglais. Son Age est incertain, n'importe! elle a de l'esprit. Le précepteur se hâte d'accepter, se marie en habit bleu de ciel, et poursuit son existence dans une heureuse médiocrité.

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iimmi àriniile, «éedorto^ ia 1tf«et «oém, tt ovmîi li lirl ••IM d* quïilfr la sei9t ^{MA fi I

LE SOCIÉTAinE DE LA OMÊDir. FRANÇAISE.

>«IC«3^.^t>H^

"8 fiiDés et perces à jour, de ces huit gardes is de tricot blanc et aux hallebardes roiiil- Qblic enQn composé de trois vieux habitues faire un petit somme dans leur stalle, et de 18 ouvreuses de loges, des machinistes et I. Ce serait une bien curieuse et bien gro* re à écrire que celle de la tragédie à cette i tragédie si heureusement ressuscitée au- Ssierg^que et spirituel crayon de Daumicr a c^uelques traits de ce tableau. Ou ne saurait ^los épouvantablement vrai que les physiomsc qui s'intitulaient, il y a quelques années, i9 de Racine et de Corneille, les héritiers €Le Talma. Daumier les a toutes saisies sur iftt-â-dire au moment du flagrant délit. C'est |>itude prise sur le fait, c'cnI bien récole de i^aduite au tribunal de la charge, c*est bien conventionnelle mise au pilori. — Ce mo- K^a : c*est l'histoire.

As venons d'apprécier à sa juste valeur. lue un peu durement, Thospitalitc donnée ^ de la Comédie- Française é la tragédie après ^t. répée flamboyante et les grandes phrases Acme. Mais quelle qu'elle fût, cette hospi- > bien des séductions sur Tesprit d'Aristide, t«l ne savait pas trop s'il était plus Grec que liait absolument qu'il pénétrât, lui aussi, ^aire de la rue Richelieu.

Il flt tant et si bien, que, grâce à la protection d'un sociétaire émérilc qu il avait couvent servi dans ses représentations de tournée en jouant à côté de lui, tout chef d'emploi qu'il était, mais dans une pensée d'avenir, les rùlis les plus humbles du grand trottoir^, il fut admis comme pensionnaire dans la troupe des comédiens ordinain s de Sa Majesté. Vous comprenei sa joie. Mais il visait plus haut encore. — Jamais la comédie n*eut de pensionnaire plus dévoué et plus utile : toujours chapeau bas devant monsieur le commissaire royal, devant messieurs les sociétaires et mesdames les sociétaires, il ne refusait aucune corvée, se résijn^it même quelquefois à remplir l'emploi subalterne a quasi-muet, qui est si naïvement et si admirableûient déûni par ces deux vers :

... . Seifi^neur, c'est une lettre, Qu'entre yot |iropres mains on m'a dit de remettre.

Enfin, après trois ans de Narcisse, de Phorbas, d'Alain, d e Diafoirus père et autres déboires, notre homme parvint à faire mettre sur le tapis la question de son admission parmi les sociétaires, il rendait de si bons services, il avait tant d'expérience et de traditions, il était en de si excellents termes avec tout le monde , que le comité le reçut d'emblée. De ce moment M. Aristide, qui était

* Terme d'argot comique; grand trottoir veut dire hamt répêrtùirt.

LE SOCIETAIIIE DE LA COMÉDIE

connu pour Qvofr Tepine dnrsaile très llextble, et poar bnla]fer avi^c snj\ front la pQu$!$$iére descoulbsea du th^iltre et du parquet des anttch^ntbrO!; de toutes les itifluences du lien, se releva comme Sîtle-Qumt, porta la tête haute, fît La roue, prît des Qirs de grand j^eigneur et de puis- Siincc, ft se montra enfin tel qu'il est aujourd'hui.

Voy['i*vous; ce monsieur au toupet lïlond ûlKiiirîflo, nu jarret péniblement tendu, nu fls-ige pîîssé, mais soigneusement enduit de pelles coni^ervatrices, â h poitrine port*îe en avant, au vcnlre chargé de breloques, a la dé* ninrclïc prétentieuse, qui s avance houis le pmsiyle du Tlit*,1îrc(-Vançflïs : c'esn l'illustre Aristide. Il ne faut pas l'examînrr ]oii;;^lcn]p^ pour recoi>n»itr0que c'est ud ra* queniin t\m cberche à se donner des allures jeunes, non point dau^ des penséoif de galanterie, mais dans un intérêt d'ambîlîon et d'amour- propre. Depuis que M. Aristide a sa pnrt dinlluence dans les conseils de la Comble, il a*est adjugé un emploi împorliint; il a prétendu atii jeunesi prcmicr^ï ràlc!^ en eheriq sans partage et, mafgré sou ^^e* malgré son talent négatir, malgrt' les rtdieuleïï de son debîl et de sa lournure. il n'a pas rencontré d*ob« sLaclc, car bien d'autres ont fait plancbe pour lui, et [Tesque tous ces messieurs et ces dames de h société sont dans une situation identique*

Suivcx*le bien des yeux... il dif^tribue de petits coups de iiHe tTotecteurif a tous les feudalaires du thpAtre, à la bon q ne I) ère, au marchand de brochure! , au décrotteur, au limonadier du coin, qui s'inclinent défaut lui comme devant h plus parfnite image de Vart dramatique sur la terre. 11 sort du comité de lecture et parait radieux. C^est qif il vient de se donner une petite revanche d tut' mt^'ine. Uter il avait été obligé de recevoir une pièce en cinq acti's dans laquelle on ne lui avait point fait de rdle, niais qui était très-spécialeruept recommandée par le cabinet du ministre de rintt'^neur. Aujourd'hui il a refusé une corn l' die en trois acte.^ d'un écrivain débutant, qnî av.iit ronimis la doutde maladresse de ne point lui de^tîncr une cna lion ei d'oublier de se faire recommander |*ar le minîîitçre Oser se présenter devant un comité avec le seul appui de stni talent. Vraiment la jeunesse est aujnurd'liui d'une audace! Kncare .si ce petit jeune homme a V . j l ô l è 1 1 ru I cgé ji a r q n el * i n e s ocÎ4*ia î re : Ces mestien r^ Il ct's dnjites du ctiniit^' ont Th^ibltude de se rendre de pclih si'rvîcciî de ce genre. Pa^^sf^z-nioi le drame démon cousin, je vou!^ passerai la comédie de votre frère, ou de r*inïi de voïrr famille. Maïs. (|uand on fait le premier pas daus la carrîorc. et qu'on n'i st pas le favori du pouvoir, mi le cousin de l'une de ces d.imes, ou le parent de Fuu di' ees niessteur^, ou qu'on o a point écrit des rôles d'uu l'IlVl 4^!* al 1 oiïr /oj(* les nu mtiri-s de la socîi*lé, c'est avoir pii'dit la iH*^ que de venir sollicilcr le vote du comique arf'i>p.->i;i'.

En ^ iinid-int Ibeure du diner, Âris^tide se rend, sut* vaiîftta .^ai^on. au café Slincrvc, nu snus les ombrages (««iudicux du Palais- Ho) al. Là, cntiuirê de quelques coiU'ilïi^ns de (rovinfc qi^e lesdt^stins eonlraîres ont ji tés ^ur Ir p,i¥é dv P,iris, on de cinq ou sii vicui rentière Itb I iiiivs <|ui n'oiii rîini Je niîcui a fitire pour le momrnt, it |iiKi' Cil m ai tri' Ji- r,Tt» il dit tes pr^^ptcs, enseigne l* I i'aiiiiîu\ iH ilrvi hqqip uu va>!e plan de réforme draruaiiqiio qui doit inroiiIi'>tal>h tUf ut sauver le tbt<àtr«^ en IV.iiu^i'* (!i* plat a déj/i phKtinirs ftits t^lé ;î0imiis au gnuvi-nifuiiMil, l't. ni KSll. si It-miortnir Xipoléoii n'avait pa^ êlc atissi occu|^è de sa lutte désespérée CiMitre TétMiiger, il aurait (.HTli*iïf*^ment lait un.' a]iplîcalton gig'iuk*M|ur di* iJi-i's d'.\ri-iî«k\ Il te lui a fait dire |ar ruudtfscsvntt'tsdt' tbanïtrc.

Jt nVït sans doute p.is besoin de vous apprendre que

M. Aristide ^1 od ( cette lerre de»

rf uses, ce payi d'homnies d^ , d 4t I lança d'an atelier de 1 théâire bonr^geois de ment^ îl «tiîi betucot a faire plaisir 4 iu coulisse^ enio tlitatli, fond, qui était lussî «a p^A^ à Pam était pyramidal Mi et L plaudi À outrtDCe, et ièakn ni Et ici pemietiei-iito] ue i# actnelleB da tliéitre« pkie^l à se dcitrÏKer, etst q«e mf de ce bien heureux dî perioiiDel dans une .

mais où n'aTaieot eoeora ^.

blinde des manière», ûn(mL Mes. Avant noire grande cl i de quels éléfnents se covpa

qucs?- D'abord d aocieiii el

disait aloi^, c'est-i-dire dei ii 1 élevé», comine Flenry, «r te r^^ avaient pris, an omiact dtli !•

lors, un ?eniis de ^

qui leur allait i wm^ i lai de quelque» jeunes leas de j le vin et les tonnei, qaâ nj^i

s ion nouvelle, em^ÉÊm Mitf>» "* longues et mùf^mtm Jatoillrièi qui porUient t«r les pludb»!

fagées et la lanaede bou pÊài de loDgtie maîn, Célûlli i peu mêléep aaff oà t'es tr, Teîlleusedesdievalkridel riraitx et des den Juin de I

La Révolntioa vint porter ml préjugét, sans oublier cehd i scène aui gens du gnod wm mêmes, aiti petîl^ geoi* fi lion. HtiSp au prcwirMB^ guère de m force que dni li ( étaient trop oet-npéi alllim. U I rail a Tétnager. et U ^ prendre dans le goavei

la diplomatie, dans les I

lions qu*on lui ab^tidoouaiL

Alors k théâtre M eoviM|v1 de bas étage, tans tenue, «ut qui se firent comédiens laaleii| Ils étaient admînbleaieaij républicaines dont s'i^ mais il ne fallait pas scène françaifte a été [*

çûkaud€ur$ dramalif ufs et lïïtil

trouve eocore quelque-ans {Êà0^^

sont debout peur la |iflr1i<l kr^

qui dépareui les awïlli

Ueureus^emenl que ces

de plus eu plus. Ilç|»k i

dramatique a perdu

régions de la sodclî

temps dei jeun» fns iacnvUl

orni*s, des nunîér«i aoUai

la scène i j uvÉE^maib Éil

théltrc n'est | i iWA

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